Bauhaus-Universität Weimar

LANGAGE. 
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à son objet immédiat le relief d’une image définie, précise comme le peut être une 
sensation — perception actuelle. — Peut-être oublie-t-on en raisonnant ainsi que la 
pensée intuitive, si difficile à saisir, s’aide de symboles, et que cette imagerie mentale 
est en somme un langage. 
Quoi qu’il en soit, pour rester dans le domaine approximatif de la physiologie 
pure, pour les uns, comme Grasset, le centre psychique supérieur serait un centre 
autonome et distinct, localisé soit au niveau du cortex pariétal, soit dans le lobe frontal 
antérieur, soit dans les deux hémisphères, soit dans le gauche seulement. Pour d’autres 
auteurs, le lobe préfrontal gauche, qui assurerait seul en effet la lourde tâche de régir 
l’automatisme des centres inférieurs, serait non pas un centre d’idéation à proprement 
parler, mais seulement un centre de contrôle sur les phénomènes intellectuels 
(Phelps). Précisant cette conception, Niessl von Mayendorf croit que les sphères 
sensitives de Flechsig sont en même temps des organes centraux de la pensée, et que, 
loin d’avoir pour action l’évocation des représentations intellectuelles, les lobes 
frontaux se bornent au rôle d’organes de liaison entre les divez’s systèmes. Il s’agit en 
somme de centres physiologiques et non pas de centres au sens anatomique du mot 
(Sommer). Dans le lobe frontal siège le Begriffcentrum des Allemands, mais cette expres¬ 
sion est un terme compréhensif désignant un ensemble de processus qu’unit le jeu 
de l'activité cérébrale. 
Ainsi, de la conception anatomique du centre psychique supérieur à la conception 
nettement physiologique, dynamique, des phénomènes de la pensée, des intermédiaires 
nuancés se rencontrent. Alors que les anciennes théories se basaient sur la conceptiont 
dualiste du mécanisme central, comprenant des rouages inférieurs et un moteur puissant 
qui les anime, les théories nouvelles, comme nous nous en rendrons compte plus loin, 
voient essentiellement dans le langage un phénomène intellectuel intimement lié à 
l’activité cérébrale envisagée dans son ensemble. 
Cependant certains auteurs s’efforcent d’allier ensemble la théorie des centres 
multiples, anatomiquement distincts, avec les preuves, que rend plus nettes chaque 
jour l’observation clinique et^ anatomique, de l’étroite liaison fonctionnelle des aires 
corticales. Von Monakow admet ainsi qu’une lésion parfois fort éloignée d’un centre du 
langage peut empêcher le fonctionnement normal de ce centre, et explique ainsi les 
faits en opposition avec les localisations classiques. 11 y aurait en ce cas rupture 
fonctionnelle des communications d’un centre avec les autres centres, inhibition 
de la fonction ou, pour reprendre le mot de von Monakow lui-même, diaschisis. 
Cette évolution des théories anatomo-physiologiques nous montre que l’étude de 
la physiologie du langage n’est plus comme autrefois uniquement une question de 
centres, mais se montre de plus en plus l’étude même du fonctionnement et des pro¬ 
priétés de l’écorce cérébrale [Rémond (de Metz)]. 
Les théories récentes sur la physiologie du langage. — Frappé de la com¬ 
plexité que les théories de l’aphasie admettaient dans les phénomènes du langage et 
de la multiplicité des centres, hypothèses qu’une longue suite de recherches anatomo¬ 
cliniques lui paraissaient infirmer, Pierre Marie, en 1906, reprit à pied d’œuvre l’étude 
de l’aphasie. De grosses modifications à la doctrine classique furent apportées par cet 
auteur, modifications dont nous avons eu l’honneur de poursuivre l’exposé et la 
démonstration dans différents travaux. 
Les conclusions de Pierre Marie peuvent, au point de vue physiologique, être rame¬ 
nées aux points suivants : il n’y a point de centres sensoriels verbaux distincts pour les 
impressions visuelles et pour les impressions auditives; — il n’est point de centres limités 
corticaux, — la lésion d’un centre détermine les mômes symptômes, qu’elle soit ou plutôt qu’elle 
semble être uniquement corticale ou strictement sous-corticale ; — la zone du langage est 
également à un très haut degré une zone intellectuelle. En d’autres termes, il n’existe ni 
aphasie motrice pure par section des voies de projection du centre de Broca (la troi¬ 
sième frontale ne jouerait du reste aucun rôle dans la fonction du langage), ni surdité 
verbale pure par lésion du tiers postérieur de la première temporale, ni cécité verbale 
pure par lésion du pli courbe; — les altérations du langage dans l’aphasie de Wer¬ 
nicke se conforment aux lois de déficit intellectuel, et un certain nombre des troubles 
des aphasiques sont des désordres purement intellectuels. Dans cette théorie enfin, les
        

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