Bauhaus-Universität Weimar

INTESTIN. 
d acides gras? Dans les deux cas, il s’agit d’une résorption de substances seulement 
émulsionnées; si pour repousser l’hypothèse d’une résorption d’émulsion de graisses on 
invoque 1 incapacité générale de l’intestin d’absorber une émulsion quelle qu’elle soit, 
cetargument doit donc rester valable encore contre l’absorption d’une émulsion d’acides 
gras; car les acides gras ne sont pas beaucoup plus solubles que les graisses neutres 
dans les lipoïdes cellulaires. 
b) Théorie de la dissolution des substances grasses. — Jusqu'ici il reste acquis que la 
saponification précède la résorption des graisses ; il est possible que cette saponification 
suffise à permettre la résorption des produits de dédoublement des graisses, mais nous 
ne pouvons 1 affirmer; nous devons donc chercher encore si d’autres processus n’inter¬ 
viennent dans la résorption des graisses. L’un des plus importants qu’on invoque est la 
solubilisation des produits de dédoublement des graisses neutres. 
A priori deux hypothèses sont possibles : 1° les graisses sont résorbées sous forme 
de savons solubles; 2° les graisses sont résorbées sous forme d’acides gras dissous dans 
les éléments du chyme intestinal. 
On ne saurait a priori faire d’objection à l’absorption d’acides gras sous forme de 
savons; mais pourtant, comme l’a soutenu Munk, il est difficile d’admettre que tous les 
acides gras soient résorbés sous forme de savons. Les acides gras, résultant par exemple 
de 200 grammes de graisse, exigent pour former des savons environ 40 grammes de 
carbonate de soude, c’est-à-dire beaucoup plus de carbonate de soude que n’en contient 
tout l’organisme d’un chien de 25 kilogrammes qui peut ingérer et résorber ces 
200 grammes de graisses. Il faudrait donc admettre que les carbonates exécutent dans 
l’organisme un mouvement de va-et-vient extrêmement rapide; qu’après s’être combinés 
aux acides gras et avoir pénétré dans les cellules intestinales sous forme de savons, ces 
carbonates sont remis immédiatement en liberté. On peut, a priori, admettre cette mise 
en liberté de carbonate, d’autant plus que les acides gras ne passent pas sous forme de 
savons dans le canal thoracique, mais sous forme de graisse neutre; néanmoins, cette 
rétrogradation des carbonates vers la lumière intestinale cadre mal — en fait — avec 
ce que nous savons du passage des sels dans l’intestin, passage qui est rapide dans le 
sens de la lumière de l’intestin vers les capillaires, mais très lent dans le sens des 
capillaires vers la lumière de l’intestin. 
Il est donc possible que les acides gras soient résorbés dans une certaine proportion 
sous forme de savons, mais il est difficile de concevoir que ce processus réalise la 
majeure partie de la résorption. 
Nous sommes donc amenés à considérer le mode de résorption des acides gras sous 
forme d’acides gras dissous. Les acides gras ne sont pas solubles dans l’eau; si les acides 
gras sont résorbés à l’état dissous, c’est donc que le milieu intestinal contient des sub¬ 
stances capables de dissoudre les acides gras. Altmann, qui, l’un des premiers, admit la 
résorption des graisses sous forme d’acides gras, émit l’idée que les acides gras étaient 
solubilisés par la bile. Mais la solubilité des acides gras dans la bile ne fut vraiment bien 
étudiée que par Moore et Rochwood. Les conclusions de ces auteurs sont les suivantes : 
l’acide palmitique et l’acide stéarique sont pratiquement insolubles dans la bile, tandis 
que l’acide oléique s’y dissout dans la proportion de 4 p. 100. La solubilité des acides 
gras dans la bile est due surtout aux acides biliaires. 
Pflüger a complété ces notions en montrant que l’adjonction d’un peu d’alcali à la 
bile porte la solubilité des acides gras dans la bile à 19 p. 100. 
Pour les auteurs qui considèrent que les acides gras pénètrent dans l’intestin, grâce 
à leur solubilité dans la bile, le rôle de la bile peut être envisagé de deux manières 
différentes : 1° Dans la première manière, la bile tenant les acides gras en solution 
pénètre dans la cellule intestinale; elle abandonne ensuite cette cellule pour se rendre 
par le réseau porte vers le foie du foie la bile est à nouveau déversée dans l’intestin, où 
elle devient susceptible de dissoudre une nouvelle quantité d’acides gras. 
2° Dans la seconde manière, la bile ne pénètre pas dans l’intestin, elle ne fait que 
présenter sous une forme soluble les acides gras à la cellule intestinale. Celle-ci absorbe 
directement et électivement l’acide gras, et la bile qui avait dissous cet acide est libérée 
au sein même de la lumière intestinale et devient immédiatement disponible pour un 
nouveau travail. Ces deux conceptions diffèrent, en somme, en ceci, que dans la pre- 
DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME IX. 99
        

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