Bauhaus-Universität Weimar

P. MKRI GG I. — LA STRUCTURE UES LANGUES « GROUPANTES » 193 
ancienne. Mais celle-ci n’est, comme on sait, destinée — et intelligible 
— qu’aux yeux seuls. On comprend facilement que les sinologues 
européens se soient fait du chinois la représentation qui en est fournie 
surtout par l’écriture, laquelle y joue, au surplus, un rôle beaucoup 
plus essentiel que dans nos langues. Dans cette écriture chinoise, les 
signes se présentent séparés et ordonnés l’un en dessous de l’autre, 
comme s’ils représentaient vraiment chacun un « mot » (dans le sens 
indéfini que l'on donne communément à ce terme qui est si difficile à 
définir) ; de là l’idée qu’on a affaire à une langue vraiment «isolante». 
Une explication semblable a déjà été donnée par Abel Rémusat auquel 
on doit d’autres objections importantes à la théorie de Humboldt qui 
faisait du chinois quelque chose de tout à fait différent de nos 
langues1. 
En tout cas, la clarté de l’écriture chinoise est telle qu’elle 
a rendu possibles des abréviations et une concision presque artifi¬ 
cielle, comme c’est le cas dans notre style télégraphique. Mais qui 
voudrait se faire une idée de la structure de nos langues d’après les 
télégrammes se tromperait assurément, car il méconnaîtrait la 
langue parlée correspondante. Or il est fort douteux que nous réussis¬ 
sions un jour a découvrir la relation qui existait entre la langue 
chinoise écrite et la langue parlée anciennes. Il serait donc dange¬ 
reux de fonder des recherches typologiques sur des matériaux si 
incertains. Mais nous n’avons plus à craindre le même risque si nous 
les fondons sur la langue parlée moderne, — comme nous allons 
le faire, après Finck. Nous éviterons ainsi le danger qu’il y a à par¬ 
ler tour à tour de la langue ancienne puis çle la moderne ou vice- 
versa. Car il existe entre les deux une différence vraiment trop 
grande, quoique Humboldt (l. c.,p.90sq.) ait, au contraire, affirmé 
que son analyse de la langue ancienne valait aussi bien, dans 
tout ce qui est essentiel, pour la langue moderne. En réalité, la 
1. Lettre sur le génie de la langue chinoise, p. 107 sq. : « Supposez, observe 
A.-R., qu’il y eût eu, dans la langue parlée, quelque tendance à confondre le 
radical tchang (chanter) avec le signe du prétérit liao, et à l'aire de ces deux 
mots par contraction tchangliao, tchangyao, tchanniao, ou tout autre composé, 
le pinceau du lettré serait toujours venu désunir ce que la prononciation du 
paysan aurait rapproché, en écrivant séparément tchang, liao. » Aujourd’hui, 
nous ne pouvons plus suivre l’auteur, qui pense que ces faits et l’écriture en 
général ont pu avoir une influence sur le développement de la langue. Pour 
nous, il n’est question que de son interprétation. 
JOJRNAL DE PSYCHOLOGIE, 1933. 
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