Bauhaus-Universität Weimar

FATIGUE. 
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naux. Pour éliminer l’action psychique dans les phénomènes de fatigue ergographique 
chez l’homme, Mosso a excité directement le nerf médian ou le muscle au moyen d’une 
bobine d’induction. Le muscle suit la même courbe s’il est excité par la volonté ou par 
l’électricité. Il existe néanmoins des différences notables dans le travail mécanique et la 
tension des muscles dans les deux cas. Fick avait déjà signalé en 1887 qu’avec 1 excita¬ 
tion électrique tétanisante il n’était jamais possible d’obtenir un degré de tension du 
muscle aussi prononcé qu’avec l’excitation volontaire. Mosso conclut dans le même sens: 
avec la volonté on peut faire des efforts plus grands et soulever des poids très lourds; 
mais l’aptitude au travail s’épuise vite, et l’excitation nerveuse volontaire devient ineffi¬ 
cace, tandis que l’excitation nerveuse artificielle agit encore. Lorsqu’on ne peut plus 
soulever un poids par la volonté, en excitant électriquement le nerf ou le muscle, on 
arrive à produire encore des soulèvements. De ces expériences Mosso tire argument pour 
affirmer que ce n’est pas le muscle qui est fatigué dans la contraction volontaire, 
attendu que celle-ci laisse encore dans le muscle un résidu de force, qui peut être uti¬ 
lisé par la contraction volontaire. Par conséquent, dit Mosso, le siège de la fatigue est 
situé dans les centres. 11 est compréhensible que la nouveauté même du phénomène, 
décrit par Mosso, ait conduit l’illustre physiologiste italien à cette conclusion. 
Les mêmes expériences furent répétées par H. Waller, avec cette seule différence 
que le physiologiste anglais s’est servi d’un dynamographe au lieu d’un ergographe. Il 
a confirmé en tout point les résultats de Fick et de Mosso. De même que Mosso, il a vu 
que, quand la volonté n’était plus efficace à soulever un poids, on obtenait encore une 
série de contractions artificielles. On peut disposer l’expérience de manière à obtenir 
plusieurs séries de contractions volontaires qui alternent avec des séries de contractions 
artificielles. A chaque nouvelle série, le muscle en apparence épuisé entre en contraction. 
A l’exemple de Mosso, Waller explique ce phénomène ainsi qu’il suit: quand le muscle 
cesse de répondre à l’excitation volontaire, c’est à cause de l’entrée en jeu de la fatigue 
centrale; le muscle directement excité fournit encore une certaine somme de travail. 
Pendant l’excitation artificielle du muscle, les centres nerveux se restaurent. Si, après 
l’épuisement électrique du muscle, on parvient encore à soulever volontairement le poids, 
c’est parce qu’on obtient avec la volonté une force de soulèvement plus considérable 
qu’avec l’excitation électrique. 
Telles sont les expériences qui ont servi de base à la théorie du siège central de la 
fatigue des mouvements volontaires. Comme on le voit, elles reposent sur la compa¬ 
raison faite entre les effets de la contraction volontaire et ceux de la contraction artificielle. 
Mais d’abord on peut se demander s’il est possible de produire artificiellement une 
activité comparable à celle qui a lieu dans le fonctionnement régulier de l’organisme. Et 
même en supposant qu’il n’existe aucune différence qualitative entre ces deux modes 
d’activité, les différences quantitatives sont suftsantes pour rendre toute comparaison 
impossible. Nous manquons absolument de critérium pour comparer Yintensité de l’effort 
nerveux volontaire avec l’influx nerveux mis en liberté par l’excitation électrique du 
muscle. Il y a plus. Tout porte à croire que l’influx nerveux provoqué artificiellement 
chez l’homme possède une intensité moindre que l’effort nerveux volontaire. Suivant 
Mosso lui-même, la ressemblance ne peut être complète; car les poids que peut soulever 
le muscle excité directement sont plus petits que ceux qu’il soulève par l’effort volontaire. 
Le tracé 8 de son livre sur la fatigue a été pris en faisant soulever un poids de 1 kilo¬ 
gramme. « Pour faire soulever 5 kilogrammes, il fallait un courant trop fort et trop dou¬ 
loureux, dont je n’ai pas voulu me servir, malgré le dévouement du docteur Macgiora. » 
On peut admettre que, si les excitations électriques sont sous-maximales par rapport 
aux excitations volontaires qui sont maximales, c’est'parce que les courants électriques 
très forts occasionneraient une douleur trop vive pour pouvoir être supportée. Le courant 
électrique excite, en effet, les nerfs sensitifs au même titre que les nerfs moteurs. 
Cette explication très simple expliquerait pourquoi le muscle épuisé par l’excitatiou 
électrique se contracte encore fort bien sous l’empire de la volonté. Celle-ci est un exci¬ 
tant maximal par rapport à l’excitant électrique, qui ne peut être que sous-maximu.l 
pour l’homme. 
Beaucoup d’autres critiques ont été formulées par de nombreux auteurs: Kraepelin, 
Y. Henri et G.-E. Müller. Elles sont tellement nombreuses qu’il nous est impossible de les
        

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