Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
De l'unité tonique et de la fixation d'un diapason universel
Person:
La Fage, Adrien de
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39336/160/
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Enfin voilà qui est fait : c’est un parti pris. En attendant que nous soyons 
mis à même de savoir ce que la musique y aura gagné , notre célèbre facteur 
d’orgues, M. Aristide Cavaillé-Coll, qui avait déjà figuré dans la discussion, 
a publié de nouvelles observations1 dont je vais donner l’analyse. 
M. Cavaillé remarque d’abord que le la 870 de la commission nous reporte 
à 1796, au la de Sarti 872. Cet abaissement, qui est fort peu de chose pour 
les voix, est très-considérable pour les instruments à ton fixe « qui ne sau¬ 
raient se prêter à cette modification sans détruire l’homogénéité et la régula¬ 
rité de leur diapason. » 
« La commission, continue-t-il, ne s’est pas assez préoccupée des fâcheux 
effets que cet abaissement du ton produira dans la sonorité générale de l’or¬ 
chestre. Mais sans entrer dans la discussion des arguments du rapporteur, 
il suffit de dire qu’entre les diapasons de France la moyenne est 890,7. Quant 
aux diapasons étrangers, la moyenne est 892, 9. On voit d’après cela qu’à 
peu de vibrations près l’unité tonique est déjà établie presque partout, soit 
en France, soit à l’étranger, et que « l’abaissement proposé, loin de nous 
rapprocher du diapason adopté presque partout, nous en éloigne considéra¬ 
blement. » 
M. Cavaillé croit tout comme moi (voyez plus haut, page 12) que le pré¬ 
tendu diapason de Carlsruhe est tout à fait spécial au maître de musique de 
la chapelle grand-ducale. « D’ailleurs, ajoute-t-il, il n’est pas présumable 
qu’après le congrès scientifique de Stuttgard, qui avait adopté en 1834 un 
diapason normal de 880, Carlsruhe, la ville la plus rapprochée du lieu d’où 
la décision est partie, soit restée étrangère à cette manifestation scientifique. » 
Enfin, abordant plus directement la question, M. Cavaillé exprime har¬ 
diment et nettement son opinion sur l’élévation progressive du diapason gé¬ 
néralement mal expliquée et attribuée à tort, selon lui, soit aux composi¬ 
teurs, soit aux facteurs, soit aux instrumentistes. 
« Nous croyons, nous, dit-il, que la véritable cause de l’exhaussement du 
diapason, et dont personne n’ose prendre la responsabilité, c’est le progrès 
artistique et non l’ignorance ou le caprice de tel ou tel facteur, compositeur 
ou instrumentiste. Le progrès qui s’accomplit également dans tous les pays 
civilisés, que rien ne saurait arrêter dans sa marche, s’est manifesté ici 
comme dans les sciences, dans les arts et dans la mécanique. On s’habitue 
insensiblement aux améliorations qu’il produit; mais si nous jetons un re¬ 
gard en arrière, on s’aperçoit alors de la distance que l’on a franchi. » 
Je n’approuve pas tout à fait les développements que M. Cavaillé donne à 
cette idée, mais je pense comme lui que depuis un demi-siècle la sonorité des 
orchestres a plus que doublé d’intensité; que, pour être conséquente avec son 
principe d’abaissement qui nous reporte plus de cinquante ans en arrière, il 
1 Dans l'Ami de la Religion du 5 mars,, tout ce qui précède était écrit dès le 1er du 
même mois.
        

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