Bauhaus-Universität Weimar

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FATIGUE. 
III. Pendant que l’on fait agir sur le nerf l’irritation pessimum et que le muscle 
tombe dans l’état de relâchement, des impulsions intenses et fréquentes, qu’on peut 
démontrer au moj en du galvanomètre ou du téléphone, traversent le nerf dans toute sa 
longueur. Si ces impulsions ne provoquent pas la contraction musculaire, c’est parce 
quelles ont une intensité trop forte et une fréquence trop grande pour l’appareil terminal 
dans son état actuel. En effet, pour produire le tétanos, il faut ou bien modérer l’inten¬ 
sité de ces impulsions, ou bien réduire leur fréquence. 
1Y. Les impulsions qui traversent le nerf pendant l’irritation pessimum provoquent 
dans le muscle non seulement un état de relâchement, mais aussi une dépression d’irri¬ 
tabilité, une action inhibitrice qui peut être démontrée en appliquant, simultanément 
avec cette irritation, une irritation optimum qui agirait directement sur le muscle ou le 
nerf dans sa partie inférieure. Pendant que l’irritation pessimum agit sur le nerf, les 
effets de l’irritation optimum sont inhibés. 
Ces expériences de Wedensky montrent que, lorsque dans la tétanisation électrique 
le nerf moteur est animé par des impulsions à la fois fréquentes et fortes, son muscle, 
bientôt, après des contractions peu durables, se relâche, et tombe dans un état particulier 
qui n’est nullement la fatigue; car il suffit d’affaiblir les impulsions émises par le nerf 
pour que les contractions violentes aient lieu de nouveau. Cet état particulier est celui 
d’inhibition; la preuve en est fournie à l’aide d’une autre irritation tétanique, d’intensité 
modérée, appliquée au muscle. Une pareille irritation est inhibée pendant toute la durée 
du relâchement du muscle produit par la stimulation du nerf, et provoque des contrac¬ 
tions aussitôt que cette stimulation cesse. — La différence avec le cœur n’est pas essen¬ 
tielle, suivant Wedensky; ce qu’on obtient pour le cœur, appareil assez inerte, avec 18 à 20 
irritations par seconde (animaux à sang chaud), on ne peut l’obtenir pour le muscle 
ordinaire qu’en appliquant quelques centaines d’irritations par seconde. 
Quant au siège de phénomènes inhibitoires, Wedensky le place dans la plaque mo¬ 
trice, le tronc nerveux étant résistant aussi bien à la fatigue qu’à l’inhibition. Les irri¬ 
tations très fréquentes et très intenses produiraient par conséquent des phénomènes 
inhibitoires, pouvant simuler la fatigue. 
Voici encore une expérience (inédite) de J. Ioteyko, qui rentre dans la catégorie des 
faits d’inhibition. On excite le nerf sciatique d’une grenouille (circulation conservée) au 
moyen de courants tétanisants maxima d’une seconde de durée, et se répétant à quinze 
secondes d’intervalle. On obtient un tracé où les premiers soulèvements sont d’égale 
hauteur, puis celle-ci commence à décroître par le fait de la fatigue. Au moment où les 
contractions commencent à fléchir, on abaisse la clef pour produire un fort tétanos, 
qui est maintenu jusqu’au relâchement complet. Quand le muscle est complètement 
relâché, on reprend aussitôt la tétanisation périodique avec le même rythme et la 
même intensité qu’au début de l’expérience. Qu’obtenons-nous après cette tétanisation, 
qui avait, semble-t-il, épuisé totalement la préparation? Nous obtenons encore de petites 
contractions, bien visibles sur le cylindre noirci; mais, ce qui paraît surprenant au pre¬ 
mier abord, c’est que la hauteur de ces contractions s’accroît progressivement à chaque 
nouvelle irritation et atteint un certain optimum, après lequel les contractions com¬ 
mencent à baisser. Si, à ce moment, ort tétanise encore le nerf jusqu’à épuisement 
complet, et si on reprend les excitations périodiques, on obtient le même phénomène 
que précédemment : les premières contractions après Je tétanos sont à peine percep¬ 
tibles, les suivantes les dépassent sensiblement en hauteur, puis elles fléchissent. Ainsi 
donc, la même intensité et le même rythme du courant induit, qui au début de l’expé¬ 
rience étaient susceptibles de produire l’épuisement (diminution de la hauteur des con¬ 
tractions), ont permis après le tétanos un certain degré de réparation (augmentation de 
hauteur). Nous devons donc admettre que le relâchement du tétanos n’était pas dû à la 
fatigue; car celle-ci s’accentue progressivement au travail effectué; la réparation consé¬ 
cutive au tétanos est une preuve que l’inhibition avait précédé la fatigue. — Pour la 
réussite de l’expérience, le rythme de quinze secondes d’intervalle est le plus favorable; 
elle réussit encore avec le rythme de dix ou vingt secondes, mais elle échoue avec le 
rythme de six secondes. 
Les expériences relatées dans ce paragraphe montrent que, dans certains cas, la ces¬ 
sation de l’activité d’un nerf moteur peut être due, non pas à la fatigue, mais à l’inhibi-
        

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