Bauhaus-Universität Weimar

GOUT. 
613 
homme de trente ans contracte la syphilis ; trois mois après, il ressent une violente 
douleur dans l’oreille droite, puis bientôt dans la gauche et devient absolument sourd. 
On constate, à son entrée à l’hôpital, tous les signes classiques de la diplégie faciale, 
avec intégrité complète des fonctions de la Ve paire et sensibilité intacte. Tous les sens 
étaient parfaitement normaux, sauf l’ouïe et le goût. Ce dernier point constitue le fait 
intéressant de l’observation. La gustation était nulle au niveau des deux régions antéro¬ 
latérales. Des solutions d’acide citrique, de quinine, de sel, de coloquinte n’étaient 
aucunement perçues, lorsqu’on promenait le pinceau sur la pointe de la langue ; a la hase, 
les saveurs étaient au contraire parfaitement appréciées. De môme, à la partie anté¬ 
rieure de la langue, l’application de deux plaques métalliques par lesquelles on faisait 
passer un courant ne développa aucun goût. Le malade avait de plus du vertige, que Ton 
rapporta à son affection auriculaire. Nixon considéra le cas comme une méningite bacil¬ 
laire d’origine syphilitique, ayant envahi les deux temporaux et donné lieu à de l’otite. » 
Valentin (loc. cit.) avait décrit chez le chien un rameau, qu’il désigna sous le nom de 
nerf sphénoïdal, qui allait du maxillaire supérieur au maxillaire inférieur et au linguall 
Schiff (loc. cit.) avait supposé que certaines filmes suivaient la voie du rameau sphénoïda. 
pour aller du ganglion sphéno-palatin au maxillaire inférieur. Mais de nouvelles 
recherches anatomiques n’ont pas permis de retrouver chez I homme ce rameau sphé¬ 
noïdal décrit par Valentin chez le chien. 
Dans le chapitre précédent nous avons vu qu’une des premières raisons, qui avaient 
fait supposer que la corde du tympan jouait un rôle dans la gustation, était la coexis¬ 
tence de troubles dans les fonctions du goût avec une paralysie faciale; mais il s’agissait 
toujours d’une paralysie faciale interne, s’accompagnant de troubles gustatifs. 
Contrairement cà cette constatation, Stich (loc. cit.) observa des lésions du goût dans 
des paralysies faciales externes. Pour expliquer de tels cas, Stich admit l’existence 
d’anastomoses périphériques. Pour lui certaines fibres, venant de la corde, au lieu de 
remonter du côté des centres encéphaliques le facial intrapétreux, descendraient au 
contraire le tronc nerveux en dehors du rocher, et viendraient s’anastomoser vers la 
périphérie à la face avec des branches périphériques du trijumeau. De sorte que le trajet 
suivi serait l’extrémité périphérique du lingual, la corde, le facial, dont elles suivraient 
les filets descendants du côté de la face, les anastomoses périphériques du facial et du 
trijumeau, et remonteraient par les maxillaires inférieurs et supérieurs et le trijumeau. 
Mais les faits de paralysies faciales externes, sur lesquels se basait Stich, ont été mis 
en doute principalement par Mathias Duval (loc. cit.), qui a objecté que dans les cas 
dont il a été question la tumeur pouvait toucher et comprimer la corde vers l’aqueduc 
de Fallope. L’observation, qui servait de point d’appui à celte conception, pèche donc 
par un manque de précision dans le détail. 
D’autres critiques lui ont d’ailleurs été adressées dans la façon dont les recherches 
expérimentales ont été conduites, on leur a reproché de manquer de précision et de 
précautions, en ce sens que l’auteur n’a pas judicieusement distingué ce qui revient au 
goût de ce qui doit être imputé à un défaut d’adaptation dans les organes accessoires 
(joues, lèvres, etc.). 
III. Le chemin suivi est le glosso-pharyngien. — Nous avons relaté plus haut l’observation 
de Cabl (loc. cit.) chez qui, le facial, le trijumeau et la corde n’étant pas lésés, on obser¬ 
vait une abolition du goût, tandis que le tact était parfaitement conservé. La lésion 
dans ce cas portait sur l’oreille moyenne. Pour expliquer ce désordre, cet auteur admit 
que la lésion avait dû toucher le nerf de Jacobson. Par ce rameau nerveux passeraient 
donc des filets gustatifs. De sorte qu’ici la corde ne renfermant pas de filets gustatifs, 
ceux qui se trouvaient dans le lingual, suivaient pour arriver jusqu’aux centres nerveux 
le trajet suivant : lingual, maxillaire inférieur, ganglion otique, petit pétreux superficiel, 
petit pétreux profond, nerf de Jacobson et glosso-pharyngien, dont ils suivaient la 
direction jusqu’au bulbe. 
Une conception analogue ou plutôt assignant en dernière analyse au glosso-pharyngien 
les fibres trouvées à l’origine dans le lingual et suivant ou non la corde du tympan avait 
déjà été soutenue par Duchenne (de Boulogne) (loc. cit.) et par Krause (Die Nerven-Endi- 
gung in der Zunge des Menschen, Göttinger Nachrichten, 1870). Le premier pensait que 
la corde recevait une branche du glosso-pharyngien par le nerf de Jacobson et par le
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.