Bauhaus-Universität Weimar

INDOL. 
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gose, plus frequente, se formant lors de la putréfaction ; 3° une autre matière bleue, 
non dénommée, spéciale, se développant par l’action des acides. Toutes les trois étaient 
l’indigotine. 
Enfin, il faut rappeler le légitime scrupule de P. Schützenberger (90) se refusant, à 
cause des solubilités différentes, à admettre l’identité complète de l’indigotine et de la 
couleur bleue qui se forme dans l’urine par la réaction de M. Jaffé. L. C. Maillard a 
montré plus tard (03 f) que cette couleur à laquelle P. Schützenberger conserve le 
nom d’uroglaucine devait être une « hémiindigotine », précurseur de l’indigotine. 
L’indigotine et l’hémiindigotine suffisent donc à identifier toutes les couleurs bleues 
qui aient jamais été signalées dans l’urine humaine. L’histoire de ces observations est 
résumée dans le tableau ci-dessus (p. 204). 
B. Les couleurs urinaires rouges identiques à, l’indirubine. — La première 
fois que l’indirubine fut extraite de l’urine humaine, elle ne portait pas ce nom. Ce fut 
Heller qui la découvrit en 1845 et l’appela urrhodine, arrivant sur sa genèse à des idées 
remarquablement justes, pour l’époque de ses recherches, et eu égard aux moyens de 
travail dont il disposait. Pour Heller, l’urine renfermait une matière jaune, l’uroxan- 
thine, qui sous l’action des acides forts, et en présence de l’air, donnait un mélange 
d’uroglaucine bleue et d’urrhodine rouge. Sauf que l’acide indoxylsulfurique est inco¬ 
lore et n’est pas la couleur jaune de l’urine, il n’y a rien à reprendre dans ce travail; 
la conclusion à laquelle nous arrivons, après plus d’un demi-siècle, ne fait que préciser 
la conception de Heller, dont le grand mérite est d’avoir reconnu d’emblée la commu¬ 
nauté d’origine de la couleur rouge et de la couleur bleue. 
Ce fut E. Schunck, en 1857, qui à la suite de ses travaux sur l’indigo végétal, reconnut 
que l’urine pouvait fournir de l’indigotine avec un peu d’« indirubine ». Th. A. Carter 
en 1858, et F. Hoppe-Seyler en 1863, confirmèrent à leur tour la présence de l’indiru¬ 
bine, à côté de l’indigotine, dans le produit de l’action des acides sur l’urine. Wyss 
trouva en abondance la même couleur rouge dans l’urine des cholériques (1868), et 
admit qu’elle était du rouge d’indigo. M. Jaffé, cherchant pour la première fois (1870) 
à doser F « indican urinaire », déclara expressément qu’il ne faut pas rejeter la couleur 
rouge soluble dans l’alcool, parce qu’elle est du roi^ge d’indigo, qui dérive lui aussi de 
T « indican ». Tous ces auteurs pensaient, à la suite de E. Schünck, que le chromogène 
des urines était identique à l’indican des plantes. 
M. Nencki (74, 76), F. Masson (74), R. Niggeler (74), constatèrent que l’urine des 
animaux auxquels on a injecté de l’indol, ne fournit pas seulement du bleu d’indigo, 
mais aussi du « rouge d’indigo ». 
Jusqu’alors, l’identification du rouge urinaire avec le roüge d’indigo était plutôt une 
opinion qu’une certitude, car on s’était borné à en étudier l’aspect et quelques réactions 
plus ou moins nettes. Ainsi s’explique l’éclipse que dut subir pendant une quinzaine 
d’années la connaissance de l’indirubine urinaire, sous l’influence surtout de la décou¬ 
verte du skatol et de la fâcheuse théorie des couleurs « skatoxyliques » dont elle fut 
l’occasion. 
Pendant cette période, la vraie nature de l’indirubine urinaire fut méconnue, et il 
faut arrivera l’année 1891 pour trouver une étude, des plus consciencieuses et des plus 
instructives, où H. Rosin établissait définitivement l’identité de la couleur. La conclusion 
de H. Rosin, basée sur l’isolement de l’indirubine urinaire à l’état pur et cristallisé, sur la 
comparaison minutieuse de ses propriétés avec celles de l’indirubine végétale et de l’in- 
dirubine synthétique, sur l’analyse centésimale du produit, etc., aurait dû, semble-t-il, 
classer définitivement la question et couper court à tous* les errements. 
Il n’en fut rien malheureusement, et la discussion entre F. Obermayer, E. Wang et 
J. Bouma, sur la question de savoir s’il fallait ou non éliminer la couleur rouge dans le 
dosage de l’indoxyle, ne le prouve que trop. 
Il fallut que J. Bouma isolât et identifiât à nouveau (1899), beaucoup plus superficiel¬ 
lement d’ailleurs que ne l’avait fait H. Rosin, l’indirubine urinaire. 
L. C. Maillard réussit enfin, en 1901, à transformer à volonté, soit en indigotine, soit 
en indirubine, la totalité de l’indoxyle urinaire, commençant ainsi l’étude des relations 
de ces couleurs, qu’il devait compléter en 1902 et 1903. Le nouvel isolement de l’in- 
dirubine pure, et l’identification qui en fut faite une fois de plus, ne suffirent mal-
        

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