Bauhaus-Universität Weimar

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IMMUNITÉ. 
permet donc au microbe de poursuivre toute son évolution, et de produire les sub¬ 
stances empêchantes qui vont limiter sa multiplication. On peut supposer que c^Ta 
l’action la plus efficace du sérum des immunises : son principal effet est la neutralisa 
tion des toxines dans le sens chimique du mot (comme un alcoo neutralise un acide, 
en faisant un éther). Les limites de réaction entre l’antitoxine et la toxine se rappro¬ 
chent en effet beaucoup des limites de l’éthérification. . . ■ , . 
Des degrés de l’immunité. — Le sang d’un animal immune A injecte a un autre 
animal B, confère une immunité plus passagère et moins intense que si 1 animal B est 
directement immunisé. Autrement dit l’immunité active est plus efficace et plus pro¬ 
longée que l’immunité passive. 
D’autre part, un animal immunisé contre une infection par une toxine est beaucoup 
moins solidement et durablement immunisé que s’il l’a été par une infection micro¬ 
bienne. Il s’ensuit que l’immunité est à son maximum d’intensité quand elle est confeiée 
par une infection microbienne. . .. . . ,,, 
A vrai dire cette longue et prolongée immunité, due a une infection qui a évolue, 
— comme l’immunité des individus vaccinés, qui restent parfois pour trente ans et 
davantage protégés contre la variole - est asses déconcertante pour toutes les théories 
jusqu’à présent proposées. On comprend tant bien que mal, par la théorie d Ehrlich, 
ou par celle de Bordet, ou par celle de Metchniroff, qu'il y ait pendant quelques jours, 
quelques semaines, ou même quelques mois, immunité conservée. Mais déjà il est dit- 
ficile de se rendre compte du mécanisme qui prolonge et continue la secretion anti- 
toxique- et il est plus difficile encore de concevoir cette fonction antitoxique comme 
devenue’ stable, définitive, faisant partie intégrante de l’organisme, si biçn qu un indi¬ 
vidu vacciné il y a quarante ans n’est pas encore revenu à l’état normal, puisque, pai 
le fait de la vaccination, ses humeurs ou ses cellules ont acquis des propriétés spéciales 
par lesquelles il diffère des autres individus. 
Ce qu’on appelle l’état normal est impossible à préciser. Un individu de quarante 
ans a été sujet, pendant ces quarante ans, à des infections multiples. Celles-ci ont 
parfois passé inaperçues, d’autres fois elles ont été très accentuées. Toutes ont cepen¬ 
dant modifié d’une manière permanente l’état de ses humeurs. Par suite des diverses 
antitoxines que son sang contient, et doit contenir, fût-ce en très petite quantité son 
sang est différent du sang d’un autre individu qui a subi d autres injections. De la la 
personnalité biologique des individus d’une même espèce et d une même race; 
c’est-à-dire l’idiosyncrasie. Si à cette idiosyncrasie acquise, resultant d événements indi¬ 
viduels propres à chacun, accidentels, fortuits et complexes, nous ajoutons 1 idiosyn¬ 
crasie naturelle, due à des transmissions héréditaires, nous pouvons comprendre com¬ 
ment le même poison, la même infection n’ont jamais des effets rigoureusement 
identiques chez les divers individus. 
L’expérience pourrait être tentée en comparant les variations delà vulnérabilité (aux 
toxines et aux infections) chez les adultes et chez les nouveau-nés. Il est probable que 
les variations seraient grandes chez les adultes, tandis qu’elles seraient faibles, presque 
nulles, chez les nouveau-nés et les très jeunes sujets. On aurait ainsi prouvé que par le 
fait des infections antécédentes, la réceptivité de chaque individu a notablement 
ChaEntout cas il est établi par quantité de preuves que l’immunisation par une infection 
est beaucoup plus profonde, et plus durable, et plus stable, que par la toxine de cette 
infection. Est-ce parce qu’une toxine, préparée par des moyens chimiques nécessaire¬ 
ment offensifs, est moins puissante pour l’immunisation que les produits bactériens non 
altérés? Est-ce parce que l’intoxication a été lente, progressive, prolongée. Nous 
sommes réduits à des hypothèses. Nous devons seulement constater ce fait essentiel 
que parfois l’immunité persiste indéfiniment, et que la cause de cette immunité ne 
réside pas dans une sécrétion prolongée des antitoxines; car dans ces cas il n’y a pas 
d’antitoxines. 11 faut donc nécessairement admettre que les cellules organiques (système 
nerveux ou leucocytes) ont été, par une maladie qui semblait passagère, modifiées 
d’une manière durable, voire même définitive, dans leur constitution chimique. 
Voies diverses d’introduction des toxines et des parasites au point de vue 
de l’immunité. — D’une manière générale on peut dire qu’à l’état normal, quand il
        

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