Bauhaus-Universität Weimar

GÉOTROPISME DES VÉGÉTAUX. 
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par le fait de l’incurvation qui soustrait l’organe à l’excitation unilatérale). Le temps 
que met la courbure à s’accomplir (temps de riposte) paraît dépendre surtout des condi¬ 
tions extérieures. Quant à l’intensité de la réaction, elle suit la loi de Weber. Tous ces 
résultats sont dus à Czapek. 
§ H. — Lieu et mode de perception ou de sensation. — Une expérience de Ciesielski 
(1871) tend à faire admettre la localisation de la sensibilité géotropique des racines 
dans le sommet de ces organes. Quand on coupe l’extrémité d’une racine en suppri¬ 
mant même le point végétatif, l’organe mutilé devient incapable de subir des cour¬ 
bures géotropiques, bien que continuant à s’allonger vigoureusement (il s’incurve par¬ 
fois, mais dans une direction quelconque). Ch. Darwin attribua dès lors au sommet 
de la racine une fonction cérébrale. Cette expression osée et les résultats contradic¬ 
toires obtenus par divers auteurs ont fait mettre en doute la réalité du phénomène. 
L’expérience réussit toujours, d’après Czapek, lorsqu’on ne supprime que les deux der¬ 
niers millimètres et qu’on laisse subsister la région de croissance maximum (le troisième 
millimètre à partir de l’extrémité). La régénération des tissus est accomplie au bout de 
quarante-huit heures (Prantl) ; à ce moment, la courbure réapparaît (Czapek). Le fait 
n’est pas contestable. Mais la perte du géotropisme peut être simplement le résultat du 
trouble produit par la mutilation. Wiesner a soumis à l’action d’une force centrifuge 
variant de 20 à 40 gr. des racines décapitées et des racines intactes : dans les deux cas, 
les racines se dirigent vers l’extérieur du disque du clinostat. Cette expérience permet- 
elle de conclure contre la manière de voir de Darwin? 
Czapek fait pousser des racines intactes dans de petits tubes de verre coudés et 
fermés à une extrémité ; il obtient ainsi des racines dont les deux derniers millimètres 
font un angle droit avec le reste de l’organe. Les courbures géolropiques se manifestent 
dans ces racines, toutes les fois que le sommet n’est pas orienté verticalement, quelle 
que soit, d’ailleurs, la position de la partie principale de l’organe. La sensibilité serait 
donc localisée dans les deux derniers millimètres, alors que la région incurvable est 
longue de dix millimètres. 
Si l’on admet la géo-esthésie, il y a lieu de se demander comment la plante perçoit 
l’excitation de la pesanteur et comment l’irritabilité se transmet de la région sensible 
à la région qui réagit (sur ce dernier point, voir Irritabilité). 
Czapek trouve la cause de la sensibilité dans le poids des cellules ou plutôt dans la 
pression qu’exercent l’un sur l’autre les éléments cellulaires. Il existerait dans la 
racine une structure géotropique (agencement des cellules en files longitudinales et en 
anneaux concentriques). Tout repose dans la répartition de la pression transversale, la 
seule dont il faille tenir compte. Les explications données par l’auteur sont peu claires. 
La racine principale réagit plus énergiquement sous une inclinaison de 133° que sous 
une inclinaison de 45°, parce que la pression s’exerce vers la base des files cellulaires 
dans le premier cas, vers le sommet dans le second. La différence que l’on constate 
entre les radicelles et la racine-pivot tient à une certaine relation entre la perception 
et l’action. Noll combat celte théorie en s’appuyant sur ses recherches relatives à 
l’influence des pressions artificielles. 
Noll explique la sensibilité par un phénomène mécanique. Les plantes posséde¬ 
raient des organes comparables aux otocystes des animaux. Les otocystes servent à 
l’orientation (Goltz, Yves Delage); le nom de statocystes leur convient mieux (Verworn). 
Un statocyste se compose schématiquement d’une cavité entourée d’un épithélium 
sensoriel et de corps lourds, otolithes ou mieux statolilhes. L’animal est en équilibre, 
quand les statolithes portent sur une région non sensible de l’épithélium. Mais Noll 
ne décrit aucun organe pouvant jouer ce rôle chez les végétaux. 
Haberlandt a donné à cette hypothèse une forme concrète. C’est la cellule entière 
qui est le statocyste : la membrane protoplasmique superficielle joue le rôle d’épithé¬ 
lium sensoriel ; les statolithes sont représentés par les grains d’amidon mobiles, peut- 
être aussi par d’autres corps lourds. Récemment, Giesenhagen a attribué ce rôle à des 
corpuscules brillants, signalés par Zacharias dans les poils des Chara. 
Haberlandt expose, à l’appui de sa thèse, un grand nombre de faits, malheureusement 
contestés pour la plupart. L’amidon ne peut jouer le rôle de statolithe que s’il a la 
possibilité de se déplacer dans la cellule et s’il est assez lourd pour descendre sous 
DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME VII. 7
        

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