Bauhaus-Universität Weimar

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GÉOTROPISME DES VÉGÉTAUX. 
Mais, indépendamment de cette action unilatérale ou inéquilatérale, les facteurs 
extérieurs peuvent modifier le géotropisme. La lumière, quelle que soit sa direction, et 
même si elle n’agit que durant un laps de temps court, provoque l’inflexion vers le bas 
du rhizome horizontal de YAdoxa; elle produit aussi sur diverses plantes une diminution 
de l’angle que les radicelles font avec la verticale (Stahl). Le géotropisme varie avec la 
température (Lidforss) : la tige de l’Holosteum, celle du Lamium, normalement dressées, 
accomplissent leur cycle évolutif comme organes diagéotropiques avec épinaslie, à une 
température basse. Dans l’eau, les courbures géotropiques sont plus faibles que dans l’air 
humide (Soposchnikoff). 
Goebel, Schenk, Schimper ont observé, chez des plantes vivant sur les rivages tropicaux 
et partiellement submergées à marée haute, des racines qui surgissent du sol et se 
dressent verticalement dans l’air (Sonneratia, Lythracées; Avicennia, Yerbénacées). On 
les a comparées à des asperges. Or, Jost a obtenu des racines émergeant du sol, en 
maintenant sous l’eau la base de la canne à sucre du Raphia. Goebel et Erikson signalent 
des faits analogues chez des plantes profondément immergées [(Rumex, Carex) qui, 
normalement, ne présentent pas ce caractère. Il s’agit évidemment dans les racines- 
asperges d’une modification du même ordre; mais cette adaptation semble s’être fixée 
et se transmettre héréditairement. 
Par contre, il existe, chez, certains végétaux aquatiques, des tiges à géotropisme 
positif. C’est le cas de divers rameaux tuberculeux, vivant dans la vase et plus légers que 
Veau; sans cette particularité d’orientation, ils seraient exposés à être emportés par les 
courants. Les rameaux flottants, négativement géotropiques à l’état jeune, deviennent 
indifférents (Frank, Hochreutiner). 
Enfin, c’est un fait bien connu des horticulteurs qu’il suffit de couper la flèche d’un 
arbre pour que le rameau supérieur ou les rameaux les plus voisins du sommet 
prennent la direction verticale. Les radicelles se comportent de même, et se substituent 
au pivot, quand on supprime une partie de la racine principale (Sachs). 
Tels sont les caractères extérieurs du géotropisme : étudions maintenant de plus 
près le phénomène. 
II. — Nature du phénomène. — On a aujourd’hui tendance à considérer le géo¬ 
tropisme comme un phénomène d’irritabilité, dans lequel la pesanteur intervient en tant 
que cause déterminante. Cette conception de Dutrochet (1828) a été précisée par Sachs et 
Pfeffer. La gravitation provoque un changement physico-chimique, d’où résulte une 
réaction géotropique de la plante, réaction qui n’est pas localisée dans la région de 
perception. La plante aurait la faculté de sentir l’excitation de la pesanteur (géoesthésie 
de Czapek). L’énergie nécessaire à l’accomplissement du travail extérieur, souvent con* 
sidérable (par exemple, le redressement du chaume et de l’épi chez les Graminées qui 
ont versé) est fournie non par la pesanteur, mais par l’activité vitale de la plante. 
§ I. — Phases du phénomène. — Le géotropisme est un phénomène induit ou para- 
tonique. Les courbures ne se manifestent que si l’exposition de la plante à l’action flé¬ 
chissante de la pesanteur a atteint une certaine durée minimum (temps de présentation 
de Czapek, seuil de durée). Une fois cette limite de temps dépassée, l’organe s’incurve, 
même s’il a été ramené à sa position normale. Le temps de mémoire est fort long; des 
racines incluses dans du plâtre (pour empêcher toute incurvation) sont placées d’abord 
horizontalement, durant un laps de temps supérieur au seuil de durée : on les porte 
ensuite sur le clinostat de façon à les soustraire à l’action de la pesanteur. Au bout de 
plusieurs heures, on les oriente verticalement en enlevant le gypse. On constate alors 
que la courbure, due à l’excitation du début de l’expérience, se produit (Czapek). Sous 
l’influence d’une excitation intermittente, la courbure géotropique se manifeste comme 
si l’excitation avait été continue (Noll, Jost). La plante réagit à la force centrifuge jus¬ 
qu’à ce que cette dernière soit abaissée à une intensité égale à 0,001 g (Czapek). 
Le laps de temps qui s’écoule entre le commencement de l’excitation et le com¬ 
mencement de la réaction (temps de réaction de Czapek, temps de latence de Massart) 
est plus long que le temps de présentation. Le temps de latence s’abaisse de 6 heures à 
1 h. 45 m., quand l’intensité de la force centrifuge croît de 0,001 à 1 gr.(pour la racine 
du Lupin, à 30°) ; il descend à45 min. pour une force égale à 40 gr. Le temps de latence 
diminue, quand la durée de l’excitation augmente (cette dernière durée est limitée
        

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