Bauhaus-Universität Weimar

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GOUT. 
d’accord les différents auteurs, en rendant à chacun la part de mérite justement pesée, 
qui lui revient dans la recherche de ce point spécial de physiologie. 
XI 
Parmi les nerfs auxquels, en somme, sont dévolus des rôles dans la transmission des 
impressions gustatives, les uns conduisent également les incitations de la sensibilité générale 
tactile et douloureuse, les autres non. C’est ainsi que des sections portant àdiverses hauteurs 
sur tout le trajet du tronc du glosso-pharyngien privent toujours la partie postérieure de 
la langue de sa sensibilité générale tactile et douloureuse, ainsi que de sa sensibilité gus¬ 
tative. Le glosso-pharyngien est donc un nerf de sensibilité à la fois générale et spéciale. 
La section du lingual provoque également une abolition de la sensibilité générale à 
la douleur et au tact, ainsi qu’aux sensations gustatives. Mais « plus heureux ici que pour 
le glosso-pharyngien, les physiologistes, écrit Gley, sont parvenus à démontrer la réalité 
de l’indépendance fonctionnelle des deux sortes de filets contenus dans le nerf dont il 
s’agit (lingual). » (Gley, Article Gustation, loc. cit., 615.) Lussana sectionne, sur un 
chien, d'un côté le lingual périphérique dans la région sous-maxillaire après sa jonction 
avec la corde du tympan, de l'autre côté le lingual sur un point plus élevé de son trajet 
avant sa jonction avec la corde; et voici ce qu’il observe consécutivement. Du côté où 
le linguai avait déjà reçu les filets de la corde, les sensibilités tactile, douloureuse, 
aussi bien que gustative, étaient abolies à la partie antérieure de la langue; du côté où 
le lingual avait été coupé avant d’avoir reçu les filets de la corde, la sensibilité générale 
seule était abolie, le goût était conservé à la partie antérieure de la langue. Voilà une 
expérience qui dissocie nettement les deux sensibilités générale et spéciale du nerf lin¬ 
gual, et implique des directions différentes dans les voies suivies par les fibres de trans¬ 
mission de ces deux modes de sensibilité. 
D’autre part, la section de la corde du tympan provoque sinon une agueusie complète, 
du moins une agueusie partielle, un amoindrissement notable de la fonction gustative à 
la partie antérieure de la langue du côté correspondant, tout en laissant parfaitement 
intactes les sensibilités tactile et douloureuse (Lussana, Claude Bernard, etc.). 
En rapprochant ces deux données, d’une part abolition de toutes les sensibilités par 
la section du lingual mixte, et, d’autre part, abolition de la sensibilité gustative avec 
conservation du tact par la section de la corde et abolition de la sensibilité générale avec 
conservation du goût par la section du lingual avant sa jonction avec la corde, on est 
conduit à penser que les fibres, ou la plupart des fibres, transmettant les impressions 
gustatives passeraient par la corde, quel que soit d’ailleurs leur trajet ultérieur, tandis 
que les fibres de la sensibilité générale suivraient la voie du trijumeau par le lingual, le 
maxillaire inférieur, etc. Il est néanmoins probable qu’un certain nombre de fibres de 
la partie antérieure de la langue, affectées à la sensibilité gustative, suivent également 
le trajet du trijumeau, ainsi qu’il semble ressortir des expériences de Lussana, de 
Claude Bernard, etc. Cette remarque a été nettement mise en lumière par des expé¬ 
riences très décisives de J.-B. Prévost. Cet auteur a constaté dans ses expériences, après 
la section des nerfs glosso-pharyngiens et des cordes du tympan (chiens et chats), la 
persistance des sensations gustatives; cette sensibilité disparaît complètement lorsque 
la section est portée sur les nerfs linguaux. Prévost avait constaté encore la persistance 
du goût même lorsqu’il extirpe les ganglions sphéno-palatins. 
Ces expériences si précises sont, il est vrai, contredites ailleurs par les faits, et cela 
entre les mains du même expérimentateur. Voici, en effet, ce qu’écrit J.-L. Prévost. « La 
conviction, que nous avions acquise de la conservation du goût après la section des cordes 
du tympan, a été ébranlée par notre expérience VIII concernant un chat, dont le goût 
subsistait encore, quoique affaibli, après la section des glosso-pharyngiens, et chez lequel 
la section des cordes du tympan a produit un tel affaiblissement du goût, que nous con¬ 
sidérons ce sens comme complètement aboli. » 
Il semble ainsi en dernière analyse, que, si quelques fibres affectées au goût à la partie 
antérieure de la langue passent par le tronc nerveux du trvumeau, la plupart passent par 
la corde du tympan, quel que soit d’ailleurs le trajet plus ou moins compliqué qu’elles par¬ 
courent pour arriver aux centres nerveux.
        

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