Bauhaus-Universität Weimar

GLYCOGÈNE. 
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Nous avons ici ce fait très important que les grenouilles auxquelles Minkowski a 
extirpé le pancréas n’ont pas de diabète, tandis que Aldehoff obtient un diabète 
douteux, et Marcuse, un diabète très prononcé. On voit qu’il dépend de l’opérateur que 
l’extirpation totale du pancréas chez la grenouille produise le diabète ou non. Minkowski, 
qui possède une grande habileté, et qui a, comme il dit, bien étudié l’anatomie du pan¬ 
créas chez la grenouille, et fait ensuite l’opération aussi soigneusement que possible, 
constate l’absence du diabète après l’extirpation totale, et cette constatation ne lui est 
sûrement pas très agréable. Voilà pourquoi il a si souvent répété l’expérience avec des 
grenouilles d’été et des grenouilles d’hiver. Que Marcuse ait obtenu des résultats si déci¬ 
sifs après l’extirpation totale, c’est ce qu’on peut bien comprendre quand on lit comment 
il a opéré les grenouilles, et maltraité la cavité abdominale. Marcuse dit en effet : 
« Comme les lésions secondaires qui accompagnent nécessairement l’extirpation du 
pancréas de la grenouille pendant l’opération (ligature d’une partie d’importants vais¬ 
seaux hépatiques, du canal cholédoque et grandes déchirures de péritoine sans asepsie ni 
antisepsie), avaient pour conséquence des maladies très compliquées visibles par l’état 
des grenouilles après l’opération (violentepéritonite, légère atrophie du foie, stase sanguine 
dans l’abdomen), il semble que l’influence de ces maladies (péritonite purulente, nécrose 
du duodénum), limitant et même excluant le diabète, constatée par Minkowski chez les 
animaux à sang chaud, n’existe pas chez les animaux à sang froid. » Ces conclusions 
finales sont très bizarres. Après que Marcuse a vu que Minkowski, malgré sa grande 
habileté, n’avait pas obtenu le diabète par l’extirpation totale du pancréas chez les 
grenouilles, il ne vient pas à Marcuse la supposition que le diabète produit par lui 
pourrait être la conséquence des graves traumatismes de la cavité abdominale. 
Pour expliquer les contradictions entre 0. Minkowski et Marcuse, il faut donc sup¬ 
poser, ou que l’extirpation totale chez la grenouille a bien réussi à Marcuse et que de 
petits résidus ont échappé à Minkowski, ou que Minkowski a fait l’opération avec plus 
de ménagement, de sorte qu’elle n’était plus assez efficace pour déterminer une exci¬ 
tation réflexe suffisante de glycogénie, ou que ces deux éléments interviennent. 
Minkowski (A. P.P.,xxxi, 9, tiré à part, 1893) dit que chez les oiseaux (pigeons, canards), 
il n’y a pas d’excrétion de sucre après l’extirpation du pancréas. » Minkowski ajoute 
ceci : « Le pancréas est chez ces animaux plus facilement accessible que chez les mam¬ 
mifères. La longue étendue du duodénum allant jusqu’au petit bassin et enfermant le 
pancréas entre ses deux portions est très mobile, et peut être facilement retirée par une 
petite incision,faite soit à la ligne blanche, soit transversalement sous le bord inférieur 
du sternum. Cependant il n’est pas facile d’enlever totalement l’organe sans amener 
un trouble de nutrition de l’intestin donnant lieu à une nécrose. Les 3-4 lobes de la 
glande munis de conduits spéciaux vont des deux côtés du feuillet mésentérique en 
union étroite avec les vaisseaux qui irriguent l’intestin. Ils doivent être préparés avec 
de grandes précautions, et l’on doit opérer, avec des fils très fins, la ligature des 
branches latérales des vaisseaux conduisant à la glande, etc. 
« De cette façon, j’ai réussi à conserver en vie, après l’extirpation totale du pancréas,. 
3 pigeons et 2 canards. Un canard fut tué le septième, un autre le dix-huitième jour,, 
après l’extirpation du pancréas. Comme il fallait s’y attendre, à l’autopsie on n’a pas 
trouvé trace du tissu du pancréas. Pas un de ces animaux n’a sécrété, même passagè 
rement, du sucre dans l’urine. Tous ont présenté les troubles de digestion connus déjà 
par les recherches de O. Langendorff (A. P., 1879, 1-35) (résorption défectueuse des 
graisses et des amylacés); mais, même après une nourriture abondante avec du pain et 
des pommes de terre, une fois même après une ration de 15 gr. de sucre de canne, et 
une autre fois après une ration de 15 gr. de sucre de raisin, il n’y avait pas de sucre 
dans les excréments. Chez un canard, le sang contenait, dix-huit jours après l’extirpation 
totale, seulement 0,136 p. 100 de sucre, donc une quantité très normale. » Ces- 
recherches furent répétées et confirmées par H. Weintraud (A. P. P., xxxiv, 303), et Lan¬ 
gendorff. Des recherches ultérieures ont prouvé que le pancréas des oiseaux ne se dis¬ 
tinguait pas en principe de celui des mammifères. 
D’après les recherches de O. Langendorff, l’extirpation totale du pancréas a produit 
une glycosurie chez le vautour. Weintraud a répété l’expérience sur un faucon avec un 
résultat positif. Il a noté ensuite une glycosurie, qui dura jusqu’à la mort, laquelle eut
        

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