Bauhaus-Universität Weimar

ERGOTINE. 
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retirée de l’ergot de seigle, et à laquelle il a donné le nom à’ergostèrine. C’est un produit 
cristallisé qui se rapproche de la cholestérine animale par l’ensemble de ses propriétés, 
mais en diffère pas sa composition. 
En somme, les nombreux produits isolés de l’ergot de seigle, que (Tailleurs nous 
n’avons pas cru utile de citer tous, mais qui tour à tour ont été considérés et classés 
comme les principes essentiels de la drogue, peuvent être réduits à trois principaux : 
1° Lacornutine (Kobert), ergotine(TANRETj,picroscléro tine (DRAGENDORFFetPoDwissosKY), 
2° L’acide sphacélinique (Kobert), sphacélotoxine (Schmiedeberg), spasmotine (Jacoby). 
3° L'acide ergotique (Kobert), sclérotique (Dragendorff), scléromuciue. 
Chaque substance d’un même groupe, bien que désignée par des noms différents, 
représenterait, chimiquement et pharmacodynamiquement, le même principe actif sous 
des états différents, en raison probablement du mode de préparation et de la pureté. 
Malgré cela, nous restons toujours sous cette impression que le dernier mot n’est pas 
dit, et que l’élément actif vrai de l’ergot de seigle est encore à chercher et à définir. 
Nous verrons cependant, à propos des effets de l’ergot, quelles propriétés on attribue 
à chacun des produits ci-devant signalés. 
Actions principales dominant la physiologie et les indications de l’ergot de 
seigle. — Un fait essentiel domine toute la physiologie et l’histoire pharmacodynamique 
de l’ergot de seigle, c’est l’action excitante de cette substance sur l’ensemble des fibres 
musculaires lisses, avec prédominance de certaines électivités pour les fibres d’organes 
particuliers, tels que l’utérus gravide, les vaisseaux sanguins, la vessie, etc. 
Presque tous les symptômes que l’on observe à la suite de l’administration d’une 
préparation d’ergot sont des conséquences immédiates ou secondaires de cette action, 
que nous analyserons aussi complètement que possible, en raison même de son impor¬ 
tance majeure. Elle servira de pivot à toutes les explications que nous donnerons des 
effets généraux du seigle ergoté et des accidents qui caractérisent Y ergotisme. 
C’est d’ailleurs par la description de ces derniers qu’il est logique de débuter, car ce 
sont eux qui d’abord ont attiré l’attention. 
Ergotisme. — Il n’est pas douteux que les accidents de l’ergotisme sont connus 
depuis la plus haute antiquité, et que, si l’on n’a pas toujours su établir un rapport de 
cause à effets entre l’ingestion de farine ou de pain fabriqué avec de la farine de seigle 
de mauvaise qualité et certaines épidémies ergotiques, les caractères de ces accidents 
n’ont pas échappé à la sagacité des anciens observateurs. 
Tissot prétend même que Galien a indiqué les propriétés du pain de seigle ergoté, et 
il est fort probable que Y ignis sacer des Romains n’était qu’une des formes de l’ergotisme. 
Pourtant, ce n’est guère qu’au xvie siècle que la notion des dangers de l’usage du 
seigle ergoté est établie d’une manière précise, à la suite d’une épidémie de gangrène 
qui sévit sur la Hesse en 1596, et que Lonicer n’hésita pas à attribuer à l’usage du pain fait 
avec de la farine de seigle ergoté. Depuis, les observations se sont multipliées, et les des¬ 
criptions des accidents caractéristiques de l’ergotisme sont maintenant nombreuses et 
complètes. 
Bien que les accidents soient liés à la même cause, on distingue habituellement deux 
formes d’ergotisme; 1° l’ergotisme gangréneux; 2° l’ergotisme spasmodique ou convulsif. 
L’ergotisme gangréneux débute généralement par des troubles nerveux assez légers : 
éblouissements, sensations de vertige, bourdonnements d’oreille; parfois céphalalgie 
plus ou moins intense; lassitude, petites crampes et engourdissements dans les 
membres; la station et la démarche sont indécises. 
Il n’y a pas de fièvre; l’appétit est conservé, mais souvent les malades ont des nausées, 
des vomissements et ressentent des douleurs dans le creux épigastrique. Ces premiers 
accidents s’exagèrent; on voit dominer, dans la période d’état, les troubles de la sensi¬ 
bilité et de la motilité. Le malade éprouve des douleurs très vives et profondes dans 
l’abdomen et dans les membres; ces douleurs sont exagérées la nuit, et rendent le 
sommeil impossible: d’ailleurs le seul contact des couvertures les exaspère. Avec cela on 
note de l’anesthésie cutanée, de l'engourdissement avec fourmillements dans les membres, 
qui, très souvent, se refroidissent.?,La soif est intense, et l’appétit très exagéré. Des 
crampes et des conctractures musculaires, avec des soubresauts plus ou moins doulou¬ 
reux dans les tendons, accompagnent l’impotence motrice.
        

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