Bauhaus-Universität Weimar

290 JOURNAL DE PSYCHOLOGIE 
dans la partie vélaire de la bouche). Lorsque, au cours de son 
éducation, il apprit de son frère AABB à répéter le p (occlusion orale 
dans la partie labiale de la bouche), tout dans ce p n’était pas nouveau 
pour lui, seule était nouvelle la localisation labiale BB. Ce qu’il 
(connaissait déjà, ce qui lui était inné, c'était l’élément AA : le méca¬ 
nisme de l’occlusion orale; et lorsqu’il apprit de sa sœur AABb à 
prononcer /r, ce ne fut de nouveau que la moitié de ce phonème 
qu’il dut apprendre, l’autre moitié (c'est-à-dire toujours 1 occlusion 
orale) lui était innée. Par l’élément AA, lui est donc inné le mécanisme 
de l’occlusion orale tout court, qui est la moitié des phonèmes p, ku 
et k. Et par l’élément bb lui est innée la localisation labiale tout 
court, qui estla moitié des phonèmes p et m. Son héritage ne consiste 
donc pas seulement en un p complet, mais aussi en la moitié (orale) 
du ku et du k et en la moitié (labiale) du m. Et ainsi l’héritage de 
tous les homozygotes embrasse déjà quatre phonèmes sur six : un 
phonème au complet, et trois autres pour la moitié. 
Mais les hétérozygotes possèdent, au moins en partie, les six 
phonèmes : un au complet, et les cinq autres pour une moitié, ou 
pour un quart. Et ainsi de suite. Nous voyons donc d’un seul coup 
que pour les croisements di- et poly-hybrides l’hérédité des mouve¬ 
ments innés n’implique pas l’unicité absolue du génotype que la 
théorie de Mendel, prouvée et élaborée principalement pour l’héré¬ 
dité des qualités permanentes, nous semblait dicter. Dans notre cas 
nous pouvons donc dire que, partout où nous trouvons un système 
phonologique inné aune génération entière, issue d’un croisement 
hybride, les polyhétérozygotes de cette génération possèdent le 
système complet, mais n’ont pas tous les phonèmes en entier. 
Seulement il faut toujours un mariage de deux polyhétérozygotes 
semblables pour propager le système complet dans leur progé¬ 
niture. 
23.— Mais ici une autre conclusion se dégage. Si le sujet dont 
l’héritage était AAbb possède dans sa « nature » non seulement le k 
complet, mais aussi le mécanisme de l’occlusion orale, commun kp, 
t, et k, nous comprenons d’un coup tous les changements phoné¬ 
tiques parallèles. Car presque toujours dans l’évolution linguistique, 
lorsque lejo devient ph, le t devient en même temps th, et le k devient 
é gaiement kh, et loisque le ph se transforme en /, le th se trams-
        

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