Bauhaus-Universität Weimar

FER. 
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résorbé au niveau des villosités du duodénum par les leucocytes qui, par la voie des 
capillaires sanguins, le transportent dans le foie, la rate et la moelle osseuse. 
Avant son absorption, le fer, quelle que soit son origine, minérale ou organique, se 
transformerait dans le tube digestif en albuminate ou peptonate, et serait résorbé sous 
cette forme. 
Honigmann a démontré cliniquement que les préparations ferrugineuses étaient 
résorbées au niveau du duodénum, chez une petite fille qui avait une fistule à la partie 
inférieure de l’iléon. P 
Les voies d’éliminations principales sont les parois du côlon et les voies biliaires. Le 
fer, ainsi que du reste la plupart des métaux, s’élimine principalement par l’intestin. 
Il n’est donc pas étonnant que Gélis et Bouchardat, Hirtz et Hepp n’en aient pas retrouvé 
dans les urines; de plus, la teneur du sang en fer est fixe; nous n’avons pas à parler ici 
des fonctions régulatrices du foie, de la rate et de la moelle osseuse vis-à-vis de cet 
élément : il n’est donc pas étonnant que Cl. Bernard n’ait jamais pu observer l’augmen¬ 
tation du fer dans le sang (Voir plus haut, p. 288-294). 
Il est actuellement bien démontré que le fer pénètre dans l’organisme au niveau de 
l’intestin grêle, et qu’il s’élimine au niveau du gros intestin. 
Quel est maintenant le rôle du fer ainsi absorbé? 
D’après Bunge et ses élèves, la faible quantité de fer contenu dans l’alimentation ordi¬ 
naire suffit amplement à constituer l’hémoglobine normale, et tout récemment un de 
ses élèves, E. Abderhalden, a encore cherché à démontrer expérimentalement sur les 
rats, cobayes, lapins, chats et chiens, que les animaux qui reçoivent une nourriture pauvre 
en fer de constitution, mais additionnée de fer minéral, ne sont pas en meilleure situa¬ 
tion pour former de l’hémoglobine que ceux qui ont une alimentation normale. 
Dans son Traité de chimie biologique, Bunge émettait l’hypothèse que le rôle des 
préparations ferrugineuses administrées aux anémiques consistait à s’emparer de l’hydro¬ 
gène sulfuré de l’intestin, et à préserver les combinaisons organiques ferrugineuses des 
aliments de la destruction par cet agent, ce qui permettait à J’organisme d’utiliser ces 
combinaisons. Cette opinion n’est pas partagée par les nombreux cliniciens qui prescrivent 
le fer et ses diverses préparations. 
Nous n’entrerons pas dans l’énumération des nombreuses hypothèses sur le rôle du 
fer émises par les divers auteurs. Nous donnerons simplement celle d’HoFMANN, qui, après 
avoir constaté expérimentalement la résorption du fer et son transport dans la moelle, 
osseuse, considère cet agent comme le stimulant de la fonction hématopoiétique de la 
substance médullaire. D’après lui, l’ingestion d’hémoglobine ou de toute autre combi¬ 
naison organique de fer n’introduit pas dans l’économie plus de fer que les préparations 
ferrugineuses minérales. 
Nous sommes encore imparfaitement fixés sur l’action des ferrugineux sur l’organisme. 
Les expériences de Claude Bernard firent admettre, en France, que les ferrugineux 
agissaient principalement sur le tube digestif comme excitant, eupeptique ; telle est aussi 
l’opinion de Trousseau et Pidoux, reflet de l’opinion des médecins du xvme siècle; 
d’après Ferrein (1734), les propriétés des eaux ferrugineuses seraient les suivantes : 
Surit tempérantes, diluentes, solvunt et aperiunt, vi stomachica donantur, vi cathartica, vi 
astringente, diureticæ sunt. 
Rabuteau admet que le fer active la nutrition : le protochlorure de fer donne des 
urines plus acides, qui ne se troublent pas par refroidissement. Munk a constaté, au 
contraire, que le protochlorure, à la dose de 2 centigrammes de fer, est sans action sur 
l’excrétion de l’azote. Bistrow a constaté que l’absorption du lactate de fer diminuait la 
sécrétion lactée. 
A côté de cette action tonique générale et excitante de la digestion, il est actuellement 
démontré, par les observations de nombreux expérimentateurs et cliniciens, que les 
préparations ferrugineuses permettent la réfection de l’hémoglobine, et que le fer 
introduit dans l’organisme joue un rôle actif dans cette réfection (Malassez, Hayem, 
Quincke, Rabuteau, Schmiedeberg, Müller, Hofmann, etc.). 
Les préparations ferrugineuses s’administrent le plus souvent par la voie gastrique. 
Les sels de fer des acides minéraux ont une réaction acide lorsqu’ils sont dissous, et, 
comme ils précipitent en milieu alcalin, on ne saurait les utiliser en injections hypoder-
        

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