Bauhaus-Universität Weimar

De riiistogéiiie du tissu élastique. 
Par M. M. Gardner, 
de l’Institut histologique de l’Université Impériale de Moscou. 
Quoique la question que je me propose de traiter ait déjà un historique 
de plus d’un demi-siècle, on sait cependant que la science n a pas encoie 
dit son dernier mot sur ce sujet. Malgré le grand nombre de travaux qui 
y ont été consacrés, tout nouvel auteur se voit obligé de répéter la phrase sté¬ 
réotype de ses prédécesseurs: que l’histogénie du tissu élastique est encore 
très imparfaitement connue et se prête par conséquent à la discussion non 
seulement dans ses détails, mais aussi dans ses principes mêmes. Le rôle créa¬ 
teur dans la formation du tissu élastique appartient-il à la cellule ou à la 
substance intercellulaireV — Voila la question fondamentale poui la solution de 
laquelle deux opinions ont toujours existé et se font sentir jusqu’à nos jours. 
Les partisans de la première *) attribuent la formation du tissu élasti¬ 
que à la substance intercellulaire. D’après eux, celle-ci subit à cet effet certai¬ 
nes modifications chimiques ou physiques, soit en transformant la substance 
collagène directement en élastine—comme disent les uns, soit en changeant 
simplement d’état d’agrégation—d’après d autres, soit enfin en élaboiant des 
globules qui, en se soudant les uns aux autres, forment des fibres élastiques 
(Ran vier). 
Les partisans de la seconde -) reconnaissent un lien génétique entre 
le tissu élastique et les cellules, mais ils ne sont pas plus d’accord sur celui 
des éléments anatomiques de la cellule qui prend part à ce processus de 
formation, que sur la manière dont celui-ci se produit. 
Les uns sont d’avis que la cellule tout entière a la faculté de se 
transformer en fibre élastique, (Schwann. Hessling, Remak, Uerlach), d autres 
que celle-ci provient de l’enveloppe cellulaire, qu’on regardait autrefois com¬ 
me une partie nécessaire de la cellule (Bonders, Virchow', les troisièmes 
enfin—que la fibre élastique provient de l’allongement et de la soudure des 
noyaux cellulaires (Heule 1841, Kölliker ;i), Kilian, Meyer). C’est aussi aux 
noyaux que Kouskoft, tout dernièrement, attribuait la part essentielle dans 
ce processus, mais il ne les regarde que comme la substance-mère donnant 
naissance aux fibres. Max Schultze et Hertwig pensent que le rôle principal 
du processus appartient, à la fonction génératrice du protoplasma et, en 
même temps, que les fibres élastiques se forment à la périphérie des cellu¬ 
les. Deutschmann a fait observer que dans le protoplasma des cellules du 
*) Gerber, H. Müller, Reichert, Leydig, Frey, Rabl-Rtickhard, Ranvier, Kollmann, Gra- 
2) Schwann, Bonders, Virchow, Remak, Boll, Hertwig, Deutschmann, Soudakewitch, 
Kouskoft', Poliakoff, Reinke, Loisel etc. , 
3) Plus tard Kölliker s’est prononcé pour la formation des libres élastiques de la sub¬ 
stance fondamentale. 
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