Bauhaus-Universität Weimar

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FATIGUE. 
guer dans le muscle une diminution double d’excitabilité. En premier lieu, la diminution 
d’excitabilité dans l’unité de temps, et qui se manifeste progressivement depuis la pre¬ 
mière secousse jusqu’à la dernière. En second lieu, la diminution d’excitabilité pendant 
une secousse entière ; celle-ci apparaît quand l’allongement de la phase de raccourcis¬ 
sement musculaire ne peut plus compenser la perte du travail dans l’unité de temps. 
Le processus de la fatigue se divise donc en deux phases : 1° phase préliminaire, pen¬ 
dant laquelle les contractions augmentent en étendue (escalier) et en durée ; 2° phase 
plus longue, pendant laquelle elles continuent à augmenter en durée, mais diminuent 
progressivement en étendue. La fig. b, empruntée à A. Waller, indique ces deux phases. 
Le même auteur a étudié l’influence de la fatigue sur le muscle vératrinisé. Il a vu 
l’effet caractéristique de la vératrinisation (allongement de la contraction) disparaître 
par la répétition du mouvement (fatigue) et réapparaître pendant la réparation. 
Le phénomène de l’escalier a été observé par un grand nombre d’auteurs, aussi bien sur 
les muscles des animaux à sang chaud que sur ceux des animaux à sang froid, avec ou 
sans circulation, pour les excitations directes et indirectes, pour le muscle travaillant en 
charge ou en surcharge. Le phénomène de l’escalier (constaté pour la première fois par 
Fig. 5. — (D’après Waller) Effets de la fatigue dans un gastrocnémien de grenouille. 
Au début, les contractions deviennent plus hautes et plus longues, plus tard elles diminuent de hauteur, 
imbriquées verticalement. 
Bowditch en 1871 sur le muscle cardiaque) paraît paradoxal; car l’excitation maximale 
ne produit pas le maximum d’effet quand elle agit pour la première fois, mais seule¬ 
ment quand elle se suit à intervalles réguliers. La cause de l’escalier n’est pas encore 
bien élucidée. Bowditch suppose que la résistance que les contractions doivent sur¬ 
monter va en diminuant progressivement. Ch. Richet partage la même opinion, en 
expliquant l’escalier par un phénomène d’addition latente. Tiegel admet que l’escalier 
des muscles curarisés est dû à l’accélération de l’afflux sanguin par suite de l’excitation 
des vaso-dilatateurs. (Le curare produit une hyperémie manifeste.) D’après Kronecker, 
ce phénomène est dû à une augmentation d’excitabilité du muscle, par suite de son 
échauffement. Biedermann admet que l’excitabilité du muscle augmente au début, grâce 
à l’accroissement graduel du processus d’assimilation. Trêves partage la même manière 
de voir. A. Mosso, qui obtint aussi l’escalier dans les expériences ergographiques sur 
les muscles de l’homme, considère ce phénomène comme étant lié à un léger degré de 
fatigue du muscle et explique l’augmentation d’excitabilité par une espèce de massage 
que le muscle en se contractant exerce sur lui-même. A. Broca et Ch. Richet interprètent 
l’escalier de la courbe ergographique de l’homme comme un phénomène d’excitabilité 
graduellement croissante, du à la vaso-dilatation du muscle, d’oii résulte une restaura¬ 
tion de plus en plus parfaite. « C’est un phénomène d’entraînement, disent-ils, mais 
non d’entraînement à longue échéance, tel qu’on l’observe dans les exercices du corps 
chez les athlètes, les gymnastes, les coureurs; c’est un entraînement immédiat, et qui se 
fait pendant le travail même. » 
D’après Kohnstamm, le phénomène de l’escalier est dû à la diminution de l’interférence 
du processus de raccourcissement et du processus de relâchement, grâce au ralentisse¬ 
ment de ce dernier (théorie de Fick). Schenck exprime une opinion analogue. L’escalier 
est beaucoup plus accentué quand la circulation n’est pas arrêtée; il apparaît pourtant 
aussi dans un muscle exsangue. 
Ainsi presque tous les auteurs considèrent le phénomène de l’escalier comme dû à 
une augmentation d’excitabilité; mais l’excitabilité ne peut se mesurer uniquement par
        

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