Bauhaus-Universität Weimar

HYPNOTISME. 
763 
tionnés par lui, obtiennent des preuves expérimentales en faveur d’une idée fausse. 
On se rappelle, que, dans ma polémique avec l’éminent professeur Pierre Janet, concer¬ 
nant la nature pathologique de l’hypnose, je lui avais accordé un argument sérieux 
en faveur de sa thèse. Cet argument, le voici : C’est un « fait », au sujet duquel P. Janet 
n’a pas le moindre doute : il le croit seulement insuffisamment connu, quoique de 
très grande importance : « quand l’hystérie guérit sérieusement, et non pas seulement 
en apparence, le somnambulisme et la suggestibilité disparaissent ». (Automatisme, 
p. 446). 
Voilà réellement une proposition de grande importance. Si elle est vraie, tous mes 
arguments en faveur de l’indépendance de la sensibilité hypnotique, comme d’une apti¬ 
tude sut generis, anormale, mais non pathologique, tombent : l’hypnose reparaît de 
nouveau comme une simple modification de l’hystérie et doit être considérée, sinon 
comme une névrose toute faite, au moins comme une diathèse hystérique. Je ne vois 
même pas de raisons suffisantes pour conserveries restrictions de P. Janet lui-même, 
qui dit : « Faut-il s’arrêter là, et soutenir que le somnambulisme n’est rien d’autre 
qu une manifestation de l’hystérie? c’est une opinion qui serait bien exagérée... » Exa¬ 
gérée ou non, elle serait juste en principe, si seulement le fait était vrai. 
Mais il n’est qu’une tautologie expérimentale. La disparition de la sensibilité hyp¬ 
notique après guérison complète de l’hystérie (ou d’une autre maladie quelconque), n’a 
jamais été observée que par des hypnotiseurs qui se sont imaginé cela. Et c’est un fait 
extrêmement curieux que cette idéoplastie négative, suggérée involontairement; car 
elle prouve jusqu’où peut aller la puissance occulte de la tautologie expérimentale. 
L’erreur remonte encore à Mesmer. C’est lui qui, le premier, en sa qualité de méde- 
c^n> jugeait maladif ce qui n’était qu’anormal. Lorsqu’un malade ne réagissait pas 
à ses manœuvres, il le déclarait exempt d’une maladie nerveuse, et, en conséquence, 
pensait qu’un homme atteint d’une maladie nerveuse et guéri, ne devrait plus être 
influençable. Il parait qu’il modifia ensuite son opinion; mais, considérant toujours le 
somnambulisme provoqué comme une crise, il croyait que cette crise n’avait plus de 
raison d’être lorsqu'il n’y avait plus de maladie. 
Quoi qu il en soit, il suggestionna dans ce sens ses élèves, et parmi eux Puységijr, le 
principal propagateur de cette idée. Il n’avait pas besoin de les suggestionner à son 
tour dans le sens propre du mot, car, comme nous le savons déjà, le hasard voulut que 
son premier sujet fut sensible à l’action mentale, et puis il faut savoir que, si une action 
mentale directe et immédiate est fort rare, une action lente, indirecte, retardée, est très 
commune dans 1 hypnotisme. Une fois que sa conviction fut cristallisée, elle réagissait 
sur ses malades sans qu’il s’en doutât, lui apportant de nouvelles « preuves expérimen¬ 
tales »... de son idée préconçue. On la retrouve chez plusieurs auteurs qui ont subi l’in¬ 
fluence du sorcier de Busancy. C’est, ainsi par exemple que Despine dit « les effets du 
somnambulisme sont nuis chez les personnes bien portantes » (Somn., p. 131). P. Janet 
a-t-il lu Puységur ? Je ne sais; mais en tout cas il a lu Despine, et, s’il croit tout de 
même avoir agi en observateur absolument impartial, cela peut tenir à une de ces 
désagrégations entre le moi conscient et inconscient, qu’il a si bien mis en relief 
dans son livre sur 1 automatisme. Et il ne faut pas oublier qu’un de ses sujets princi¬ 
paux (comme j ai eu l’occasion de m’en assurer personnellement) était directement et 
immédiatement influençable par l’action mentale. D’ailleurs, comme preuve que 
P. Janet ne fut pas toujours à l’abri d’une influence suggestive inconsciente, qu’il me 
permette de citer le détail suivant : après la publication des trois états classiques de 
Charcot, P. Janet a cru faire mieux, en découvrant l’existence de neuf états différents 
dont il a publié la description détaillée dans la Revue scientifique. N’y voyant qu’une 
création artificielle, dans le genre de celle de Charcot, je priai P. Janet, à l’occasion de 
mon séjour au Havre, de provoquer chez Léonie un de ces états, dans lequel, suivant 
lui, la catalepsie est impossible à obtenir. Ce qu’il fit avec complaisance. Prenant alors 
la main de Léonie, je soulève son bras, et, sans rien dire, je m’imagine fortement que ce 
bras va lester en 1 air. Quelques secondes ont suffi, pour que la catalepsie se déclarât : 
le bras resta en 1 air, et conserva les positions que je Jui imposai. Je n’avais qu’à 
imaginer le contraire, pour que le bras, légèrement soutenu par ma main, retombât 
de nouveau inerte. Et il n’est même pas nécessaire d’invoquer, dans tous ces cas, la
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.