Bauhaus-Universität Weimar

ODURES. 
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gogue de premier ordre, agissant non seulement en augmentant le volume de la lymphe, 
mais en exerçant également une action excitante sur le tissu lymphoïde dans lequel il a 
tendance à se fixer presque exclusivement, comme l’ont montré d’abord R. Heinz (Ber¬ 
lin. klin. Woch., 1890, 1186), puis, Lortat Jacob (Thèse Paris, 1902) qui a repris ultérieu¬ 
rement les mêmes expériences. 
Cette hyperactivité du tissu lymphoïde déterminée par l’iode se manifeste surtout 
par une hyperleucocytose mononucléaire persistante et caractéristique qui la différencie 
nettement des réactions polynucléaires que déterminent d’autres substances telles que 
les sérums, les saponines, les acides nucléiniques. 
Dans un certain nombre de cas, Lortat Jacob a vu se produire une surproduction de 
cellules lymphatiques allant jusqu’à encombrer les tissus et à donner aux ganglions un 
aspect de nappe réticulée diffuse. Avec des doses faibles d’iodures, et pendant un temps 
très court, on observe une simple stimulation. Avec des doses fortes ou trop prolongées, 
on peut voir survenir de la sclérose plus ou moins prononcée, manifeste surtout dans 
la rate et le système ganglionnaire. Dans tous les cas, l’activité du tissu lymphoïde des 
ganglions et de la rate est conservée : on note souvent de la congestion, de la réaction 
plus ou moins accusée des cellules fixes du réticulum et l’absence des cellules éosino¬ 
philes. L’iode peut donc être considéré, ainsi que le fait remarquerPouchet, comme un 
médicament spécifique du tissu lymphoïde (L’iode et les iodiques, 63, Paris, 1906). Ces 
différents phénomènes se manifestent avec tous les iodiques, mais avec des modalités 
différentes suivant leur constitution chimique. Les iodures déterminent dans les 
intoxications aiguës une véritable éosinophilie ganglionnaire et splénique; l’iode libre 
fait, au contraire, disparaître les éosinophiles du tissu lymphoïde. 
Du côté des séreuses, que l’on considère comme une dépendance du système lym¬ 
phatique, les iodures déterminent une desquamation épithéliale intense. 
Les leucocytes paraissent chargés de la répartition de l’iode dans l’organisme, et 
Heinz avait attiré l’attention sur la diapédèse et l’augmentation de l’activité fonction¬ 
nelle des globules blancs sous l’influence des iodures. Lortat Jacob a étudié de plus 
près cette leucocytose et a montré que l’iode constituait en définitive un efficace agent 
de mononucléose, ce qui permet d’expliquer son action antitoxique. 
L’action lymphagogue déterminée par les iodures est toujours beaucoup plus pro¬ 
noncée que celle obtenue avec l’iode, les composés organiques à iode dissimulé et les 
iodotannins, et celte différence tient surtout à ce fait que les iodures sont des composés 
salins beaucoup plus facilement diffusibles, et que, comme l’ont montré les expériences 
déjà anciennes d’HEiDENHAiN et de De Vries, les composés les plus diffusibles sont éga¬ 
lement ceux qui excitent le plus la transsudation du sérum à travers les parois des 
capillaires. 
On sait également que pour les sels, dans une même série de métaux et pour une 
concentration déterminée, les sels les plus lymphagogues sont ceux qui possèdent le 
poids moléculaire le moins élevé. Ces différentes notions permettent d’expliquer pour¬ 
quoi les iodures déterminent plus facilement des phénomènes d’iodisme que les autres 
composés iodés. 
Les travaux de Moussu (Recherches sur l’origine de la lymphe, Paris, 1901) et d’AscHER 
sur la lymphe ont montré que son écoulement était en rapport très étroit avec l’acti¬ 
vité physiologique des tissus et que cette lymphe était élaborée en beaucoup plus 
grande quantité par les tissus en activité qui en puisent les éléments dans le sang. 
Les tissus vivent non pas dans le sang, mais dans le plasma qui les enveloppe après 
avoir traversé les capillaires par transsudation ou exosmose. L’atmosphère plasmatique 
qui baigne les tissus est interposée entre deux réseaux capillaires et se renouvelle 
continuellement sous la poussée des forces osmotiques qui l’enlèvent aux capillaires 
sanguins et la font pénétrer dans les capillaires lymphatiques. L’iode et les iodiques 
augmentent la tension osmotique du plasma cellulaire qui se charge d’une plus grande 
quantité de matériaux de désassimilation, par suite de l’augmentation des échanges 
quits déterminent, et c’est l’une des raisons pour lesquelles ce sont de puissants lym¬ 
phagogues. 
Les modifications circulatoires qu’ils provoquent et, en particulier, les variations de 
pression sanguine, qui ont été mises en évidence par Pouchet et Chevalier, viennent
        

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