Bauhaus-Universität Weimar

R. A. S. PAGET. — L’ÉVOLUTION DU LANGAGE 
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était émise avec la langue plutôt en arrière dans la bouche. Dans les 
deux cas, le mouvement d’émission de la consonne était fait près de 
la position nécessaire pour former la voyelle avec laquelle elle se 
combinait. 
Nos oreilles n’entendaient pas les changements acoustiques qui se 
produisaient dans la résonance de la consonne, parce que ces change¬ 
ments n’avaient aucune signification mimique ; il nous suffisait de 
pouvoir reconnaître que le bout de la langue s’était relevé et avait 
touché le palais (L). ou que toute la langue s’était dressée pour 
former une barrière en travers de la cavité buccale (N), ou que le 
bout de la langue s’était incurvé vers le bas (R). 
Si ce sont les mouvements qui nous apparaissent comme les 
phénomènes importants et significatifs, notre indifférence aux 
consonnes « claires » et « sombres » est facile à comprendre ; elles 
sont produites par le même geste; mais si l'on doit considérer comme 
phénomènes significatifs les sons du langage, il est inexplicable que 
nous soyons extrêmement sensibles à certains changements de 
résonance et presque complètement insensibles à d’autres. 
Les consonnes « claires » et « sombres », employées comme 
équivalentes dans des combinaisons avec des voyelles différentes, 
sont aujourd’hui classées comme étant des «phonèmes », c’est-à-dire 
des familles de sons dont les membres peuvent se remplacer les uns 
les autres selon le contexte, sans-que le sujet parlant ou l’auditeur 
soient conscients d’une différence phonétique. Du point de vue du 
geste, les phonèmes apparaissent comme des variantes insignifiantes 
d’un même mouvement ; on ne les entend pas comme des sons diffé¬ 
rents, parce que l’on sait, subconsciemment, qu’ils représentent le 
même mouvement et par conséquent signifient la même chose. 
Ici encore, l’explication est simple. Un phonème est un type de 
geste buccal qui a une signification mimique ; ce geste peut être fait 
de plusieursffaçons, tant à cause du contexte moteur qu’à cause des 
diversités mimiques personnelles ou raciales, mais son sens ne 
change pas. Les changements phonétiques de Grimm, de Bopp et de 
leurs successeurs sont presque tous de simples variantes ou substituts 
du même mouvement. Ainsi P, B et les bilabiales F et V sont toutes 
des occlusives bilabiales, — le F et le Y n’étant l’un qu’un P, l’autre 
qu’un B imparfaitement formés. Même la transition d’un B ou d’un P
        

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