Bauhaus-Universität Weimar

GREFFE ANIMALE. 
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substance. Homme et chien furent immobilisés pendant onze jours dans un appareil 
plâtré. Malgré ce contact forcé de la greffe et du porte-greffe, dans des conditions parti¬ 
culièrement favorables, la greffe, qui s’était fixée, ne donna pas le résultat qu’on était 
en droit d’espérer : la consolidation ne fut pas obtenue. 
D’autres chirurgiens furent plus heureux. Je cite, à titre d’exemple, l’observation de 
Ricxrd : chez un malade atteint d’un lymphadénome du nez, avec récidive dans le frontal 
droit cet auteur eut l’idée de pratiquer une restauration à l’aide d’os de chien frais. La 
«uérison du malade fut complète en dix-huit jours. La greffe donna naissance à un 
plan osseux solide, et ce résultat persistait encore au bout de trois mois. 
V ° Il va de soi que ces résultats cliniques confirment la possibilité de la greffe; ils n’ap¬ 
prennent rien sur le processus histologique et sur la destinée de la greffe osseuse. 
Il serait intéressant de préciser les conditions susceptibles d’assurer le succès de la 
greffe osseuse. Pareille étude n’est encore qu’ébauchée. On a noté que l’asepsie dans 
l’acte opératoire (Adamkiewicz), que la coaptation exacte de la greffe sur la perte de 
substance, que l’exacte immobilisation des parties comptent parmi les facteurs capables 
d’assurer la prise de la greffe. L’àge de l’animal qui fournit la greffe intervient aussi : 
la »reffe a d’autant plus de chances de se fixer qu’elle est prélevée (Poncet) sur un 
animal plus jeune et dans une région plus vivace (zones juxta-épiphysaires des os longs). 
En utilisant des os de fœtus, Zahn a même vu ces os se greffer en donnant naissance à 
des exostoses. _ . , A , . 
F Greffes de périoste. — En transplantant du périoste, on peut aisément produire 
sur un animal une néoformation de substance osseuse. Et ce résultat n’a rien qui doive 
nous étonner : le périoste n’intervient-il pas, en effet, dans la formation des pièces os¬ 
seuses du squelette (Ollier)? Seydel a pu transplanter 20 centimètres carrés de périoste 
pour combler une perte de substance du tibia. 
Martini, en transplantant du périoste sur la crête d’un coq, a vu les greffes élaborer 
des nodules cartilagineux susceptibles de s’ossifier, et Bonome a observé des faits plus- 
curieux encore. H a fixé du périoste dans les interstices musculaires et dans la chambre 
antérieure de l’œil. Dans les interstices musculaires, la greffe produit de l’os, mais tantôt 
cet os apparaît d’emblée; tantôt,au contraire, il est précédé par le développement d’une- 
masse cartilagineuse. Dans la chambre antérieure de l’œil, la greffe présente une évolu¬ 
tion plus rapide : il en est de même quand le périoste transplanté a subi, au préalable, 
une irritation de quelque durée. 
G Greffe de moelle osseuse. — Ollier, Félizet, Bruhns, Zahn, Bonome, \ incent, etc.,, 
ont pratiqué, dans des conditions différentes, des greffes de moelle osseuse. 
Quelques-uns de ces auteurs (Ollier, Goujon, Barkow), en se plaçant dans des condi¬ 
tions identiques, disent avoir obtenu des résultats variables. La faute en est peut-être 
à des conditions que ces expérimentateurs n’ont pas suffisamment déterminées. 
Tandis que Bonome n’a jamais obtenu de greffe durable, Lélizet, en gieffant un 
morceau de moelle osseuse, a vu la greffe se transformer en os. 
Bruhns fracture les os de chiens d’âge différent; il prélève un fragment de moelle- 
osseuse et le greffe sous la peau. Ce fragment s’est transformé en os, selon le processus 
indiqué par Félizet. . _ 
Des résultats analogues ont été obtenus par Goujon, Zahn, Vincent et Bibbert. 
H Greffe de tissu musculaire. — Il est possible de transplanter un morceau de 
muscle Quand l’opération est pratiquée aseptiquement, le transplant se fusionne avec 
le reste du muscle : la fonction du muscle se rétablit dans son intégrité (Salvia). Toute¬ 
fois on peut observer la dégénérescence graisseuse (Zahn, 1884) ou cireuse (Ribbert) 
ou l’atrophie ultérieure (Helferich, 1882). Les fibres musculaires diminuent alors de 
diamètre, perdent leur striation et voient leurs noyaux se multiplier (Bibbert). Il peut 
même arriver que la greffe subisse la transformation fibreuse : en pareil cas (Gluck, 
1881) la greffe a été infectée et il y a eu suppuiation. 
l a greffe de tissu musculaire peut être obtenue dans des conditions variables; elle 
réussit chez les animaux de même espèce (homme, poulet) ou d’espèce différente; le 
biceps du chien peut être greffé sur le muscle humain, le muscle de lapin sur le muscle 
du poulet (Gluck, 1881). ■ . , , 
I Greffe de tissu nerveux. — a) Ganglions. — Divers auteurs, Marinesco, et sur-
        

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