Bauhaus-Universität Weimar

948 
G A L VA N I. 
Les commentateurs de Galyani, et parmi eux son neveu Giovanni Aldini, ont donné 
de nombreuses variantes de cette célèbre expérience : d’après Aldini le crochet traver¬ 
sant la moelle aurait été de cuivre (œreus) et non de fer, ce qui modifie, on le com¬ 
prend, l’interprétation qu’il convient de proposer à ce phénomène. 
Galvani transforma son dispositif expérimental de toutes façons ; on ne peut qu’admi¬ 
rer son ingéniosité et sa persévérance; dans un domaine où, un siècle après lui, nous 
cherchons encore notre voie, il réalisa toutes les démonstrations essentielles; il vit naître 
ces surprenantes contractions musculaires au contact des métaux; il en rechercha la 
cause, et parvint, avec une sagacité à laquelle on doit rendre hommage, à distinguer ce 
qu’il appelait « elettricila de metalli » de « l’électricité animale ». Il obtint, en effet, des 
contractions en mettant le nerf et le muscle en communication l’un avec l’autre par un 
arc formé d’un seul métal, comme il les obtenait avec deux métaux. Il arriva ainsi à 
se convaincre de l’existence de l’électricité animale, et notamment de ce que l’on a 
appelé depuis « le courant propre de la grenouille ». Après plusieurs années de 
patientes recherches, Galvani formula sa théorie; elle se résume dans cette proposition 
fondamentale : « Tous les animaux posséderaient une électricité particulière, répandue 
dans toutes les parties de leur corps; elle serait sécrétée par le cerveau et distribuée par les 
nerfs; les réservoirs principaux de l’électricité animale seraient les muscles, dont chaque 
fibre représenterait pour ainsi dire une petite bouteille de Ley de. » 
L’apparition du mémoire de Galvani fit grande sensation dans le monde entier; il 
faut reconnaître du reste que ces surprenantes expériences étaient bien faites pour 
éveiller la curiosité de la foule et intriguer les chercheurs; physiciens et physiologistes 
s’empressèrent de les répéter et de les interpréter. Valli, Powler, Humboldt, Aldini, se 
rangeant à la manière de voir de Galvani, s’attachèrent à défendre l’idée de la circula¬ 
tion électrique; le « fluide » né dans les appareils nerveux et distribué par les conduc¬ 
teurs nerveux à tous les organes aurait engendré les contractions musculaires « en se 
recomposant » ; si l’on produisait des contractions en mettant par un arc conducteur un 
nerf et un muscle en communication, c’est parce que « les fluides pouvaient se recom¬ 
poser » par l’intermédiaire de cet arc. 
D’autres savants contestèrent cette interprétation; parmi les plus ardents contradic¬ 
teurs de Galvani, se trouvaient Ackermann, Pfaff et surtout Volta. 
Yolta était professeur de physique à Pavie; il s’était déjà signalé, au moment de sa 
lutte avec Galvani, par des découvertes importantes, telles que l’électrophore, l’électro- 
mètre condensateur, l’eudiomètre; Volta avait commencé par adopter les vues de Gal¬ 
vani sur l’origine de l’électricité animale; puis il avait quitté cette voie, attribuant 
les phénomènes observés au contact des métaux avec les parties vivantes. En vain Gal¬ 
vani répondait-il que l’on pouvait obtenir des contractions en réunissant nerf et muscle 
par un arc formé d’un seul métal; bien plus, que la présence du métal n’était pas indis¬ 
pensable, les résultats étant les mêmes lorsque Ton mettait en contact immédiat les nerfs 
lombaires et les muscles cruraux; il ne parvint pas à convaincre ses contradicteurs. 
Pendant onze années la discussion se poursuivit; dans une série de mémoires dont 
plusieurs sont dédiés à Spallanzani, Galvani s’efforce de répondre aux objections de 
Yolta et aux questions dont on l’accable de toutes parts; il varie ses expériences, il 
poursuit avec ténacité, et souvent avec une admirable patience, la série des arguments qui 
‘ lui paraissent justifier sa théorie, il complète ses premiers travaux et s’efforce même 
d’appliquer ses découvertes à la pathologie; c’est ainsi qu’il explique par l’influence de 
l’électricité la production des paralysies, des tétanos et des convulsions; il attribue 
l’épilepsie au transport violent de l’électricité vers le cerveau et conseille de faire une 
ligature autour des membres pour arrrêter ce transport. Gomme d’autres l’avaient fait 
avant lui, il propose de traiter diverses maladies par l’électricité et particulièrement par 
le bain électrique. 
La polémique de Volta et de Galvani est d’autant plus intéressante à suivre qu’elle 
permet de voir naître et grandir, en s’alimentant sans cesse de faits nouveaux, la 
théorie de la pile; incontestablement les travaux de Galvani exercèrent la plus grande 
influence sur l’esprit de Volta, et préparèrent la découverte qui a immortalisé le nom du 
physicien de Pavie. 
Si la physiologie ne peut pas oublier que l’invention de la pile musculaire, due à
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.