Bauhaus-Universität Weimar

GALIEN. 
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Galien s’étendent à toutes les connaissances médicales, à l’anatomie et à la physiologie, 
cà la thérapeutique, à la psychologie et même à cette philosophie basée sur l’étude des 
sciences naturelles dont le médecin de Pergame a clairement entrevu la grandeur. 
L’œuvre de Galien est immense : il résume dans ses livres toute la science de ses devan¬ 
ciers, il s efforce de la coordonner, d’en faire la critique, de donner un corps et une 
organisation rationnelle à la médecine, d’établir des règles et des lois; mais, de plus, 
Galien expérimente, il dissèque, il rattache les structures qu’il découvre aux fonctions' 
qu’il met en lumière, et c’est par cette tendance vraiment scientifique qu’il parvient à 
rendre à la physiologie des services inestimables. C’est particulièrement à ce point do 
vue que nous devons envisager sa carrière et ses écrits. 
Galien naquit à Pergame, ville de Mysie, non loin de Smyrne, l’an 128 de notre ère, 
au temps de l’empereur Adrien. Cette date a été contestée : Sprengel1, Labbe 2, Daniel 
Leclerc, Marquis3, Hahn4 placent la naissance de Galien en l’an 131; mais il’résulte 
d’une étude attentive des textes, faite par Jean Goulin, professeur d’histoire de la 
médecine de Paris en 1795, que c’est bien en 128, à la fin du mois d’août ou au com¬ 
mencement de septembre, que Galien a vu le jour. (J. Goulin, Encycl. mèthod. méd. 
Art. « Galien ».) 
La ville de Pergame possédait un temple d’Esculape et une bibliothèque contenant 
au dire de Plutarque, deux cent mille volumes. Cette bibliothèque avait été fondée 
plusieurs siècles auparavant par Eumène, deuxième roi de Pergame, contemporain de 
Ptolemee IL Celui-ci, sans doute dans le but de favoriser le développement de la biblio¬ 
thèque d’Alexandrie, ayant interdit l’exportation du papyrus égyptien, Eumène fit 
fabriquer à Pergame du « papier de peau » et cette fabrication devint bientôt une 
industrie locale (pergamena Charta). 
Lors de la conquête romaine (46 av. J.-C.), Antoine fit transporter à Alexandrie 
1 ancienne bibliothèque des rois de Pergame: nous ignorons ce qui pouvait en être resté 
dans la patrie de Galien au ne siècle de notre ère. Quoi qu’il en soit, sous la domination 
romaine, la ville avait conservé une certaine importance : Galien nous dit que sa popu¬ 
lation était de 80000 citoyens et 40000 esclaves. 
La biographie de Galien a pu être établie de la manière la plus complète, saufen ce 
qui concerne la date et le lieu de sa mort; ainsi nous savons de lui tout ce qu’il a pu 
nous dire lui-même; en effet, pendant qu’HippocRATE ne se mentionne pas dans ses 
œuvres, Galien ne laisse échapper aucune occasion de nous initier aux circonstances de 
sa vie : sa personnalité, très accusée, se révèle ainsi dans les moindres détails. 
Le père de Galien s’appelait Nicon; il exerçait la profession d'architecte- il était 
sénateur de Pergame, riche et érudit; il voulut donner à son fils le nom de Ta^voç qui 
veut dire calme, doux, comme pour lui souhaiter de ne pas hériter du caractère de sa 
mère, qui était violent et emporté. 
A la fois philosophe, mathématicien, connaissant à fond tous les dialectes de la 
langue grecque, Nicon fut le premier précepteur de son fils. Il l’instruisit particuliè¬ 
rement dans la dialectique et dans la philosophie, circonstance qui semble avoir exercé 
une influence décisive sur le développement intellectuel et moral de Galien. A l’â^e de 
quinze ans celui-ci avait déjà été initié aux doctrines de Platon et d’ARisTOTE, d’EpmuRE 
et de Chrysippe; et c est un trait marquant de son caractère que d’avoir écrit dans un 
âge aussi tendre, un commentaire contre Chrysippe : il osait déjà s’attaquer à un chef 
d ecole, reconnu comme tel depuis quatre cents ans! 
A 18 ans, Galien perdit son père; il suivit alors les leçons des médecins de Pergame : 
Satyrus, habile anatomiste, disciple de Quintus qui venait de mourir; Stratonicus 
médecin de l’école hippocratique; Aschrion, attaché à la secte des empiriques. Trois ans 
plus tard, il se rendit à Smyrne où professaient Pelops, disciple de Numesianus et le 
platonicien Albinus. Le vieux Pelops enseignait, à la mode du temps, que tous les 
vaisseaux découlent de l’encéphale, il ajoutait sans doute que tous les nerfs viennent du 
cœur. Par un tel enseignement il préparait dans l’esprit de son élève la formidable réac- 
1. Sprengel, Hist, de la médecine, Trad. Jourdan, 1815, ir, 98 
• 2. C. Labbe, Éloge de Galien, Paris, 1660. 
3. A. Marquis, Art.« Galien », Biogr. méd.,iv, 304. 
4. Hahn, Art. « Galien » du Diet, encycl. des sc. méd., 1880, iv, de la première série, 500. 
D1CT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME VI. ko
        

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