Bauhaus-Universität Weimar

GOUT. 
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de Küssmaul. 11 résulterait de ses recherches que, même chez les enfants, il existe des 
différences individuelles. Les expériences de W. PREYERSont tout aussi confirmatives. Il a 
vu son fils, le premier jour de la naissance, lécher le sucre pilé dont il avait saupoudré 
légèrement le mamelon maternel. Preyer va jusqu’à considérer que l’innervation de cer¬ 
tains mouvements de mimique et de certaines sensations gustatives est constante, 
parce qu’elle est innée. (Ouvr. cité, p. 99.) 
Le sens du goût chez le nouveau-né est constitué : il est donc capable de fonc¬ 
tionner; il perçoit l'amer à une solution de 3 p. 100 jusqu’à 5 p. 100. 
Toute saveur nouvelle provoque chez les enfants qui ont plus de 6 mois un jeu de 
physionomie qui s’approche de l’étonnement. Je renvoie le lecteur au chapitre intéres¬ 
sant de Preyer, et particulièrement à la partie concernant la comparaison des impres*- 
sions gustatives (Ouvr. cité, 100-104). L’observation faite sur son fils est des plus inté¬ 
ressantes, surtout quant à la comparaison des saveurs différentes après le sevrage. 
Les animaux nouveau-nés distinguent aussi la qualité des saveurs, selon Preyer; ses 
observations sont à lire. Il avait placé sous une coupe en verre un cobaye de 17 heures, 
et devant lui il avait mis un morceau de thymol, un morceau de camphre et un morceau 
de sucre candi. « Il tourne autour et s’arrête surtout devant le sucre, en ronge un angle 
et se met à le téter avec ardeur. On le voyait nettement, dit Preyer, sortir la langue 
et la passer contre la surface polie du cristal. Après qu’il se fut ainsi occupé pendant 
quelques minutes, avec grande satisfaction, je l’enlevai; je lui bandai les deux yeux, et 
je répétai l’expérience vingt-quatre heures plus tard. A mon étonnement il reconuut 
encore le sucre, bien qu’il n’eût ni touché au thymol ni au camphre, et qu’il ne pût le 
voir; sans doute, il se guidait par l’odorat. Il ne lécha ni le verre ni le bois, mais il 
lécha tout de suite le sucre comme précédemment et comme lorsque l’usage des yeux 
lui fut rendu (Ouvr. cité, p. 105). » 
Longet aurait doue eu tort d’écrire que « le goût est faiblement développé dans 
l’enfance » (Ouvr. cité, ni, 58). Les jeunes enfants, selon lui, mangeraient la plupart des 
aliments qu’on leur présente, les plus grossiers comme les plus délicats. Le goût se déve¬ 
lopperait à l’âge mûr, l’âge des gustations. « C’est qu’en effet, écrit-il, le goût survit à la 
perte de tous les penchants, de tous les sentiments, de tous les plaisirs; c’est souvent la 
dernière jouissance de l’homme dans la vieillesse. » 
Di Mattef (Archivio di Psichiatria, etc., xx, (3), 1900) a déterminé l’acuité gustative 
chez les enfants par rapport à l’âge et à leur sexe. Dans ces deux groupes composés, 
l’un, d’enfants âgés de 4 à 8 ans et l’autre d’enfants de 8 à 12 ans, il a constaté que 
l’acuité gustative n’est pas moins fine chez les garçons que chez les filles, comme toutes . * 
les autres sensibilités. Le salé est également perçu au même titre par les deux groupes ij 
de jeunes garçons; ils perçoivent et reconnaissent mieux l’amer que leurs camarades 
plus âgés; chez les filles, le premier groupe a une sensibilité plus fine que le second. 
Les filles auraient une sensibilité gustative plus fine que celle des garçons; pour les 
substances sapides salées, les filles et les garçons se valent. Les garçons auraient l’acuité / 
sensorielle plus fine pour les substances amères. La sensibilité gustative augmenterait 
avec l’âge, et la perception deviendrait plus pure. 
Mes recherches sur la sensibilité gustative des adultes, dont j’ai rendu compte pluv 
haut, ont montré une différence notoire entre les deux sexes; l’homme aurait une sen¬ 
sibilité plus développée (Mesure de la sensibilité gustative chez l’homme et chez la femme. 
— C. R., 21 novembre 1904, 898). 
La qualité des sensations enrichit la mémoire, et la reconnaissance des sensations 
devient plus facile. L’adulte— et à ce point de vue Longet a peut-être raison — a une 
acuité, une perception sensorielle gustative très développée, acuité qui, si l’on peut se 
baser sur les considérations vulgaires, et les données de l’observation courante, augmente¬ 
rait avec l’âge. Je doute fort que la vieillesse puisse compter dans son domaine sensoriel 
une acuité maximum; mes travaux sur la vieillesse, encore inédits, me conseillent la pru¬ 
dence devant une pareille affirmation, erronée de toute pièce, tout comme l’affirmation 
de Gall, que l’homme est très mal doué au point de vue du goût. 
7. — Les Rêves gustatifs ont été extrêmement peu étudiés. Les remarques de Brillat-Sa- 
varin sur les Rêves gustatifs constituent plutôt une causerie familière qu’un travail scien¬ 
tifique; l’analyse de ses rêves ne manque pas pourtant de finesse. Il fait remarquer que
        

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