Bauhaus-Universität Weimar

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FATIGUE. 
n’est pas en contradiction'avec les recherches de A. Charpentier (1894) sur la résislance 
apparente des nerfs, dans lesquelles on ne trouva pas de modification de résistance par 
le fait de la curarisation.|ll ne s’agissait dans ces expériences que de la réaction électro¬ 
motrice des nerfs, et celle-ci ne doit pas être identifiée avec l’ébranlement fonctionnel. 
V. Théorie de l’amortissement et variation négative. —Nous avons vuq u’une des preuves 
sur lesquelles on se base pour admettre l’infatigabilité des nerfs, c’est la persistance au 
galvanomètre de la variation négative. Or, pour pouvoir être admise, cette conclusion 
devrait reposer sur la preuve que la présence de la variation négative est toujours un 
indice certain de la présence de l’activité fonctionnelle du nerf. L’objection de Herzen 
repose sur l’absence d’une preuve de ce genre : nous savons en toute certitude que 
toute activité nerveuse est nécessairement accompagnée de variation négative ; mais 
nous ignorons absolument si la réciproque est vraie, c’est-à-dire si toute variation 
négative est nécessairement accompagnée d’activité fonctionnelle. Déjà, en 1898, Herzen 
avait signalé (Intermédiaire des Biologistes) un certain nombre de faits qui indiquent que 
le phénomène électrique et le phénomène physiologique ne sont pas indissolublement 
liés l’un à l’autre, et que, dans certaines conditions, le phénomène électrique peut se 
produire seul, sans le phénomène physiologique. Ainsi, dans la phase intermédiaire 
dont nous avons parlé plus haut, lorsqu’une irritation de la partie supérieure du neif ne 
provoque plus de contractions, elle provoque néanmoins une variation négative dans 
toute la longueur du nerf. La plupart des physiologistes négligent cette phase intermé¬ 
diaire; ils prennent le nerf lorsqu’aucune irritation ne provoque plus de contractions 
musculaires, constatent au galvanomètre la variation négative toutes les fois qu’on irrite 
le nerf, et concluent qu’il n’a subi aucune altération du fait de la fatigue ou de la cura¬ 
risation, et qu’il fonctionne comme auparavant. Or la présence de la variation négative 
en l’absence de contraction s’explique très bien si l’on accepte la théorie de l’amortisse¬ 
ment croissant de l’ébranlement fonctionnel ; on peut admettre, en effet, qu’il y a un 
degré d’altération où le nerf ne peut plus propager convenablement l’activité physiolo¬ 
gique, mais où il peut encore produire la variation négative. Cette théorie, qui explique 
les phénomènes par une altération du tronc nerveux, n’exclut pas d’ailleurs l’altération 
de la plaque motrice. Le même raisonnement^peut être appliqué aux phénomènes de la 
mort lente par anémie. On reconnaît bien que la partie centrale du nerf meurt la pre¬ 
mière, mais on oublie que les irritations de la partie centrale du nerf, qui ne donnent 
plus aucun effet physiologique, donnent cependant la variation négative dans toute la 
longueur du nerf. Si la variation négative était indissolublement liée à l’activité physio¬ 
logique, elle ne devrait pas surgir dans une partie inexcitable, « morte », du nerf, et elle 
devrait, une fois produite, exciter la partie excitable. Or elle existe quand même, dit 
Herzen,’ et parcourt le nerf jusqu’au bout, sans provoquer d’activité fonctionnelle. Nous 
avons donc ici la disjonction de deux phénomènes qui, dans les conditions normales, se 
présentent simultanément, à savoir le phénomène électrique sans le phénomène physio¬ 
logique La variation négative sans activité physiologique montre qu’il existe réellement 
un degré d’altération du nerf suffisant pour le rendre inapte à entrer en activité, mais 
insuffisant pour le priver de la propriété de donner la variation négative, qu., elle, ne 
cesse de se produire que plus tard, lorsque l’altération du nerf est devenue plus profonde. 
D’autres recherches ont confirmé ces données. En premier lieu, les travaux de 
C Radzikowski ont montré que la variation négative peut se produire dans un nerf 
artificiel, ainsi que dans un nerf mort; l’auteur en conclut que le phénomène de la 
variation négative, considéré jusqu’ici comme indissolublement lié à la vie des nerfs, 
n’est autre chose qu’un phénomène d’ordre physico-chimique, caractérisant à la fois 
les conducteurs nerveux et les conducteurs inertes construits sur le schéma des nerfs 
artificiels. D’autre part, Herzen est également parvenu à établir que la variation nega¬ 
tive est un phénomène accessoire de l’activité fonctionnelle. On connaît des substances 
qui appliquées directement à un trajet du nerf, le privent de son excitabilité locale, sans 
toutefois le priver de la propriété de conduire l’activité fonctionnelle; celle-ci n est 
atteinte que beaucoup plus tard (acide borique, cocaïne, chloral). Herzen eut recours au 
chloralose. Sous l’influence de cette substance appliquée localement, le trajet corres¬ 
pondant du nerf devient complètement inexcitable au bout de quarante-cinq minutes a 
upeJieure. Les irritations portées sur le plexus sciatique ont leur plein effet. Le muscle
        

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