Bauhaus-Universität Weimar

INDOL. 
163 
maux supérieurs, où il provient de l’éthérification sulfurique (par le foie) de l’indoxyle 
résultant de l’oxydation (par le foie) de l’indol résorbé par l’intestin. 
Depuis longtemps on avait reconnu (W. Prout, 40; F. Simon, 45; H. Hassall, 53; 
Sicherer, 54 ; L. S. Beale, 5o) comme identique au bleu d’indigo une substance bleue 
dont 1 apparition spontanée avait été de temps en temps observée dans l’urine humaine. 
E. Schunck (57), renouvelant la même observation, identifiait à l’indigoline, non seu¬ 
lement la matière bleue qui se dépose parfois dans les urines, mais aussi celle que l’on 
obtient très fréquemment en traitant l’urine par les acides minéraux au contact de 
l’air. Il venait à cette époque d’étudier le chromogène indigotique du pastel (Isatis tino- 
toria) auquel il avait donné le nom d’indican, et qu’il considérait comme dédoublable 
en un sucre particulier, l’indiglucine, et en indigotine. Aussi pensa-t-il que le chromo¬ 
gène indigotique de l’urine était précisément le même indican : la comparaison était 
très intéressante pour 1 époque, mais l’identification complète des deux chromogènes 
était une erreur : erreur qui, entretenue jusqu’à nos jours par l’ignorance de nom¬ 
breux médecins, a pesé lourdement sur toute la chimie et la physiologie du groupe de 
l’indol et des substances aromatiques en général. Aujourd’hui encore, fourmillent les 
manuels et les mémoires où persiste la dénomination fausse d’« indican » ou « indican 
urinaire »; les mêmes ouvrages ajoutent à la confusion en classant ce corps parmi les 
constituants « anormaux » ou « pathologiques » de l’urine, alors que l’acide indoxylsul* 
furique est au contraire un élément constant de l’urine normale. F. Hoppe-Seyler (63) s’en 
était aperçu déjà; L. G. Maillard (03 f) en a donné la démonstration définitive. 
De même que E. Schunck (o7), M. Jaffé (70 a, 70 6, 72 a, 72 b), à qui nous devons 
cependant l’intéressante découverte de la transformation de l’indol en chromogène, et 
qui de plus avait constaté la nécessité d’une oxydation pour passer du chromogène à 
1 indigotine lors du dédoublement, croyait encore à l’identité du chromogène urinaire 
avec l’indican des végétaux. Pas plus que son prédécesseur, il n’avait réussi dans ses 
tentatives pour isoler ce chromogène. A son tour F. Hoppe-Seyler (75), sans parvenir à 
l’obtenir à l’état de pureté, avait réussi à localiser le çhromogène dans une fraction 
analytique de l’urine suffisamment limitée et concentrée pour permettre des consta¬ 
tations intéressantes. Les acides, même faibles, décomposent rapidement le chromo¬ 
gène lorsqu’on les fait agir directement sur l’urine, surtout à chaud ; mais l’ébullition 
prolongée avec les alcalis n’altère pas le chromogène animal, tandis que dans les 
mêmes conditions l’indican d’isatis tinctoria est rapidement décomposé avec formation 
de couleurs indigotiques. Aussi F. Hoppe-Seyler s’était-il convaincu de la non-identité 
des deux corps, et put-il transmettre à son élève E. Baumann, en même temps que le 
matériel d étude déjà rassemblé, cette idée directrice que le chromogène animal n’est 
pas un glucoside (E. Baumann, 76 b). 
Dès 1876, E. Baumann découvrait que le chromogène est un éther de l’acide sulfu¬ 
rique analogue a ceux que donnent les phénols, et, dans son premier mémoire 
d’ensemble sur les^ conjugués sulfuriques de l’économie (76 b), il classe le prétendu 
indican de 1 urine a sa vraie place. Le produit sirupeux déjà très purifié obtenu par la 
méthode de F. Hoppe-Seyler (75), soumis à l’ébullition avec HCl étendu, fournissait 
effectivement, à côté des couleurs indigotiques, de grandes quantités d’acide sulfu¬ 
rique. De plus, sur un chien chez lequel le rapport de H2S04 conjugué à HW salin dans 
1 urine était 1 : 29 à 1 état normal, on voyait, après une légère injection sous-cutanée 
d indol, le rapport monter al : 9; après injection d’une forte dose, le rapport s’élevait 
à 1 : 2,9, et simultanément l’urine renfermait des quantités énormes de chromogène. 
En ce qui concerne la molécule organique combinée à HW, E. Baumann (76 a) pensait 
qu elle devait être un corps hydroxylé dérivant de l’indol, comme les phénols dérivent 
du benzène, peut-être l’oxindol. 
Il ne restait plus quà isoler de l’urine le chromogène à l’état pur, préparation que 
réalisèrent E. Baumann et L. Brieger (79 b). Un chien ayant reçu 20 grammes d’indol 
par ingestion en 1 espace de o jours, l’urine est concentrée à cristallisation; on rejette 
les cristaux d urée et de sels, et on épuise par l’alcool à 96° les eaux-mères rouge- 
brun. En opérant au froid, la solution alcoolique (3 litres) est additionnée d’une solu¬ 
tion alcoolique d’acide oxalique, tant qu’il se forme un précipité (oxalate d’urée) ; on 
filtre, on ajoute rapidement une solution alcoolique de potasse jusqu’à réaction faible-
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.