Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'Orgue-Expressif ou Harmonium. Tome I: Art, Histoire, Anatomie
Person:
Mustel, Alphonse
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit38229/27/
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Quel accueil différent ! Quel enthousiasme eût salué, au contraire, en l’absence de l’Orgue, 
l’apparition de l’Harmonium d’Art, de grande facture, tel que nous le possédons aujourd’hui ! 
Mais, l’Orgue existait perfectionné et____ l’Harmonium venait de naître. Aussi, oubliant ses 
qualités, on ne lui trouva que des défauts : comparativement à l’Orgue, on jugea ses sonorités 
faibles, grêles, sans portée. 
C’est qu’on avait toujours dans l’oreille la voix de ces tuyaux puissants dont le tonnerre 
couvrirait celui de Dieu. 
L’Harmonium évidemment n’est pas un seize pieds (i) de tribune, mais, en tenant compte de 
cette énorme disparité de volume, on peut affirmer qu’il est au contraire, pour sa taille, un instru¬ 
ment d’une remarquable puissance. S’il est bien construit et proportionné, pourvu d’une soufflerie 
suffisante, il remplit à souhait non seulement une chapelle mais même une vaste église (2). 
Seulement, tandis que le Grand-Orgue servi au besoin par la force musculaire de plusieurs 
souffleurs, peut quasi indéfiniment multiplier ses jeux, l’Harmonium, qui doit être mis en action 
tout entier par l’exécutant lui-même, est, à cet égard, limité. Au-delà de six à huit jeux ceux 
qu’on s’ingénierait à lui adjoindre n’ajouteraient rien à sa sonorité, la soufflerie dirigée par un 
unique exécutant ne suffisant plus à les alimenter. 
On était mieux fondé à lui reprocher au début les défauts de son timbre, criard dans les 
Dessus, grêle dans le Médium, lourd et âpre dans les Basses. 
Mais ici encore la comparaison avec le Grand-Orgue lui faisait tort. 
L’Harmonium n’a pas les sons idéalement purs et limpides des flûtes d’orgue ; il n’a pas sur¬ 
tout ces Basses d’une incomparable beauté, profondes, enveloppantes, magiques que l’orchestre 
non plus n’a pas, que l’Orgue seul possède et que sans lui nulle oreille n’eût jamais entendues..... 
Cela est incontestable. Tout ce qu’on devait raisonnablement lui demander c’était de perfec¬ 
tionner le timbre propre à Y anche libre, et d’en tirer tout ce qui était possible sous le rapport de 
la rondeur, du velouté, de la fraîcheur des sons. 
Or, c’est ce qui a été réalisé par des progrès incessants et cela d une manière merveilleuse, 
inespérée. Que l’on compare tel type de la facture artistique avec le meilleur des Harmoniums de 
la précédente époque ; ce n’est plus le même timbre, ce n’est plus le même son, ce n’est plus le 
même instrument. Si celui-ci n’attemt pas l’inaccessible beauté des sons du Grand-Orgue, il s en 
rapproche et je ne crains pas de l’affirmer, plus qu’aucun autre instrument du monde. 
Même distinction a été faite en ce qui concerne la variété des timbres. 
(1) Voir Lexicologie. 
(2) Citons ici, en exemple, un instrument de cinq jeux seulement qui, pendant plus de 25 ans, a rempli le rôle d’Orgue 
d’accompagnement dans le chœur de l'église Sainte-Clotilde, une des plus vastes de Paris, où l’avait fait placer César Franck 
lui-même, alors qu’il était organiste de cette même église. 
Une semblable et tout aussi heureuse expérience a été faite à l’église de la Trinité, sur les indications de l’organiste du 
Grand-Orgue, M. Alex. Guilmant. 
Mentionnons enfin un instrument de cinq jeux et demi qui avait été provisoirement placé à la tribune de la Basilique 
du Sacré-Cœur, à Montmartre et qui donnait l'illusion d'un Orgue à tuyaux dans cette église, si vaste, alors même que le 
Dôme n’était pas encore fermé.
        

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