Bauhaus-Universität Weimar

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HÉRÉDITÉ. 
lence d’une semblable transmission. Or voici un certain nombre d’exemples fournis pax 
Cope 1 et dont cet excellent observateur se porte garant : 
Une jument reçut à un œil une blessure grave suivie d’une violente ophtalmie; et e 
mit bas une pouliche ayant l’œil correspondant avorté. Un coq de combat perdit un œil; 
peu après, et pendant que la blessure était encore en mauvais état, il fut transporte ans 
un autre lot de poules de sa race qui, fécondées par d’autres coqs, avaient eu des poussins 
normaux; il leur donna des petits dont un grand nombre avaient un œil défectueux. Une 
jument ayant eu un paturon fendu fut employée comme poulinière; elle eut quatre 
poulains dont le second avait le même paturon fendu; etc... 
Il est bien certain que tous ces cas de transmission héréditaire d’une mutilation sont 
des cas exceptionnels; il n’en est plus de même de l’hérédité des caractères acquis par 
les deux sexes sous l’influence de conditions de vie longtemps prolongées. J ai déjà cité 
l’exemple des céphalopodes de Hyatt; je me contenterai d’y ajouter celui de ces eleveurs 
qui sont arrivés à diminuer la taille de certains animaux de luxe au moyen d’une nourri¬ 
ture insuffisante; les descendants de ces êtres amoindris peuvent conserver leur petite 
taille pendant plusieurs générations, même s’ils sont très abondamment nourris. 
La question de l’hérédité des mutilations nous conduit naturellement à celle des carac¬ 
tères pathologiques, quoique, à vrai dire, cette question ne diffère par rien d essentie e 
celle de l’hérédité des caractères physiologiques ou morphologiques ordinaires. 
D’abord, les caractères pathologiques congénitaux, chez le parent, se transmettent 
aux descendants suivant les hasards de l’amphimixie, absolument comme les auties 
caractères congénitaux, que ces caractères pathologiques soient d’ordre psychologique 
(tares ou qualités mentales), d’ordre diathésique (arthritisme, hémophilie) ou d ordre 
tératologique (polydactylie, syndactylie, etc.). Pour les maladies microbiennes, il faut 
faire une réserve importante; la transmission d’une maladie microbienne des parents 
aux enfants ne peut jamais être considérée comme un fait d’hérédité, mais comme un 
simple fait de contagion, même quand cette contagion est extrêmement piécoce. Par 
exemple, on sait que la syphilis, maladie contagieuse, peut être transmise du pèie au 
fils sans que la mère en soit affectée; c’est donc que le spermatozoïde lui-même est 
infecté, et il y a là un fait de contagion très précoce ; mais 1 hérédité n a rien à y voii. Ce qui 
intéresse l’hérédité dans le cas des maladies microbiennes, c’est seulement la transmis¬ 
sion aux enfants de certains caractères généraux dépendant de 1 infection des parents, 
mais sans qu’il y ait transmission de microbes. Telle est, par exemple, la transmission 
de l’immunité vaccinale, transmission dont on connaît un certain nombre d exemples 
absolument authentiques. Telle est, également, la transmission de la prédisposition à 
la tuberculose. Il y a là hérédité certaine de caractères acquis par les parents sous 
l’influence de l’infection microbienne. Et, naturellement, ces faits d hérédité se retrouvent 
tout à fait les mêmes quand les modifications apportées par la maladie dans l’organisme 
des parents sont dues à une intoxication non microbienne, à l’action des substances 
solubles des cultures, par exemple. 
Le cas le plus célèbre de l’hérédité d’un caractère pathologique acquis est celui de 
Uépilepsie provoquée chez les cobayes par Brown-Séquard au moyen de 1 hémisection de la 
moelle ou de la section du nerf sciatique. Weissmann a essayé de réfuter cet exemple 
en prétendant que l’épilepsie de ces cobayes était due à une infection microbienne opéra¬ 
toire, infection qui se transmettait aux descendants par contagion; sa thèse est insoute¬ 
nable, et personne n’a plus le droit de nier aujourd hui la possibilité de la transmission 
héréditaire des caractères acquis. 
Xénie et Télégonie. A côté de l’hérédité des caractères acquis, il faut signaler certains 
faits qui sont du même ordre, et qui concernent l’influence du mâle fécondant sur la 
femelle fécondée. 
Le nom de Xénie a été donné par Focke à des cas dont voici un exemple très net. 11 
y avait à Saint-Valéry un pommier à fleurs feuilles, n ayant que des étamines avortées. 
Pour le féconder, on secouait au dessus de ses fleurs des branches fleuries empruntées à 
d’autres pommiers et les pommes qui résultaient de cette fécondation présentaient beau¬ 
coup des caractères des fruits de l’arbre qui avait fourni la substance mâle. Le fait est 
1. Primary factors of organic evolution. Chicago, J 896.
        

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