Bauhaus-Universität Weimar

JOURNAL DE PSYCHOLOGIE 
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-occupée à traduire des émotions en scènes qui les mettent en évi¬ 
dence mais les voilent aussi ; entre la censure du rêve, l’inconscient 
-refoulé et l’inconscient collectif, se produisent des états de tension, 
révélateurs de conflits vitaux, personnels ou généraux. Nous avons 
distingué, pour simplifier, trois sortes de rêves : le rêve instinctif, 
le rêve exclusivement anagogique, le rêve « intégral ». Dans le rêve 
instinctif, l’image tire sa substance de l'inconscient «refoulé que la 
-censure de la conscience élude par des déguisements imagés. Dans 
4e rêve exclusivement anagogique, l’image est déterminée par la 
tendance de la conscience (dans la censure du rêve) à sublimer toutes 
les émotions de Fame en les intégrant dans la tendance anagogique 
-et à éliminer ce qui vient des régions profondes de l’inconscience. 
Le rêve que nous appellerons provisoirement « intégral » produit 
des images où s’unissent le conscient et l’inconscient dans une cons- 
truction de valeur symbolique, qui non seulement exprime la totalité 
de la personnalité mais plonge jusqu’aux régions souterraines des 
symboles mythiques collectifs. 
Nous allons essayer de retrouver dans le domaine de la poésie ces 
trois sortes de création imagée et d’en donner des exemples. Si le 
rêve, comme le dit Dilthey, est « le poète caché », les différences, 
vagues dans le rêve, doivent apparaître plus nettement dans les con' 
tours fermes delà poésie consciente. 11 n’est pas difficile, en effet, de 
retrouver dans la poésie ces types élémentaires. A partir de ces 
exemples, il sera peut-être possible d’éclairer ce qui demeure pro¬ 
blématique dans la conception que Ortega se fait de la métaphore. 
y 
Freud lui-même a montré, à propos d’un grand nombre de ses 
.propres rêves i, que les masques du rêve ne sont pas le produit 
exclusif de l’instinct érotique, mais aussi pour une large part celui 
d’un besoin inconscient de dominer. Sous les déguisements du rêve 
il met à nu sans aucun ménagement l’ambition et la rancune, où il 
reconnaît ses instincts fondamentaux. Bien avant Freud, Nietzsche 
4. Werke, II, p. 217, 197.
        

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