Bauhaus-Universität Weimar

GELSÉMINE. GELSÉMININE. 
63 
un alcaloïde qu’il appela gelsémine. Il employait à cet effet la méthode classique de 
l’extraction par l’éther en solution alcaline. Fredigke put extraire ainsi 0,49 p. 100 de 
gelsémine des racines de la plante. 
Sonnenschein (D. chem. Ges., 1876, 1182) prépara la gelsémine de la manière sui¬ 
vante : élimination de l’esculine par l’acétate de plomb; puis addition de potasse qui 
donne un précipité. Ce précipité, redissous dans l’acide chlorhydrique, est de nouveau 
précipité par la potasse en présence de chloroforme, qui dissout l’alcaloïde. Le chlorhy¬ 
drate, d’après Sonnenschein, aurait pour formule (C^H^AzO2) -HCl. 
Mais c’est surtout Gerrard qui prépara à l’état de pureté la gelsémine (1883). La 
racine est épuisée par l’alcool; le liquide se sépare en deux couches qu’on acidifie après 
que les matières résineuses ont été précipitées par l’eau. L’addition d’ammoniaque et 
d’éther fait que l’alcaloïde mis en liberté se dissout dans l’éther. La dissolution éthérée, 
fluorescente, est traitée par l’acide chlorhydrique qui précipite l’esculine. 
Le chlorhydrate de gelsémine, après évaporation de l’éther, est repris par l’alcool 
bouillant, qui le dissout, et dans lequel il cristalline par refroidissement. Les sels de 
gelsémine, ainsi obtenus, précipitent par l'acide picrique en petits cristaux verdâtres. 
Avec l’acide sulfurique et le bichromate de potasse ils donnent une belle couleur rouge 
qui passe au vert. Il y a des chlorures doubles d’or et de platine. La formule serait, 
d’après Gerrard, C12H14Az02. 
Thompson, en 1887 (cité par Cushny), reprit la préparation et l’analyse de la gelsémine, 
et donna la formule C54H69Az4012 (HCl)3. Il put vérifier par des preuves chimiques l’hypo¬ 
thèse formulée déjà en 1876 par Ringer et Murrell, qu’il y a deux alcaloïdes dans le 
Gelsemium, une gelsémine brute, et uné gelsémine cristallisée, qu’on sépare par des dis¬ 
solutions fractionnées dans l’éther. 
Cushny et Spiegel ont repris cette étude ; et nous conviendrons d’appeler, avec Cushny, 
gelsémine, la base qui cristallise facilement, et gelséminine la base amorphe, plus ou 
moins identique à l’aLcaloïde décrit par Gerrard et Thompson. La gelsémine aurait pour 
formule C49H63Az5014 (HCl)2; et la gelséminine G42H47Az3014 (HCIPtCl4). Il convient de dire 
que, d’après Spiegel (cité par Bürker,Diet. VT., 2Suppl., iv, 671), la gelséminine, qu’il n’a 
pas obtenu cristallisée plus que Cushny, autrement qu’à l’état de chloroplatinate, aurait 
pour formule C22H26Az203 ou C24H28Az204. 
Au point de vue chimique, la différence essentielle entre la gelsémine et la gelséminine, 
c’est que la gelsémine cristallise dans l’eau très facilement, en cristaux fusibles à 45°, 
qu’elle donne un chloroplatinate et un sulfate cristallisables, alors que la gelséi#nine est 
amorphe, et que son sulfate comme son chloroplatinate sont incristallisables. 
D’ailleurs la plupart des auteurs qui ont précédé Cushny ont expérimenté avec un 
mélange des deux alcaloïdes qui n’avaient pas été séparés. 
Effets physiologiques des deux alcaloïdes, gelsémine et gelséminine. — 
1. Action sur les centres nerveux. — L’effet caractéristique de la gelsémine est de produire 
un tétanos qui ressemble au tétanos strychnique. Les grenouilles, les lapins, les chiens 
(Rouch) sont pris de convulsions tétaniques. Au milieu de ces convulsions, moins fortes 
que les convulsions strychniques, le cœur est à peu près indemne, et la mort sut vient 
par arrêt respiratoire. 
11 semble donc que, par certains côtés, le tableau soit celui de l’intoxication curarique ; 
par d’autres,celui de l’intoxication strychnique. Aussi les expérimentateurs ont ils comparé, 
tantôt au type curarique, lantôt au type strychnique l’empoisonnement par la gelsémine. 
On conçoit la difficulté de cette étude; car, malgré d'apparentes différences très écla¬ 
tantes, au fond le curare et la strychnine se ressemblent beaucoup dans leurs effets 
physiologiques. Le curare à très faible dose produit de petites convulsions fibrillaires qui 
se généralisent. La strychnine à très forte dose agit comme un curarisant sur les gre¬ 
nouilles (Martin Magron), et sur les animaux à sang chaud (Ch. Richet, 1882). 
Il parait probable, d’après la lecture des travaux, un peu confus, qui ont été écrits 
avant le mémoire de Cushny, qu’à dose modérée il n’y a pas d’action paralysante sur les 
terminaisons motrices. Les nerfs ont gardé leur excitabilité; les muscles naturellement 
ne sont pas atteints par le poison, de sorte que les phénomènes paralytiques qui sur¬ 
viennent alors doivent être attribués à la paralysie du système nerveux central qui 
ordonne les mouvements musculaires (Rouch).
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.