Bauhaus-Universität Weimar

GRAISSES. 
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grands macrophages surchargés de granulations graisseuses. De la 8e à la 12e heure 
après le repas, l’aspeet du ganglion se modifie progressivement : la graisse à l’état libre 
diminue peu à peu dans les sinus qui s’affaissent; les macrophages graisseux persistent 
un peu plus longtemps, puis ils disparaissent à leur tour, et le ganglion rentre à l’état 
de repos jusqu’à la digestion suivante. 
L’étude des ganglions mésentériques*, pendant la digestion, chez le chien, a montré 
que, contrairement à ce que permettaient de supposer l’augmentation de volume et la 
turgescence des glandes mésentériques, la graisse n’y était pas très abondante et qu’elle 
n’était pas répandue dans la totalité de la formation lymphatique. Pour avoir l’explica¬ 
tion exacte du phénomène, on a été amené à supposer que le suc laiteux du ganglion 
n’était pas exclusivement formé par de la graisse émulsionnée, mais qu’il devait être, 
au moins partiellement, constitué par une graisse transformée, vraisemblablement sapo¬ 
nifiée et rendue soluble dans les liquides fixateurs en même temps que moins facilement 
colorable par l’acide osmique. Cette supposition a pu être justifiée par les faits. Si, en 
effet, on prend un de ces ganglions turgescents et remplis de chyle, et qu’après l’avoir 
coupé en plusieurs fragments, on l’abandonne dans une petite quantité d’eau (20 à 
30 centimètres cubes par exemple), additionnée de quelques gouttes de formol pour 
éviter la putréfaction, on constate qu’au bout de 24 heures le liquide est devenu opa¬ 
lescent. « Le ganglion s’est peu à peu débarrassé du chyle qu’il contenait, tout comme 
un foie cardiaque, gorgé de sang, abandonné pendant 24 heures dans un seau d’eau, 
revient sur lui-même et abandonne à l’eau la plus grande partie du sang qu’il conte¬ 
nait. » Le liquide opalin obtenu par cette macération du ganglion possède le reflet.et la 
couleur d’une solution aqueuse de savon. Si, d’ailleurs, on ajoute quelques gouttes d’une 
solution concentrée d’alun, on voit se former immédiatement un précipité floconneux, 
blanchâtre; cette réaction est une de celles qui sont particulières aux savons. 
La même expérience peut être faite en remplaçant l’eau par de l’alcool, qui possède, 
lui aussi, la propriété de dissoudre les savons. 
De ces faits, il résulte que, pendant son passage au travers des filtres ganglionnaires 
du mésentère, la graisse n’est pas simplement émulsionnée; elle s’y dédouble de la 
même manière que dans l’intestin. Elle se transforme, avec mise en liberté de glycérine, 
en une substance analogue et même identique à un savon, substance éminemment 
soluble dans tous les liquides fixateurs. 
« Pendant la digestion intestinale, les chylifères apportent successivement aux gan¬ 
glions de la graisse partiellement reconstituée et émulsionnée. Celle-ci se saponifie 
dans le ganglion pour se transformer à nouveau et devenir à la fin une graisse directe¬ 
ment utilisable par l’organisme. » 
Quant à l’agent de ces transformations de la graisse, pendant son passage au travers 
des ganglions, il n’est autre qu’un ferment. Son existence avait été soupçonnée par 
Ch. Robin, par Renaüt, mais il était réservé à Poulain d’en démontrer l’existence et de 
prouver qu’il n’était autre que le ferment lipasique, découvert par Hanriot. 
Dans une série de travaux et de communications faites à l’Académie des Sciences 
depuis 1896, Hanriot a montré qu’il existe dans le sérum sanguin un ferment saponifiant 
les graisses, une lipase, ferment distinct de la lipase pancréatique, bien que possédant 
une action analogue. 
Poulain a fait subir à la technique de Hanriot quelques modifications de détails; ses 
recherches l’ont conduit aux conclusions suivantes : 
1° La sécrétion de la lipase est une propriété générale du tissu lymphoïde; 
2° A l’état normal, tous les ganglions de l’économie ont sensiblement le même pou¬ 
voir lipasique, déterminé au même moment chez le même sujet; 
5° L’activité lipasique des ganglions paraît plus marquée pendant la période 
digestive qu’à l’état de jeûne ; 
4° Le pouvoir lipasique, chez les animaux, paraît s’accroître, toutes choses égales 
d’ailleurs, avec l’âge, au moins pendant les premiers mois, et même pendant les pre¬ 
mières années (jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans chez l’enfant). 
La question de la nature de cette lipase est, comme le fait remarquer Poulain, le 
point le plus obscur de son histoire. A l’origine, elle fut considérée, par Hanriot et les 
auteurs qui l’ont spécialement étudiée, comme un ferment soluble. Elle en présente, en
        

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