Bauhaus-Universität Weimar

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H YPN O TISME. 
aimantation. De même, Je magnétisme animal peut être nécessaire à l’organisme malade 
pour fortifier sa tendance à conserver l’état normal de la santé. La vie est donc une sorte 
de mouvement, qui tend à une certaine stabilité. Lorsque ce mouvement est épuisé il 
s ensuit la mort, Cette dernière est le résultat de la solidification graduelle de l’orga¬ 
nisme avec rupture de la relation normale entre les solides et les liquides, puisque 
« arret du mouvement « et « solidification », ne sent qu’une seule et même chose. La 
santé consiste en une harmonie de tous les mouvements principaux : ceux de l’assimila¬ 
tion et ceux de l’élimination. Pour guérir d’une maladie il suffit de rétablir, dans les 
organes internes, ce double courant, centripète et centrifuge : « assimiler tout ce qui 
est assimilable, évacuer tout ce qui a’est pas assimilable » (Syst. d. Wechsel, p 169)' 
De cette façon, la vie de l’organisme (comme la vie du monde en général) se ramène 
aux deux principes fondamentaux : la matière et le mouvement. Attrayante simplicité ' 
Mais peut-elle être considérée comme suffisante?... On doit, admirer la superbe pour 
son temps, reduction de tous les mouvements de la vie, au double courant d’assimila¬ 
tion et de désassimilation; on peut mettre sur le compte des mérites de notre auteur 
qu il ne nous parle pas, à l’instar de ses concitoyens, de l’àme du monde ( Weltseele) 
et qu il ne s aventure pas dans les domaines d’une âme humaine en soi, une et indivi¬ 
sible, ou au contraire divisible et multiple, comme dans certaines conceptions modernes 
allemandes (Pflüger). On peut enfin justifier son obstination à éliminer toute idée 
d’une direction vitale interne, âme, esprit ou fluide, puisque telles étaient les ten¬ 
dances d’un demi-siècle entier, qui a suivi ses efforts. Mais de là à conclure qu’un 
fluide extérieur quelconaue puisse suffire pour remplacer l’idée d’une « force vitale » 
et obvier aux nécessités d’un arrangement sui generis de diverses fonctions organiques’ 
il y a encore un abîme. Les choses sont malheureusement plus compliquées, et leur 
explication mécanique prématurée. Cette idée de Mesmer n’a même pasle mérite de l’ori¬ 
ginalité, car une conception toute semblable avait déjà été émise par Hoffmann (1660-1742), 
qui admettait, il est vrai, un fluide nerveux, mais qui plaçait également la cause de 
tous les phénomènes vitaux dans un fluide extérieur, dans l’éther. Mesmer poussa 
seulement son mécanicisme encore plus loin, en supprimant l’autonomie du fluide ner¬ 
veux et en créant une nouvelle catégorie du fluide, au-dessus de l’éther. On peut rap¬ 
procher cette conception de l’esprit universel de Maxwell. 
4» « La quantité de mouvement propre à chaque organisme est définie » (Syst. d. 
\4 echselwirknngen, p. 14/). Nous avons vu que, d’après Mesmer (et c’est là une idée qui 
peut être considérée comme le point de départ de la théorie moderne de la conserva¬ 
tion de l’énergie) le mouvement des corps qui passent à l’état de repos ne s’annule 
pas; il se transforme seulement, en accélérant les vibrations des milieux subtils. Il en 
est de même pour le microcosme, pour l'organisme. La quantité de mouvement dont il 
dispose étant à peu près définie, il doit en user raisonnablement, car l’excès de mouve¬ 
ment dans un organe ne peut se manifester qu’au détriment de tous les autres organes 
(Principes de 1 inhibition et de la dynamogénie de Brown-Séquaud, moins les obscurités 
de cette théorie moderne). Pareillement, au point de vue psychique, l’attention, qui 
n est qu une concentration de mouvement dans une direction donnée, s’effectue tou¬ 
jours aux dépens des courants dans toutes les autres directions. « Il s’ensuit que, 
puisque le degré de nos connaissances dépend de l’usage de l’attention, l’emploi de 
ce mouvement doit être fait avec discernement et avec égard aux proportions ration¬ 
nelles » (147-148)1 2. (Cet important avertissement hygiénique n’est pas toujours écouté; 
1. Cette idée ne se trouve pas dans les deux premiers Mémoires de Mesmer; mais même 
en 4814 elle constitue encore une remarquable nouveauté; car, malgré les découvertes de Lavoi¬ 
sier (qui fut combattu par ses contemporains en même temps que Mesmer), la théorie de l’échano-e 
des matières dans l’organisme ne fut formulée qu’en 1804 par le physiologiste polonais André 
oniadecki dans sa Theorie des êtres organisés (Varsovie, 1804). Cet ouvrage a été traduit en 
a ernand six ans plus tard, sous le titre : Theorie des organischen Wesen. Aus dem polnischen. 
Königsberg. 1810, et en français vingt et un ans plus tard : A. Sniadecki, Théorie des êtres 
organises, etc. Traduit du polonais, par Bellard et Dessaix. Paris, 1825 (p. xxn, 283). 
2. La conception d un « capital biologique » propre à chaque individu, vient d’être présentée 
dernièrement comme neuve par Buri.ureaux, dans son livre, d’ailleurs remarquable, sous le titre : 
Lutte pour la santé, essai de pathologie générale, Paris, 1907 (3e édition).
        

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