Bauhaus-Universität Weimar

DIOPTRIQUE OCULAIRE. 
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ß) L’expérience peut être modifiée de la manière suivante. Dans un appartement 
obscur, on concentre avec une lentille convexe la lumière d’une bougie sur la sclérotique 
aussi loin que possible de la cornée, et on déplace le point éclairé en imprimant des mou¬ 
vements à la lentille. La lumière pénètre à travers la sclérotique et la choroïde jusqu’à 
la rétine, où elle constitue un point lumineux éclairant tout le fond de l’œil, comme 
dans le cas précédent, de sorte que les vaisseaux projettent des ombres sur le plan sen¬ 
sible de la rétine. Dans cette expérience, les vaisseaux se meuvent dans le même sens 
que le foyer éclairé sur la rétine, ainsi que du reste on le comprend aisément au point 
de vue dioptrique. 
H. Mueller conclut de cette dernière expérience que le plan rétinien sensible à la 
lumière est situé plus en arrière (plus vers l’extérieur) que les vaisseaux, qui sont loca¬ 
lisés dans les couches internes de la rétine, les gros troncs dans la couche des fibres 
optiques. A l’aide de calculs basés sur le déplacement de la lumière sur la sclérotique, 
et sur le déplacement apparent des vaisseaux correspondant à ce déplacement de la 
lumière, il calcula que le plan sensible de la rétine coïncide approximativement avec la 
couche des cônes et des bâtonnets. Dans la macula, les cônes sont à peu près de 0millira 2 
à 0mmiin-,3 en arrière des petits vaisseaux. 
Y) En regardant le ciel ou une surface uniformément éclairée à travers un trou percé 
dans un écran opaque, auquel on imprime de petits mouvements de va-et-vient, on voit 
apparaître entoptiquement les vaisseaux entourant la fovea, celle-ci se présentant comme 
un petit disque avasculaire, à première vue plus ou moins granulé. La même apparence 
entoscopique gêne les commençants en microscopie, le reflet de l’oculaire jouant le rôle 
du trou éclairé. Dans ce cas, la lumière pénètre directement à travers la pupille, de 
façon que les vaisseaux maculaires projettent une ombre sur la couche des cônes et des 
bâtonnets. 
Nous avons utilisé cette expérience pour discuter la question de l’unité sensible de 
la rétine (voir : Acuité visuelle). Si au lieu d’un point lumineux (trou piqué dans 
un écran), on développe le phénomène à l’aide 
d’une mince fente percée dans un écran auquel 
on imprime de petits mouvements perpendicu¬ 
laires à la fente, seuls les vaisseaux maculaires 
parallèles à la fente deviennent visibles. Et dans 
la partie fovéale, avasculaire, du champ, le fin 
granulé signalé plus haut est remplacé par des 
lignes crénelées, festonnées, toujours parallèles 
à la fente ab (fig. 71). Après avoir acquis quelque 
expérience, on remplace la fente par un trou, et 
on lui imprime de petits mouvements circulaires. 
Alors les grains de la partie avasculaire se résolvent en petits cercles. Et ce sont des 
fragments de ces cercles qu’on développe à l’aide de la fente, successivement sur toutes 
ces petites circonférences, en orientant la fente dans les différents méridiens de l’œil. 
Nous avons évalué à cent le nombre des petits cercles alignés ainsi suivant un dia¬ 
mètre de la portion avasculaire. D’après les données anatomiques, chaque cercle corres¬ 
pond approximativement à l’aire d’un cône de la fovea. Dans la périphérie de l’aire de 
chaque cône, on observe donc une ombre circulaire, pour l’explication de laquelle on 
pourrait invoquer diverses conditions dioptriques, et notamment des ombres projetées 
par les gaines pigmentées des cônes. 
Quoi qu’il en soit de l’explication, nous concluons que, puisque le cercle obscur de 
chaque cône peut-être développé sur une partie seulement de son pourtour, et puisque 
cette ombre peut même paraître plus ou moins large, le cône ne peut pas être l’unité 
sensible de la rétine ; mais dans l’aire de chaque cône (dans la fovea), il faut admettre 
plusieurs de ces unités, probablement 12 à 20 (voir aussi Acuité visuelle, p. 135). 
Dans la vision habituelle, les conditions dioptriques sont telles qu’une ombre réti¬ 
nienne ou limage d’un point lumineux occupe toujours au moins l’aire de tout un cône; 
de là on a conclu erronément que le cône est l’unité photo-sensible de la rétine. 
Dans 1 expérience avec le trou sténopéique (et non la fente), il arrive qu’on voie simul¬ 
tanément tous les petits cercles de la portion avasculaire du champ entoptique. Alors on
        

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