Bauhaus-Universität Weimar

GOUT. 
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mais grâce aux excitations olfactives. Autrement, le nez étant bouché, elle confond le 
camphre avec l’eau de fleur d’oranger et l’essence de menthe. Pourtant la menthe 
la pique un peu; le vinaigre, de même. Les substances qu’elle devait reconnaître 
étaient : l’eau de fleur d’oranger, l’eau de laurier-cerise, mélange aqueux d’essence-anis 
(1 goutte pour 30 centimètres cubes), mélange aqueux d’essence d’ail (1 goutte 
p. 30 centimètres cubes), solution aqueuse d’eau camphrée (1 p. 100), vinaigre, solution 
aqueuse de sulfate de fer (1 p. 200), rhum et huile. 
Ajoutons encore que la sensibilité tactile de la langue est extrêmement obtuse; la 
malade n’accuse des sensations tactiles de la langue que lorsqu’on exerce des pressions 
fortes. 
Des excitations avec des poids fins de l’/tapAi-esthésimètre Toulouse-Vaschide ne 
décèlent aucune sensation; il faut passer dans la série des poids lourds, centigrammes, 
décigrammes et grammes, pour remarquer des sensations nettement délimitées. 
La malade constate aussi que parfois elle mord le bout de sa langue, et qu’elle ne 
souffre pas alors autant qu’auparavant. Elle est extrêmement inquiète de son état et 
examine méthodiquement les sensations qui accompagnent l’alimentation et de même 
celles qui doivent accompagner le goût d’un fruit ou celle d’une excitation buccale 
quelconque. Elle fait appela ses souvenirs gustatifs; elle les a conservés, paraît-il, d’une 
manière précise. Parfois elle croit les reconnaître réellement, mais elle s’aperçoit bien 
vite que ce n’est qu’une illusion. 
11 est inutile de dire que toutes ces recherches ont été faites en dehors de la con¬ 
naissance du sujet, qui avait Jes'yeux bandés. 
En résumé, la malade parait avoir des troubles sensoriels profonds et qui atteignent 
particulièrement, et crescendo,le tact, 1 odorat et le goût. L’agueusie n’est pas aussi com¬ 
plète qu’elle le croit; la sensation de l’amer existe, de même que l’acide. Peut-être la 
présence de la sensation de l’amer est une des causes de la sensation d’amertume qu’elle 
a continuellement dans la bouche. 
L’absence des réflexes patellaires, les troubles pupillaires, de même que les troubles 
sensoriels, nous conduisaient à croire que nous sommes peut-être en présence d’un tabès à 
forme fruste. L’hérédité de la malade, son passé clinique, le traitement ioduré, les maux 
de gorge qu’elle accuse avoir eus pendant son rhume, l’existence d’un mari alcoolique 
mort aliéné, confirment, quoique vaguement, le diagnostic suggéré par ses troubles sen¬ 
soriels. Elle n’a pourtant pas le signe de Romberg, et l’état dynamique n'est pas sérieu¬ 
sement atteint. L’absence du goût nous paraît liée à ces troubles tabétiques, des auteurs 
ayant observé souvent des troubles gustatifs et olfactifs dans le tabes (Klippel). 
Au point de vue de la psycho-physiologie de la gustation, remarquons l’existence de 
la sensation de l’acide; ce serait une preuve qu’elle n'est pas à proprement parler une 
sensation spécifique, mais une sensation tactilo-gustative spéciale, perçue, en dehors de 
la gustation, par les dents, les gencives et le voile du palais. 
L’observation de pareils cas est extrêmement rare, et, à notre connaissance, on 
pourrait compter facilement les cas publiés; encore ceux-là — trois ou quatre — font- 
ils partie, pour la plupart, des expose's cliniques généraux. 
b) Les troubles du goût consécutifs des lésions des nerfs périphériques. _ 
Nous avons longuement discuté ce point lors de l’analyse de l’innervation gustative, 
examinant les lésions du trijumeau, périphériques ou centrales. Les observations de 
Erb (1882), Archer (1878), Ziehl (1889), Senator, Müller, Krause (1873 et 1895), 
Gowers, etc.). Malgré les faits négatifs cités par Gasser et ceux de Burrows, Vogt, 
Romberg, Vizioli, Althaüs, Nixon, Cushing, les lésions du trijumeau entraîneraient des 
troubles de la gustation. Le dernier travail de Cushing plaide dans le sens négatif 
(Johns Hopkins Hospital Bulletin, 1904). Après extirpation du ganglion de Gasser pour 
des névralgies rebelles, le goût n’avait été guère modifié; à peine si se pouvait 
signaler une légère perturbation sur un ou deux tiers antérieurs de la langue. 
Les lésions du facial ont été également analysées dans les mêmes chapitres. Les 
troubles gustatifs, dans la paralysie faciale, sont assez curieux pour que j’insiste davan¬ 
tage. Ils sont plus manifestes quand la lésion est placée au-dessus de l’origine de la 
corde du tympan. Les cas de Belli.ngeri, Caldani, Neumann, Stich, Morganti, Cuzco, 
\aschide et Marchand, Vaschide et Yurpas, etc., sont démonstratifs à cet égard.
        

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