Bauhaus-Universität Weimar

GELSEMINE. GELSEMININE. 
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Cette paralysie centrale, admise par Ringer et Mcrrell, Ott, Berger, Putzeys et 
Romiée, n’est aucunement en contradiction avec le fait qu’il y a des convulsions. C’est 
le propre de toute substance convulsive, de produire, après la convulsion, ou quand la 
dose est plus forte, des phénomènes de paralysie. 
La paralysie des centres nerveux est la cause de la mort; car dès le début la res¬ 
piration est atteinte dans son rythme et son amplitude. Finalement elle se ralentit, 
devient insuffisante, et l’animal meurt asphyxié (Putzeys et Romiée). Aussi la respiration 
artificielle prolonge-t-elle la vie des animaux empoisonnés (chien et lapin), même après 
qu’on a donné d’énormes doses (Berger). 
D’après Moritz, le poison agirait d’abord sur les fonctions sensitives conductrices de 
la moelle. Les réflexes ne sont d’abord exaltés qu’en apparence; car, si les excitations 
provoquent des phénomènes à demi convulsifs, il faut remarquer que ces excitations, 
pour être efficaces, doivent être plus intenses que sur l’animal normal. 
Berger a appelé l’attention sur les phénomènes psychiques qui surviennent dès le 
début. L’animal (grenouille) est paresseux, peu sensible; plus lent à se mouvoir, inca¬ 
pable même, dit-il, de se mettre spontanément en mouvement. Les lapins, après avoir 
reçu de 0,08 à0,3 d’extrait, ont une courte période d’irritabilité excito-motrice accrue; 
ils ont des tremblements, du frisson; des mouvements cloniques des extrémités anté¬ 
rieures; puis la tête retombe presque paralysée, et ils sont dans un état d’inertie com¬ 
plète. Ce n’est que plus tard que la respiration se modifie et devient dyspnéique. 
Ainsi il ressort de ces faits que la gelsémine est beaucoup moins convulsivante que 
la strychnine. En injectant de la strychnine à dose convenable, l’effet convulsivant est 
primitif; la convulsion-est violente et prolongée; et elle recommence, si l’asphyxie n’a 
pas amené la mort du cœur. Avec la gelsémine la convulsion est courte, et, quelle que 
soit la dose, suivie d’une période de paralysie. 
On peut presque dire que, par ses effets excitants, puis déprimants, la gelsémine est 
un poison placé à égale distance de la strychnine et du curare,-constituant le poison 
de transition entre ces deux poisons types. 
Quant à l’excitabilité musculaire directe, la plupart des auteurs pensent qu’elle n’est 
pas modifiée. Bufalini cependant estime qu’elle diminue notablement; mais il est diffi¬ 
cile de séparer dans cette expérience la part des terminaisons motrices nerveuses intra¬ 
musculaires et celle des fibres musculaires proprement dites. 
Action sur le cœur et la pression artérielle. — La gelsémine fait baisser la 
pression'frrtérielle. Tous les auteurs sont d’accord sur le fait. Rouch dit que le cœur du 
chien devient tellement faible qu’il donne des tracés hémométriques comparables à ceux 
que donne le cœur du lapin. Il a vu de grands abaissements de pression presque à zéro, 
suivis bientôt de relèvements considérables, mais toujours inférieurs au niveau de la 
pression normale. Il dit aussi que, dans ce-cas, les courbes de Traube Hering sont très 
manifestes. 
Quant à l’action du pneumogastrique sur le cœur, Berger et Ott ont constaté que ce 
nerf est excité, ce qui fait que le cœur se ralentit. Pourtant Rouch a noté, après une 
période extrêmement passagère de ralentissement, une accélération considérable. 
D’après lui, le pneumogastrique est paralysé ou épuisé dans ses plaques terminales des 
ganglions modérateurs. Putzeys et Romiée ont aussi admis que la gelsénine porte son 
action sur les terminaisons du nerf vague dans le cœur. D’après Rouch, chez le lapin ou 
le chien empoisonné par le gelsémine, on ne produit jamais l’arrêt du cœur, par l’exci¬ 
tation électrique du bout périphérique du nerf vague. « Au moment de la période as¬ 
phyxique, l’action électrique, même des plus forts courants, est à peu près nulle sur le 
nerf modérateur. Chez le lapin même, j’ai pu voir l’inexcitabilité complète dix minutes 
après le début de l’injection. » Si plus tard le cœur se ralentit, c’est que les ganglions 
excito-moteurs sont, eux aussi, paralysés à leur tour, après paralysie des ganglions 
modérateurs. 
En même temps que cette dépression artérielle, on observe toujours un abaissement, 
plus ou moins marqué, de la température. Enfin il faut noter un effet mydriatique très 
net qu’on observe même en instillant dans l’œil quelques gouttes d’une solution diluée 
de gelsémine. 
Dose toxique. — Moritz a étudié avec soin la dose toxique de la gelsémine. Seule-
        

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