Bauhaus-Universität Weimar

IMMUNITÉ. 
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n’y a pas de traumatisme, la résistance des organismes supérieurs aux toxines et aux 
parasites est à peu près parfaite. La peau, avec son épaisse couche épidermique, n’absorbe 
pas les poisons liquides ou solubles, encore moins les particules solides. Tout au plus 
est-elle (très faiblement) perméable aux gaz, et encore cette pénétration des gaz dans le 
système circulatoire par la peau intacte n’a-t-elle presque jamais grande importance. 
Les bactéries les plus virulentes, si la peau est intacte, ne pénètrent pas et sont inoffen¬ 
sive s. 
A l’état naturel, c’est-à-dire quand il n’y a pas de traumatisme, il ne peut y 
avoir pénétration des toxines ou des microbes que par les muqueuses aérienne et 
digestive. 
Pour les toxines il n’est pas douteux qu’elles puissent être absorbées quand elles 
sont introduites dans le poumon, car l’absorption pulmonaire des liquides se fait très 
rapidement et sans obstacle; mais il n’y a introduction de toxines dans les voies pulmo¬ 
naires que par une sorte de traumatisme avec effraction, et dans les expériences de 
laboratoire. 
Il n’en est pas de même des microbes qui, à l’état de spores ou à l’état adulte, sont 
inhalés avec l’air atmosphérique. Il n’est pas douteux que l’infection puisse se faire 
par cette voie. Mais la défense de l’organisme est tellement active que ce procédé d’in¬ 
fection, pour être efficace, exige de grandes quantités de germes pathogènes. Nous inha¬ 
lons dans les conditions ordinaires à peu près 60 000 germes par jour, et ces germes, 
dont la plupart à la vérité ne sont pas pathogènes, ne causent aucun dommage à la 
santé. Remarquons de nouveau que dire d’un germe qu’il n’est pas pathogène, cela 
veut dire qu’il est immédiatement détruit par les humeurs ou les phagocytes; car sur 
un animal mort ce germe non pathogène croît, pullule et se répand dans toutes les 
parties du corps. Donc les tissus épithéliaux du poumon et les leucocytes de la circu¬ 
lation pulmonaire doivent être destructeurs des germes non pathogènes avec une 
extrême activité. Le mucus nasal est bactéricide (R. Würtz et Lermoyez, B. B., 1893, 
756). Les cils vibratiles de la paroi nasale, de la trachée et des bronches chassent les 
particules solides qui y pénètrent. En introduisant des B. arithracis dans le poumon des 
animaux normaux, Morse, Wyssokovitch et Hildebrand n’ont jamais pu reproduire la 
maladie charbonneuse. Il est vrai que Büchner est arrivé à un résultat opposé (cités 
par Metchnikoff, loc. cit., 432). Cela prouve seulement que l’immunisation par les 
voies aériennes n’est pas d’une efficacité absolue, et qu’on finit par la vaincre en injec¬ 
tant de grandes quantités de germes. 
La question a un intérêt tout spécial pour l’infection tuberculeuse. D’une part en 
effet il est évident que nous avons tous, plus ou moins, à un moment de notre existence, 
respiré des bacilles tuberculeux, sans contracter la tuberculose. D’autre part en faisant 
respirer à des animaux des poussières de crachats tuberculeux desséchés, onleur confère 
une tuberculose aiguë. Mais, d’après Calmette, dans ce cas il y aurait infection digestive 
plutôt qu’infection par les voies aériennes. En tout cas, quand les germes pathogènes 
sont en prodigieux excès, il ne peut y avoir d’immunisation assez puissante pour une 
protection efficace. 
D’ailleurs la nature a ajouté aux défenses d’ordre chimique des défenses d’ordre 
névro-musculaire, mécaniques pour ainsi dire. Les réflexes expulsifs de l’éternuement et 
de la toux protègent contre toute altération de la muqueuse respiratoire par des para¬ 
sites. La toux des tuberculeux est un phénomène de défense, et détermine l’expulsion 
de quantité de germes. 
Quant à la conjonctive oculaire, qu’on peut considérer à certains points de vue 
comme relevant de la muqueuse respiratoire, elle n’est pas très facilement attaquée par 
les microbes. Il semble que les larmes aient quelque pouvoir bactéricide (Bernheim, 
Bach, cités par Metchmkoff, loc. cit., 428). En outre la sensibilité de la conjonctive est 
tellement délicate que la moindre atteinte, chimique ou mécanique, provoque aussitôt 
un flux abondant de larmes qui entraîne l’expulsion du corps étranger. 
Dans le tube digestif, bien plus exposé aux intoxications et aux infections, les 
défenses sont multiples (Y. Défense (Fonctions de), iv, 699). 
Les toxines et les liqueurs putrides sont le plus souvent accompagnées de produits 
volatils nauséabonds, qui exhalent une odeur suffisante pour produire un dégoût, quiya
        

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