Bauhaus-Universität Weimar

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JOURNAL DE PSYCHOLOGIE 
« groupantes ». Cette innovation terminologique se justifie du reste 
par une autre considération. On a dès longtemps reconnu qu’entre les 
langues « isolantes », « agglutinantes » et « fîexionnelles » il n’y a pas 
une opposition nette, mais plutôt une transition lente qui se fait par 
d’innombrables degrés. Or, le premier terme (isolantes) semble 
détacher les langues auxquelles on l’applique de toutes les autres, il 
paraît créer une barrière insurmontable entre le prem'ier groupe et 
les deux autres, alors que nous devons penser tout le contraire. Le 
nom nouveau de « groupantes » permet au contraire de les faire 
rejoindre tout naturellement les langues « agglutinantes », dont le 
nom est heureux, et de les situer à leur place juste. La nouvelle ter¬ 
minologie a donc l’avantage de laisser apercevoir le passage. 
On demandera peut-être comment on a pu méconnaître jusqu’ici 
le caractère le plus saillant de ces langues. En réalité, on ne l’a pas 
méconnu; quelques sinologues européens ont depuis longtemps 
signalé l’importance de la « phraséologie » en chinois, et l’un d’eux 
a même fait consister dans celle-ci la grammaire chinoise tout entière. 
Le mot« phraséologie » indique justement la valeur des diverses com¬ 
binaisons et des groupes de mots, comme, par exemple, dans chin. 
tï'-yiun «frères», mais « frère cadet ». Bien entendu, les lois 
de position des mots, qui forment l’autre élément fondamental de la 
grammaire chinoise, sont comprises, elles aussi, dans l’étude de la 
constitution des groupes qui est particulière, comme nous venons de 
le dire, aux phrases « isolantes ». Ainsi, on peut dire que la loi fon¬ 
damentale de ces langues est connue depuis longtemps. Mais comment 
a t-on pu conserver jusqu’ici pour ces langues une dénomination qui 
est tout à fait contraire à la connaissance que nous en possédons ? Je 
crois, pour ma part, que nous avons ici un nouvel exemple de la 
tyrannie extraordinaire de l’écriture sur la recherche linguistique. On 
sait que celle-ci s’est développée de la philologie, contre laquelle, par 
exemple, la phonétique n’a pas encore achevé sa lutte (dans la « pho¬ 
nologie », qui est maintenant de mode, on voit de quels retours 
offensifs la philologie sous de nouvelles formes est toujours capable; 
car il s’agit en réalité de réintroduire le terme « lettre », sous le 
déguisement de «phonème »). Ces remarques valent aussi, et à bien 
plus forte raison, pour la sinologie, qui jusqu’à ces dernières années 
s’est occupée presqu’exclusivement de la langue écrite, surtout
        

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