Bauhaus-Universität Weimar

FÉCONDATION. 
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l’adulte en miniature; c’était 1 'homunculus, pourvu déjà de tous les organes et n’ayant 
qu’à grandir pour arriver à reproduire l’espèce. Le terrain favorable pour son développe¬ 
ment était la femelle. En un mot, les générations futures existaient préformées dans le 
mâle. C’était la théorie des spermistes en face de celle des ovistes, pour qui l’œuf conte- 
tenait l’embryon préformé. 
La croyance à la préexistence des germes aveuglait les esprits à tel point qu’on ne 
tint aucun compte des observations positives de G. Wolff, de Koelreuter, de Sprengel. 
G.-Fréd. Wolff démontra, le premier, que l’organisation de l’embryon ne précède 
pas la fécondation. Il examina les œufs non fécondés et montra qu’ils ne représentaient 
que des vésicules remplies d’un liquide aqueux. Mais G. F. Wolff ne songea qu’à 
réfuter la théorie de l’évolution : il considérait l’acte de la fécondation comme une des 
formes de la nutrition. Les fleurs résulteraient d’un affaiblissement général (vegetatio 
languescens). Le pollen ne ferait que communiquer au pistil des principes nutritifs en 
quantité suffisante. 
Koelreuter (1761-1766) fit des observations et des expériences, d’oii il conclut que 
les grains de pollen, déposés sur le stigmate, donnent naissance à des matières fluides 
qui pénétraient dans les ovules. Il déterminait même l’espace de temps qui s’écoule 
entre l’instant où le pollen est déposé à la place qu’il doit occuper et le moment où les 
substances nécessaires à la fécondation s’introduisent dans l’ovaire. Ce seraient les 
matières huileuses attachées aux grains polliniques qui constitueraient la substance 
génératrice. 
Conrad Sprengel (1793) se rangea'à la manière de voir de Koelreuter qui qualifia 
d’anormale la rupture des grains de pollen et qui considéra les matières exsudées par 
les grains de pollen comme la substance fécondatrice par excellence. 
Malgré ces observations positives, on continua jusqu’au xixe siècle à discuter sur la 
préexistence des germes, et sur l’esprit séminal des animalcules spermatiques. 
Pour Adanson, l’embryon se trouve dans les graines des plantes qui n’ont pas été 
fécondées et dont le parenchyme ne fait qu’un corps continu avec lui, de la même 
manière que le fœtus se trouve tout formé dans les œufs de la grenouille et dans ceux 
de -la poule avant la fécondation. Elle s’opère donc dans les végétaux et les animaux par 
une vapeur, une espèce d’esprit vital auquel la matière prolifique sert simplement de 
véhicule. Cette matière qui sort des grains de poussières des étamines, lorsqu’ils 
crèvent, s’insinue dans les trachées qui se terminent à la surface des stigmates, 
descend au placenta, lorsqu’il y en a, passe de là aux cordons ombilicaux jusque dans la 
graine où elle donne la première impulsion, le premier mouvement, ou la vie végétale, 
à l’embryon qui est d’abord comme invisible. 
Needham, en 1774, supposait que chaque grain renfermait, dans une espèce de vapeur 
ou de liqueur prodigieusement subtile, un nombre innombrable de grains d’une petitesse 
extrême qu’il regarda à bon droit comme les agents de la fécondation. Chaque grain, 
lorsqu’il vient à être humecté, s’ouvre et darde les grains contenus, disséminés dans la 
vapeur ou la très petite atmosphère fécondante. 
Bonnet imagina, dans la poussière des étamines, dilférents ordres de fluides nourriciers 
et stimulants, renfermés dans différentes fioles emboîtées les unes dans les autres 
(Hypothèse de l’emboîtement des germes). 
Ce fluide serait de nature huileuse ou inflammable et ne se mêlerait pas à l’eau. 
<( Le fluide subtil, destiné à conserver l’espèce de la plante, est un fluide très actif, car 
il est tout imprégné de feu1, et l’on n’ignore pas que le feu est le plus grand agent de la 
nature. » 
Pour Buffon, il n’existe que de la liqueur et point d’œuf dans les vésicules de l’ovaire 
et dans la cavité du corps glanduleux (follicule de Graaf). Buffon regarde cette liqueur 
comme la vraie semence de la femelle; elle contiendrait des parties organiques en 
mouvement. 
Aux yeux de Buffon, la liqueur séminale de la femelle et du mâle est le superflu de 
la nourriture organique... Les vivipares n’ont pas d’œufs.... L’embryon est la première 
forme résultant du mélange intime et de la pénétration des deux liqueurs séminales. 
1. La poussière des étamines brûle à la bougie, comme une résine pulvérisée.
        

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