Bauhaus-Universität Weimar

18 
GALVANOTAXIE. 
ment le phénomène galvanotactique à une simple réaction de chimiotaxie. Or il a été 
déjà dit plus haut que certains faits parlent contre l’hypothèse de Lœb et Budgett, 
d’une action purement chimique du courant galvanique. Pütter a fait valoir des argu¬ 
ments très probants contre la théorie électrolytique de la galvanotaxie. Il s’élève sur¬ 
tout contre une expérience de Lœb que ce dernier interprète en faveur de sa théorie 
de l’excitation galvanique. Lœb, plaçant les paramécies dans uhe solution physiologique 
de chlorure de sodium traversée par un courant galvanique, a vu que les infusoires 
ne se dirigent plus en avant vers la cathode, comme cela a lieu dans toute expérience 
de galvanotaxie, mais qu’elles nagent toutes en arrière vers l’anode. Le même phéno¬ 
mène s’observe lorsque les paramécies se trouvent dans une solution physiologique de 
chlorure de sodium sans être soumises à l’action du courant. Lœb croit que cette 
expérience parle en faveur de l’action électrolytique du courant. Ce n’est pas l’avis de 
Pütter,. d’après lequel le déplacement rétrograde des infusoires dans une solution de 
chlorure de sodium résulte tout simplement d’une modification du battement des cils à 
la suite d’une irritation chimique qui s’exerce sur toutes les parties du corps. Lorsque 
les animaux s’adaptent à ce nouveau milieu, ils ne manifestent plus cette réaction rétro¬ 
grade et se dirigent sous l’influence du courant galvanique en avant vers la cathode 
aussi nettement que lorsqu’ils se trouvent dans leur milieu habituel. L’opinion de Lœb, 
d’après laquelle la galvanotaxie anodique de l’opaline serait l’effet du milieu salé dans 
lequel cet infusoire parasite doit être étudié, n’est pas non plus admise par Pütter qui 
a vu dans le même milieu, sous l’influence du courant, Opalina se rendre à l’anode et 
Balanthidium à la cathode. Cette expérience prouve bien que la constitution du milieu 
n’est pas le facteur déterminant du phénomène galvanotactique. Pütter, en se basant 
sur les faits précédents et sur ceux qu’ont établis Verworn, Ludloff et Pearl, conclut 
que la théorie de Lœb n’est pas admissible, que la galvanotaxie n’est pas l’effet des 
actions électrolytiques du courant, et qu’elle résulte de l’action directe de ce dernier 
sur l’irritabilité propre du protoplasma. 
Quelques physiologistes se sont appliqués tout récemment à interpréter les mouve¬ 
ments d’orientation galvanotactique des organismes unicellulaires nageant dans de 
l’eau parles actions cataphoriques du courant qui traverse le liquide. Une théorie cata- 
phorique de la galvanotaxie est soutenue surtout par Birukoff. Déjà Carlgren a cherché 
à expliquer par un phénomène cataphorique les actions polaires du courant chez les 
organismes unicellulaires nageant dans l’eau. Ses expériences sont très instructives à cet 
égard, et paraissent ne laisser aucun doute sur la possibilité de produire à l’aide du cou¬ 
rant galvanique certaines modifications protoplasmiques absolument identiques chez 
l’animal vivant ou mort. Carlgren a vu, chez les colonies de Volvox aureus placées dans 
une solution de gélatine et soumises à l’action d’un courant fort, les changements de 
forme et le transport de Parthenogonite vers l’anode s’effectuer aussi bien pendant la 
vie qu’après la mort. De même il a pu observer chez les paramécies et chez les amibes 
après la mort des modifications protoplasmiques provoquées par la fermeture du courant, 
analogues à celles que l’on a décrites chez ces organismes vivants. De là il conclut 
que tous les phénomènes que l’on observe dans le corps cellulaire des protistes lors du 
passage d’un courant, sont de nature physique, et dues à l’action cataphorique de ce 
dernier, action qui se traduit par la propriété que possède le courant de transporter 
le liquide d’un pôle à l’autre. C’est dans cette catégorie de phénomènes physiques que 
Carlgren range la plupart des faits observés par Verworn à la suite de l’action polaire 
du courant. Cependant il garde une certaine réserve vis-à-vis de quelques phénomènes, 
comme la contraction anodique chez la paramécie, l’expulsion des masses granuleuses 
du côté de l’anode chez Pelomyxa, et d’autres faits du même ordre, qu’il hésite à attri¬ 
buer exclusivement à l’action cataphorique du courant, et qu’il croit devoir ranger plutôt 
dans la catégorie des phénomènes produits par la contraction anodique. 
Birukoff est moins hésitant : il se prononce catégoriquement en faveur de la nature 
cataphorique du phénomène galvanotactique chez les organismes unicellulaires. Cet 
expérimentateur s’est servi du courant faradique pour étudier les phénomènes électro¬ 
tactiques chez les paramécies : il a constaté que les infusoires se meuvent toujours dans 
la partie du liquide où l’intensité du courant est la plus faible et se disposent à la sur¬ 
face des électrodes de manière à laisser libre les parties où la densité du courant est la
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.