Bauhaus-Universität Weimar

80 
FATIGUE. 
fications d’élasticité dans un muscle en état de contraction sont exactement opposées- 
à celles que Weber avait constatées; car ses observations ne sont applicables qu’au 
muscle fatigué. 
Ed. Weber a constaté qu’à l’état d’activité ou de contraction le coefficient d’élasticité 
du muscle diminue, c’est-à-dire que le muscle est moins élastique, plus extensible. Un 
muscle moins élastique, plus extensible, se laisse distendre par un poids relativement 
faible. C’est ce que Weber a vu en tétanisant le muscle hyoglosse de grenouille chargé 
de différents poids, et en comparant le degré de raccourcissement avec les allongements 
déterminés par les mômes poids sur ces mêmes muscles aux repos. Il a observé que le 
muscle en activité était plus fortement allongé par le même poids que le muscle inactif. 
Le fait est d’autant plus surprenant que le muscle devient plus court et plus épais pen¬ 
dant la contraction, et que par conséquent il devrait être moins long. Cette augmenta¬ 
tion d’extensibilité du muscle est telle qu’un muscle chargé d’un poids considérable peut 
même s’allonger au lieu de se raccourcir au moment de l’excitation; ce qui tient à ce que 
le raccourcissement dû à la contraction n’a pas été suffisant pour compenser l’allonge¬ 
ment du à la diminution d’élasticité. Weber envisagea ces modifications de l’élasticité 
comme des phénomènes dépendant de l’état d’activité musculaire, et identifia la force 
élastique avec la force de la contraction. 
Ces observations de Weber sont absolument exactes; mais pour que les expériences 
réussissent, il faut que le muscle soit déjà fatigué. On sait aujourd’hui d’une façon très 
précise que la fatigue rend le muscle plus extensible ; la même charge, qui l’allongeait 
faiblement au début d’une expérience, l’allonge beaucoup plus vers la fin. D’après Weber 
d’ailleurs, la diminution de l’élasticité ne fait que s’accentuer avec les progrès de la 
fatigue. L’activité musculaire, dit Weber, n’est pas une manifestation, mais une cause, 
dont la manifestation extérieure est le raccourcissement musculaire. Quand la contrac¬ 
tion est empêchée, c’est qu’il y a tension. Le raccourcissement et la tension sont des 
manifestations de l’activité musculaire. La diminution de force qu’on observe pendant 
la fatigue dépend non seulement de la diminution de la hauteur de la contraction, mais 
aussi, et surtout, de la diminution d’élasticité du muscle fatigué. L’activité du muscle ne 
repose pas uniquement sur une modification de sa forme, mais aussi sur une modifi¬ 
cation de son élasticité qui subit une diminution. La diminution de l’élasticité muscu¬ 
laire, consécutive à son activité, a pour effet de diminuer notablement la puissance 
musculaire. L’élasticité du muscle actif est très variable; elle subit une diminution 
constante avec les progrès de la fatigue, et elle est la cause des phénomènes de fatigue mus¬ 
culaire et de la diminution de force qui accompagne la fatigue. L’élasticité du muscle 
mort est moins parfaite que celle du muscle vivant, c’est-à-dire que le muscle mort, 
quand il est étiré, ne revient plus à sa longueur primitive, et se déchire plus facile¬ 
ment. L’élasticité du muscle mort est aussi plus forte que celle du muscle vivant; car il 
faut une charge plus forte pour l’allonger. Les phénomènes de fatigue du muscle sont 
donc tout à fait différents des phénomènes de la mort du muscle. Sous l’influence de la 
fatigue il y a allongement de la secousse du muscle à la période de relâchement : c’est 
un des caractères les plus constants du muscle fatigué. Or le relâchement du muscle 
est déterminé par la force élastique qui permet au muscle de revenir à sa longueur pri¬ 
mitive. Par conséquent, dans le muscle fatigué, qui se contracte plus faiblement, l’élas¬ 
ticité de retour est plus faible et plus imparfaite. De même, dans le tétanos, dès que la 
fatigue apparaît, la courbe du tétanos est descendante, parce que le muscle est devenu 
plus faiblement élastique. Marey a démontré que l’effet de l’élasticité musculaire est de 
diminuer la brusquerie du mouvement, ainsi que d’en prolonger la durée, même après 
la disparition de l’onde qui l’a produit. 
Les travaux de Weber sur l’élasticité musculaire ont donné lieu à de nombreuses 
controverses. Il ne nous appartient pas de les exposer ici en détail. Mais la question paraît 
être aujourd’hui éclaircie : tous les résultats acquis par Weber doivent être rapportés au 
muscle fatigué. Il y a un parallélisme complet entre les forces contractiles et les forces- 
élastiques du muscle. Quand l’activité est complète, il y a un renforcement de la con¬ 
tractilité, aussi bien que de l’élasticité, et quand, pour une raison quelconque (fatigue, 
froid, etc.), la puissance musculaire est affaiblie, il y a diminution adéquate des forces 
contractiles et des forces élastiques. — En réalité, quoique Weber ait soutenu que l’élas-
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.