Bauhaus-Universität Weimar

FŒTUS. 
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dans les premiers stades il serait, d’après Preyer, absorbé par la peau. Déjà Harvey et 
Haller avaient observé que les embryons de poulet dans l’œuf déglutissent l’eau de 
l’amnios, qu’on peut retrouver dans leur estomac en quantité plus ou moins grande. 
Il en est de même chez l’embryon de mammifère : de nombreux faits le démontrent. 
C’est ainsi qu’on trouve constamment dans le méconium du duvet lanugineux et d’autres 
produits de desquammation de la peau du fœtus, ainsi que de la graisse provenant du 
vernix caseosa. Crépin a rencontré dans l’estomac de fœtus de jument, âgés de 7 à 
8 mois, des fragments de corne détachés des sabots, ainsi que des amas de poils. Chez 
des lapines pleines, auxquelles Zuntz et Wiener ont injecté de l’indigosulfate de soude, 
le contenu de l’estomac du fœtus était coloré en bleu, en même temps que l’eau de 
l’amnios, à l’exclusion de toutes les autres parties fœtales. On pourrait multiplier les 
exemples de ce genre. 
On a quelquefois considéré les mouvements de déglutition du fœtus comme des 
mouvements anormaux associés à des mouvements respiratoires prématurés et provoqués 
par des troubles de la circulation utéro-placentaire. Il faut plutôt y voir un acte physio¬ 
logique normal. Le fœtus, de même qu’il meut ses membres, exécute sans doute des 
mouvements d’ouverture et de fermeture de la bouche, et alors le liquide amniotique, 
entrant en contact avec la muqueuse buccale, provoque des mouvements réflexes de 
déglutition.D’ailleurs, de même que la succion s’opère instinctivement chez le nouveau- 
né immédiatement après la naissance et pendant le travail même ^de l’accouchement, 
quand un corps étranger entre en contact avec la bouche, de même il est probable qu’elle 
s’exerce déjà pendant la vie intra-utérine. Ahlfeld a observé, à l’exploration de la paroi 
abdominale chez une femme enceinte, de petits ébranlements dont il a pu compter 113 
en huit minutes, et qu’il a attribués à des mouvements de succion et de déglutition du 
fœtus, ce qui sembla confirmé par le fait que l’enfant vint au monde avec un pouce 
rouge et gonflé et se mit à le sucer immédiatement après la naissance. Reubold a signalé 
un cas du même genre et considère ces ébranlements de la paroi abdominale comme 
dus à des mouvements de va-et-vient de la main que suce le fœtus ( Virchow ei Hirschs’ 
J. B., 1885, i, 535). 
L’albumine et d’autres principes contenus dans le liquide amniotique, le sucre par 
exemple, peuvent donc être déglutis et résorbés. Les expériences de Wiener (Arch, 
f. Gynaek. xxm, 183) montrent en effet que les substances introduites dans le tube 
digestif du fœtus sont soumises à l’absorption. Wiener injecte avec une sonde œsopha¬ 
gienne du lait dilué dans l’estomac d’un fœtus: au bout de neuf heures environ on trouva 
des gouttelettes de graisse dans les villosités intestinales. Dans une autre expérience on 
injecta du ferrocyanure de potassium dans l’eau de l’amnios; on obtint la réaction du 
bleu de Prusse au bout de deux à trois heures dans les parois de l’estomac, de l’intestin, 
dans le mésentère. 
Ajoutons encore, pour n’avoir plus à y revenir, que de l’huile d’olive injectée dans 
la cavité péritonéale fut retrouvée dans les vaisseaux lymphatiques du diaphragme, le 
canal thoracique, la veine cave supérieure, ce qui prouve que les lymphatiques généraux 
sont déjà en état d’absorber chez le fœtus, de même que les chylifères. 
Par conséquent, l’albumine déglutie et résorbée pourrait être utilisée par le fœtus; 
mais la quantité qu’on en trouve dans le liquide amniotique est vraiment trop faible 
pour qu’elle puisse représenter un appoint sérieux dans l’alimentation du fœtus. D’un 
autre côté, il n’est pas certain que cette albumine ne provienne pas du fœtus lui- 
même. On peut en dire autant de l’eau de l’amnios, à l’absorption de laquelle Preyer 
attache une importance considérable, parce que, pense-t-il, l’apport de l’eau par le sang 
de la veine ombilicale serait insuffisant pour répondre aux besoins de l’organisme fœtal. 
Mais, en réalité, il est difficile de savoir si Je fœtus emprunte plus d’eau à la cavité 
amniotique qu’il ne lui en donne. Le rôle du liquide amniotique dans la nutrition ne 
peut être en définitive que tout à fait secondaire, si toutefois il faut lui en reconnaître 
un, et la source la plus importante des matériaux de nutrition, et probablement la seule, 
c’est le placenta. 
d. Transformation chimique des substances nutritives dans l’organisme 
fœtal : glycogène. — L’organisme du fœtus, comme celui de l’adulte, doit faire subir 
aux principes nutritifs qu’il reçoit des modifications et des remaniements profonds.
        

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