Bauhaus-Universität Weimar

IMMUNITÉ. 
53 
de strychnine, les champignons végètent pacifiquement; de même le ferment de l’urée 
dans des solutions ammoniacales fortes. 
Même pour les animaux qui ont un système nerveux, tous les alcaloïdes ne sont 
pas également toxiques. Ainsi, pour prendre un exemple classique, l’atropine, si nocive 
pour l’homme à faible dose, est inoffensive pour la plupart des animaux: il en est de 
même, quoique à un moindre degré, pour la nicotine, la morphine et d’autres alcaloïdes 
végétaux. On peut dire que, pour les alcaloïdes, poisons des cellules nerveuses céré¬ 
brales, l’homme, avec son puissant système nerveux cérébral, est le plus vulnérable des 
êtres. Comparés à lui, tous les autres animaux sont dotés d’une véritable immunité, sinon 
contre tous les alcaloïdes, au moins contre beaucoup d’entre eux. 
Pour les poisons plus complexes,les albumines, les nucléo-toxines, les venins, les 
zymases, d’origine végétale ou animale, les différences de vulnérabilité deviennent 
énormes. Par exemple la tétanotoxine est cent mille fois plus toxique pour une souris 
que pour un oiseau. Si, à propos de chacune de ces toxines, on dressait un tableau des 
doses mortelles pour chaque espèce animale, on verrait que l’échelle de l’immunité 
naturelle des êtres est variable extrêmement, suivant la nature de chaque poison. 
Cela semble nous révéler que dans les diverses espèces animales les cellules (et très 
vraisemblablement les cellules nerveuses surtout) sont profondément dissemblables 
quant à leur constitution chimique intime. En effet, l’action toxique est, à n’en pas 
douter, d’ordre chimique (ou chimico-physique). D’où cette conclusion que, si un 
même poison les affecte différemment, c’est que chimiquement elles sont différentes. 
Mais nos connaissances sur la structure chimique des êtres vivants sont encore trop 
rudimentaires pour que nous soyons près de trouver une explication chimique adé¬ 
quate. Notons que l’ordre de grandeur pondéral des substances en cause est du mil¬ 
lionième ou du milliardième de milligramme, peut-être moins encore, et qu’arrivés 
à ce degré de dilution de la matière nous ne connaissons plus rien. 
En essayant de pénétrer plus profondément encore dans le mécanisme de l’immu¬ 
nité naturelle, qui au fond est toujours d’ordre chimique, et ne peut-être autre, on se 
trouve en présence de deux hypothèses : 
1° La toxine, par suite de son affinité, se combine avec certains éléments chimiques 
de la cellule, nécessaires, de manière à les rendre inactifs, et par conséquent de manière 
à tuer la cellule même. Gomme ces éléments ne sont pas les mêmes, en importance ou 
en proportion, dans les différentes espèces animales; s’ils sont peu importants, ou s’ils 
manquent, il y aura immunité contre cette toxine. Il y aura vulnérabilité extrême si 
ces éléments ont une importance supérieure dans la vie de la cellule. 
2° La toxine va rencontrer, soit dans le sang, soit dans la cellule nerveuse même, 
une substance antitoxique qui neutralise son action, et par conséquent la rend inoffen¬ 
sive, en admettant (a) que cette substance antitoxique est préformée dans le sang, ou 
(b) qu’elle se forme par la stimulation spécifique que provoque la toxine. Suivant les 
différentes espèces, qui sont de composition chimique dissemblable, les proportions de 
cette antitoxine, soit naturelle, c’est-à-dire préformée, soit acquise, c’est-à-dire provo¬ 
quée par la stimulation toxique, sont extrêmement variables. 
On ne voit guère, dans l’état actuel de la science, qu’il y ait place pour d’autres 
hypothèses; mais il faut réserver l’avenir, car les progrès de la science consistent sur¬ 
tout à nous montrer des phénomènes que nous n’avions pas encore soupçonnés, même 
à l’état d’hypothèses. Il est probable, en tout cas, que l’immunité naturelle des êtres ne 
se fait pas exclusivement d’après l’une ou l’autre de ces trois modalités. Il nous paraît 
donc sage d’adopter une sorte de théorie éclectique. Suivant la nature du poison, c’est 
tel ou tel processus d’immunisation que la nature a employé pour conférer l’immunité 
naturelle. Peu lui importe, après tout, le chemin suivi, pourvu que le but soit atteint. 
IL — L’immunité naturelle des êtres conli’e les parasites est plus variable encore, 
suivant les groupes, les genres, les espèces, que l’immunité contre les poisons. Nous ne 
parlons pas ici de l’immunité apparente, ou immunité de fait, due à des causes plus ou 
moins extérieures, mais de l’immunité réelle, après que le parasite, végétal ou animal, 
bactérie ou sporozoaire, a pénétré dans le sang. 
A la plupart des parasites, les organismes résistent. Ils sont faits pour vivre, et
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.