Bauhaus-Universität Weimar

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ESTOMAC. 
peiit se demander si ces excitations sont les seules qui provoquent les mouvements de 
l’estomac à l’état normal. Les expériences de Roux et de Balthazard montrent, en effet, 
que les excitations chimiques ne sont pas non plus étrangères à la production de ces 
phénomènes moteurs. 
Parmi les diverses substances qui font partie normalement du contenu stomacal, ces 
auteurs n’ont étudié que l’influence de l’eau, de la peptone et de l’acide chlorhydrique 
sur les contractions de l’estomac. Le fait que cet organe reste immobile pendant trois 
heures environ après l’ingestion d’un aliment solide comme la viande leur a permis 
d’établir la valeur excito-motrice de ces trois substances. Toutes leurs expériences ont été 
faites sur un chien apprivoisé de façon à éliminer autant que possible les troubles ner¬ 
veux qui auraient pu modifier le fonctionnement moteur de l’estomac. 
Les mouvements étaient examinés à l’aide des rayons X. L’eau pure ne produit aucun 
effet sur la contractilité stomacale. Si l’on fait boire à un chien 50 ou 100 cc. d’eau, 
immédiatement après lui avoir donné 50 grammes de viande crue et hachée, on observe 
les phénomènes suivants sur l’animal placé verticalement. L’eau reste à la surface de la 
viande tassée dans le bas-fond de l’estomac. On la distingue parfaitement sur l’écran, où 
elle forme, au-dessus de la tache sombre de la viande, une couche plus claire à surface 
horizontale, qui oscille à chaque ballotement qu’on imprime à l’animal. Cette couche 
liquide ne persiste pas longtemps; elle disparaît au bout de cinq à dix minutes, soit que 
l’eau ait été absorbée, soit qu’elle ait été évacuée par le pylore. 
Les solutions de peptone, ainsi que les solutions d’acide chlorhydrique, se comportent 
tout autrement que l’eau pure. 
Dans leurs expériences sur la peptone, Roux et Balthazard ont employé la peptone 
de Witte. Ils donnaient à l’animal h0 grammes d’eau, tenant en solution 5 à 10 grammes 
de peptone, après le même repas de viande que tout à l’heure. Ils ont ainsi remarqué 
que, quel que soit le moment de la digestion, le premier effet d’une solution de peptone 
ingérée est d’amener une sécrétion abondante et durable. En même temps, cette solution 
excite la contractilité de l’estomac. Si celui-ci présente déjà des contractions, l’ingestion 
de peptone les exagère immédiatement, quelles que soient les propriétés du contenu stoma¬ 
cal, qu’il soit formé par des aliments solides ou liquides, ou qu’il soit acide ou alcalin. 
Si l’estomac est immobile lors de l’ingestion de la peptone, il faut, au contraire, un 
certain temps, quinze à vingt miuutes, avant qu’apparaissent les contractions de la région 
prépylorique. Lorsque celles-ci se montrent, elles persistent en général pendant toute 
l’évacuation de l’estomac. Pourtant, si la masse alimentaire n’est pas réduite en bouillie, 
il se produit des contractions pendant vingt à trente minutes avant qu’il ne passe rien 
dans le duodénum. 
Dans leurs expériences sur l’acide chlorhydrique, Roux et Balthazard se sont servis 
d’une solution qui contenait 3 p. 100 d’acide chlorhydrique officinal. Ils ont constaté à 
peu près les mêmes phénomènes que pour la peptone. La seule différence qui existe 
entre les effets produits par les solutions acides et les effets produits parles solutions de 
peptone, consiste en ce que les contractions stomacales apparaissent dans le premier 
cas un peu plus tard que dans le second. Roux et Balthazard font la supposition que 
peut-être l’acide chlorhydrique n’amène les contractions stomacales qu’en accélérant la 
production de la peptone. En tout cas, ils ont vu, en dissolvant 5 grammes de peptone 
dans 100 c. c. d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique que cette solution provoquait 
beaucoup plus rapidement l’apparition des contractions stomacales. 
On voit donc par ces expériences que certains corps chimiques, qui se trouvent nor¬ 
malement dans le contenu stomacal, sont doués du pouvoir d’exciter les contractions 
gastriques. Il reste à savoir comment ces corps arrivent à mettre en jeu la contractilité 
stomacale. Rien jusqu’ici ne fait prévoir qu’ils viennent à agir directement sur les fibres 
musculaires de l’estomac en passant dans le sang. Nous devons donc admettre qu’ils 
agissent sur ces éléments musculaires par l’intermédiaire du système nerveux en provo¬ 
quant une action réflexe. 
b) Rôle du système nerveux dans lés mouvements de l’estomac. — 1° Rôle des pneumo¬ 
gastriques. — a Effets produits par la section de ces nerfs sur les fonctions motrices de l'es¬ 
tomac. — La section des pneumogastriques ne nous renseigne que très insuffisamment 
sur le rôle que ces nerfs jouent dans les fonctions motrices de l’estomac. Tout ce que
        

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