Bauhaus-Universität Weimar

FRUCTI FICATION. 
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il se redressera, et on pourra, en l’humectant et le desséchant alternativement, le faire 
se recourber ou se redresser autant de fois qu’on voudra. 
La seconde proposition, énoncée plus haut, est susceptible d’une démonstration ana¬ 
logue : on prend deux copeaux de bois dont l’un est composé de cellules à parois plus 
épaisses que l’autre et, autant que possible, semblables d’ailleurs : on les laisse s’imbi¬ 
ber d’eau, puis on les colle l’un contre l’autre, de façon à les faire coïncider dans toute 
leur étendue. 
En laissant le système des deux copeaux se dessécher, on les voit se recourber, et 
c’est celui qui renferme les cellules aux parois les plus épaisses qui se trouve sur la face 
concave, et qui, par conséquent, s’est contracté le plus. Il va sans dire qu en reprenant 
la quantité d’eau qu’ils ont perdue, ces copeaux se dilatent comme ils s’étaient contractés 
en se desséchant et reprennent leur forme primitive. On peut donc conclure que les cel¬ 
lules se contractent d’autant plus par la dessiccation que leurs parois sont plus épaisses. 
Il est assez difficile de se procurer des copeaux remplissant les conditions nécessaires. 
Le meilleur moyen consiste à choisir un arbre, tel que le Frêne où le Mûrier, où les élé¬ 
ments ligneux formés en automne soient plus petits et à parois beaucoup plus épaisses 
que ceux formés au printemps. On fait avec un microtome une coupe transversale d’une 
assez grande étendue, et c’est dans cette coupe, présentant plusieurs couches annuelles, 
qu’on peut découper des copeaux formés uniquement d’éléments à parois minces ou a 
parois épaisses. Si l’on prenait des copeaux sur des arbres différents, il serait à craindre 
que la structure ou la composition chimique du bois ne fût pas la même dans les deux 
copeaux. On ne saurait alors s’il faut attribuer la différence de contraction à la différence 
d’épaisseur des parois ou à une autre cause. 
Dans sa thèse, Leclerc du Sablon indique un certain nombre d’expériences faites 
pour montrer que la déhiscence des fruits secs est produite par la dessiccation. 
Les prolongements fibreux qui surmontent chaque carpelle de YErodium peuvent, 
mieux que Lout autre exemple, montrer cette influence de l’humidité sur la déhiscence. 
Ces prolongements, on le sait, s’enroulent en spirale d'une façon assez complexe; si on 
les plonge dans de l’eau ou dans une atmosphère saturée d’humidité, on les voit aussitôt 
se dérouler et reprendre la forme primitive; si on les laisse se dessécher, ils s’enroulent 
de nouveau. On peut recommencer l’expérience aussi souvent qu’on veut avec le même 
carpelle sans que les humectations et les dessiccations alternatives fassent rien perdre de 
leurs propriétés aux tissus. Il n’est pas nécessaire, pour que l’expérience réussisse, 
d’opérer sur un fruit récemment ouvert; un filet d'Erodium enroulé depuis plusieurs 
années peut encore se dérouler en reprenant la quantité d’eau suffisante. Dans ce cas, il 
est bon d’employer de l’eau chaude : le résultat est obtenu beaucoup plus promptement. 
Pour humecter les tissus et empêcher ainsi la déhiscence, on peut remplacer l’eau 
par d’autres liquides, des acides, des bases ou même de l’alcool. Mais, si l’on met dans la 
glycérine un fruit non encore ouvert, on voit la déhiscence se produire comme Jpar la 
dessiccation. Si l’action se prolonge, cette influence de la glycérine semble en quelque 
sorte changer de sens : le fruit se ferme peu à peu et reste définitivement fermé si les 
circonstances restent les mêmes. Ces deux résultats successifs, et en apparence contra¬ 
dictoires, peuvent s’expliquer facilement par la double propriété qu a la glycérine d être 
avide d’eau et d’avoir un faible pouvoir d’imbibilion. En effet, si 1 on plonge un fruit 
imbibé d’eau dans la glycérine, l’eau des tissus est d’abord absorbée par la glycérine sans 
être remplacée par un autre liquide ; l’effet produit est donc le même que si l’on dessé¬ 
chait le fruit. Mais, au bout d’un certain temps, la glycérine mêlée à l’eau imbibe peu à 
peu les parois des cellules, et le fruit, de nouveau humecté de liquide, se referme. 
Une des principales causes qui activent la dessiccation du fruit est l’élévation de tem¬ 
pérature. C’est en effet pendant l’été et au moment le plus chaud de la journée que les 
fruits s’ouvrent le plus fréquemment. On peut d’ailleurs, en approchant un fruit d’une 
source quelconque de chaleur, provoquer la déhiscence ou l’augmenter lorsqu’elle s’est 
déjà produite. L’expérience est surtout frappante avec des capsules de ricin ou d’euphorbe 
qui s’o.uvrent avec explosion lorsqu’on les porte à une température suffisamment élevée. 
Il est difficile de préciser la température nécessaire à la déhiscence d’un certain fruit; 
car cette déhiscence dépend, comme nous le verrons, de bien d’autres circonstances 
qu’il est impossible d’apprécier avec exactitude.
        

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