Bauhaus-Universität Weimar

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JOURNAL DE PSYCHOLOGIE 
ne me trompe, ce cas particulier contient toute une théorie générale. 
Head, lui aussi, dans son livre sur l’aphasie, fait ressortir que, dans 
certains cas d’aphasie où la parole, sans être supprimée, est dimi¬ 
nuée à certains égards, le monde de la représentation et de la per¬ 
ception révèle également chez les malades un changement caractéris¬ 
tique. Les malades préfèrent aux désignations générales et abstraites 
les expressions « pittoresques » ; ils « peignent » les objets plutôt 
qu’ils ne les « désignent ». Dans tous ces faits s’affirme la parenté 
intime qui existe entre une certaine forme et direction essentielle 
du comportement verbal et certaines formes de l’appréhension des 
objets; la régression de l’un des facteurs implique celle de l’autre1. 
IV 
Il y a encore une autre direction fondamentale dans laquelle 
on peut suivre cette force, inhérente au langage, qui tend à repré¬ 
senter, à déterminer et à faire ressortir 1’ « objet ». Elle ne sert pas 
seulement à la construction de l’image purement théorique du 
monde; elle ne se montre pas moins puissante, au point de vue 
pratique et moral, dans l'organisation du monde de la volonté. Le 
moi sentant et voulant devient un autre être, dès qu’il entre dans le 
cercle magique du langage. On observe, ici encore, la même 
situation : le langage ne sert pas seulement de façon secondaire à 
l’expression et à la communication des sentiments et des volitions, 
mais il est une des fonctions essentielles par lesquelles la vie du 
sentiment et de la volonté s’organise et atteint enfin sa forme spéci¬ 
fiquement humaine. Le monde de la volonté n’est pas moins que le 
monde de la « représentation » une œuvre du langage. Le langage 
n’est pas seulement le milieu où s’effectue tout échange de senti¬ 
ments et de volontés comme tout échange de pensées, mais il 
prend une part active et constitutive à la formation de la conscience 
de la volonté. Le « changement de tonalité » spécial qui se produit 
par l’emploi du langage donne enfin à cette conscience sa perfection 
et sa réalité spécifique. Les premières expressions vocales restent 
encore entièrement sous le signe de l’émotion. Elles sont provoquées 
4. Cf. ma Phil, der syvib. Formen, vol. Ill, 1929, p. 255
        

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