Bauhaus-Universität Weimar

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FULGURATION. 
Les phénomènes que l’on observe lorsqu’on applique une électrode sur le Cœur mis à 
nu sont semblables à ceux que nous venons de décrire. Dans les expériences de Prévost 
et Battelli, faites chez le lapin, une électrode constituée par un disque de 13 millimètres 
de diamètre était placée sur la face antérieure des ventricules au niveau de l’union de 
leurs deux tiers supérieurs avec leur tiers inférieur. Une décharge ayant une énergie de 
4 joules environ arrête les oreillettes en diastole pendant plusieurs secondes; les ven¬ 
tricules battent bien. Avec une décharge de 9 joules les oreillettes sont arrêtées pendant 
plusieurs minutes; les ventricules se contractent encore énergiquement. Une décharge de 
25 joules rend les battements du cœur faibles; le myocarde est rigide au niveau de l’ap¬ 
plication de l’électrode. Finalement une décharge de 70 joules immobilise complètement 
le cœur, qui devient rigide en entier. Chez le chien on observe la même série de phéno¬ 
mènes; mais il faut employer des décharges plus fortes. 
Nous voyons ainsi qu’à mesure qu’on élève l’énergie de la décharge on constate suc¬ 
cessivement : arrêt des oreillettes en diastole, affaiblissement des contractions ventricu¬ 
laires, rigidité musculaire au point d’application de l’électrode (dans le cas d’application 
directe sur le cœur), rigidité totale du cœur. 
Une seule décharge, qu’elie soit appliquée à la surface de la peau ou directement 
sur le cœur mis à nu, et quelle que soit son énergie, provoque rarement l’apparition des 
trémulations fibrillaires des ven¬ 
tricules. On n’a constaté ces der¬ 
nières que dans quelques cas chez 
le cobaye. Au contraire, plusieurs 
décharges énergiques, de 80 joules 
par exemple, faites à quelques 
secondes d’intervalle, déterminent 
l’arrêt du cœur en trémulations 
fibrillaires persistantes chez le 
chien. 
Deux phénomènes intéressants 
sont encore à signaler. Le cœur, 
qui est en trémulations fibrillaires, 
reprend son rythme lorsqu’on le soumet à une décharge électrique appropriée. Le 
cœur devient inexcitable au niveau de l’application de l’électrode. 
Pour faire cesser les trémulations fibrillaires du cœur, on applique une décharge de 
25 joules environ chez les chiens de moyenne taille, une électrode étant placée dii’ecte- 
ment sur le cœur mis à nu. Pour que l’expérience réussisse, il faut que les trémulations 
soient bien énergiques (Voir iElectrocution, p. 874). 
Un très fort courant induit appliqué sur le point du cœur qui était recouvert par 
l’électrode au moment de la décharge ne modifie pas le rythme cardiaque. Toutefois cet 
état d’inexcitabilité est passager. Après un temps, variable suivant l’énergie de la 
décharge, l’électrisation du point qui était inexcitable produit d’abord une accélération 
des battements du cœur, et finalement l’apparition des trémulations fibrillaires. 
Effets sur la pression artérielle. —L’action des déch arges électriques sur la pression 
sanguine varie avec l’énergie de la décharge, le point d’application des électrodes, etc. 
Chez le lapin, en plaçant les électrodes dans la bouche et le rectum, on peut constater 
les faits suivants. Une décharge électrique peu énergique détermine le plus souvent une 
chute très passagère de la pression, comme on peut le voir dans la figure 88. La pression 
ne tarde pas à remonter après cette chute momentanée, et elle atteint un niveau supé¬ 
rieur à celui qu’elle offrait avant lajdécharge. D’après Dechambre, la chute passagère de 
la pression serait due à l’excitation du bulbe par la décharge; elle n’aurait plus lieu 
après la section des nerfs pneumogastriques. Lorsque la décharge atteint une énergie 
plus forte, de 55 joules par exemple, la pression monte immédiatement sans descente 
préalable, et reste au-dessus de la normale pendant une demi-minute ou davantage. Il 
en est de même si l’on augmente encore l’énergie en là portant à 95 joules par exemple. 
On n’a pas fait de recherches pour savoir si cette élévation de pression est due exclusi¬ 
vement à une action directe sur le cœur et les vaisseaux, ou bien si le centre vaso¬ 
moteur lui-même est excité. 
Fig. 88. — Effet d’une décharge peu énergique sur la 
pression artérielle, 
Lapin de 2 000 grammes. E, décharge électrique, 7 joules.
        

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