Bauhaus-Universität Weimar

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FIÈVRE. 
stances organiques, entraînant dans l’organisme une accumulation de substances incom¬ 
plètement oxydées (Regnard). L’étude des produits éliminés par l’urine montrera 
combien cette vue paraît justifiée. 
§ III. — PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA FIÈVRE 
Destruction des albuminoïdes. — La fièvre est caractérisée essentiellement par 
une exagération des processus protéolytiques; c’est-à-dire que la destruction des matières 
albuminoïdes chez les sujets fébricitants est plus active que chez les sujets apyrétiques, 
soumis au même régime alimentaire. On conçoit qu’il est nécessaire d’ajouter cette dernière 
phrase, car les fébricitants sont généralement dans un état de régime particulier, le 
plus souvent voisin de 1 état d inanition : et qu’on ne saurait donc comparer, au point 
de vue du déchet protéolytique, un individu recevant une ration d’hydrates de carbone 
et de graisses, qui lui permet de ménager ses réserves protéiques, avec un malade 
réduit aux seules réserves protéiques de ses tissus. 
Ce qu’on peut établir d’une façon générale, c’est qu’on trouve dans l’urine des fébri¬ 
citants plus d’azote que ne le comportent leur nourriture et leur état nutritif. 
Les auteurs qui se sont les premiers occupés de cette question ont envisagé presque 
exclusivement l’urée, et, dès 1801, W. Moss indiquait qu’il existait une étroite relation 
entre 1 elimination de 1 uree et la courbe thermique. Leyden, Senator, Unruh ont traité 
avec détails le même sujet. 
Le problème peut se résumer en quatre questions : 
f° L’élimination de l’urée est-elle proportionnelle à la courbe thermique? 
2° Existe-t-il, pendant la fièvre, une rétention des corps azotés de désassimilation? 
3° L’élévation thermique précède-t-elle ou suit-elle l’exagération protéolytique? 
4° L’exagération protéolytique permet-elle d’expliquer l’hyperthermie? 
1° L’excrétion de l’urée est augmentée pendant la fièvre, mais sans qu’il y ait paral¬ 
lélisme entre la quantité excrétee d uree et la courbe thermique. L’excrétion varie avec 
les maladies, elle est plus abondante dans les fièvres intermittentes que dans la fièvre 
continue. Dans la fièvre typhoïde, par exemple, on trouve un jour 12»r,5 durée avec 
39°6, et, le surlendemain, 27 grammes avec 38°. Pendant la crise, l’élimination atteint 
souvent son maximum, constituant l’élimination uréique épicritique. 
2° La rétention variable des substances azotées de déchets explique, mieux que 
toute autre théorie, les grandes oscillations de l’élimination uréique. Il est probable que ces 
variations tiennent surtout à des différences dans le lavage des tissus et dans le fonction¬ 
nement des émonctoires rénaux. Peut-être egalement y a-t-il rétention des substances 
azotées dans le foie, dont les fonctions uréopoiétiques sont perturbées par le syndrôme 
fébrile. 
3° L’élévation thermique précède-t-elle toujours l’élévation de l’élimination azotée? 
Notons d’abord que l’hyperthermie provoquée par l’excès de la chaleur extérieure suffit 
pour augmenter considérablement l’élimination de l’azote; en chauffant un chien à 
l’étuve, Naunyn a vu l’élimination de l’urée, qui était de 6,8 en 4 heures à la température 
normale, monter après l’hyperthermie de 2,39 à 98r,7. Mais, dans l’hyperthermie fébrile, 
11 n’en est probablement pas ainsi. Dans la fièvre intermittente, Sidney Ringer signale 
l’élévation du taux de l’azote urinaire avant l’ascension thermique, et il en est de même 
chez les chiens de Naunyn, rendus fébricitants par des injections de pus. Il faut ajouter 
cependant que les lapins de May, inoculés avec les cultures du rouget du porc, n’ont pas 
présenté d’hyperexcrétion azotée avant l’élévation de la courbe thermique. 
4° Quant à l’explication des températures fébriles par la combustion exagérée des 
substances azotées, elle ne saurait être admise. Les chiffres d’urée les plus élevés corres¬ 
pondant à 42 grammes par exemple, soit 20 grammes en excès, représentent environ 
90 grammes d’albuminoïdes comburés en 24 heures, ou 3sr8 par heure, donnant 
12 calories au maximum pour une heure. Ces 12 calories, pour un homme de 60 kilo¬ 
grammes, en admettant que toute la chaleur disponible soit utilisée dans l’organisme 
sans régulation ni excès de déperdition, ne pourraient amener qu’une élévation de 0°2. 
Nous devons citer les auteurs qui, reprenant l’opinion de Moss, soutiennent, contrai¬ 
rement à l’opinion de Senator, Leyden, Unruh, que l’excrétion de l’urée est en fonction 
de la fièvre, tels Traube, Jochmann, Naunyn.
        

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