Bauhaus-Universität Weimar

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ÉRYTHROPHLÉINE. 
qui prend bientôt une teinte sale. La solution de potasse concentrée donne avec le 
chlorhydrate d’érythrophléine un précipité blanc cristallin. Si l’on approche de la même 
solution concentrée une baguette trempée dans l’ammoniaque, il se forme, à distance et 
immédiatement, un précipité blanc, opaque, qui offre au microscope l’aspect cristallin 
et qui se redissout dans l’éther acétique. 
Toxicité. — Les premières recherches physiologiques de Gallois et Hardy, sur cet 
alcaloïde, ont mis en évidence sa grande toxicité. Un cobaye auquel ils avaient injecté à 
4 heures 30 du soir sous la peau du ventre 4 milligrammes d’érythrophléine dans deux 
centimètres cuhes d’eau distillée fut trouvé mort le lendemain matin de bonne heure. 
Un autre cobaye, qui avait reçu sous la peau du dos gros comme deux têtes d’épingle 
d’érythrophléine impure en solution dans 8 grammes d’eau, est mort en vingt-quatre 
minutes. A un chat âgé de 5 jours, l’injection sous-cutanée d’une dose égale a amené 
la mort en vingt-sept minutes. Deux milligrammes d’érythrophléine, injectés sous la 
peau d’une grenouille, ont paralysé son cœur en six minutes. Mais la grenouille, qui 
peut vivre un certain temps sans circulation, n’est point tuée immédiatement; elle’res¬ 
pire, marche et saute sous la cloche qui la renferme. Elle retire ses pattes quand on les 
pince; puis, dans un espace de temps dont la durée varie de une demi-heure à une heure 
ou plus, [elle s’engourdit peu à peu, devient de moins en moins sensible aux excita¬ 
tions extérieures, s’affaisse et tombe dans un état de résolution profonde, au milieu 
duquel la mort se produit. 
Sée (G.) et Bochefontaine ont déterminé la dose toxique chez le chien; 1 milligr. 5 
par kilogramme en injection hypodermique est une dose mortelle en quelques heures; la 
dose de 1 milligramme par kilogramme d’animal ne produit pas d’effets toxiques bien 
évidents. 
Lipp rapporte deux cas d’intoxication générale survenue à la suite d’injections sous- 
cutanées de chlorhydrate d’érytrophléine. Dans un cas, chez une femme de 25 ans il 
avait injecté 1 centigramme de chlorhydrate d'érythrophléine (Merck), sous la peau de 
l’avant-bras. Avant l’injection la fréquence du pouls était de 68 à 66. En l’espace d’une 
demi-heure, le nombre des pulsations descendit à 50-48. Une douleur assez vive s’était 
développée autour de la piqûre; puis il y eut apparition de papules, vertige, obnubila¬ 
tion de la vue; pâleur du visage, agitation, irrégularité du pouls. Pas d’anesthésie. Les 
accidents disparurent une heure et demie environ après l’injection. A une autre femme 
âgée de 35 ans, très nerveuse, affectée d’une névralgie cervico-occipitale et d’une rétinite 
syphilitique, Lipp fit deux injections de 5 milligrammes chacune; l’une à la nuque 
l’autre dans la région dorsale, du côté de la douleur. La fréquence du pouls, au moment 
de 1 injection, était de 96-100 au bout de vingt minutes, vives douleurs au siège de chaque 
piqûre. Au bout de vingt-cinq minutes, le pouls était à 120°; la malade éprouvait une 
sensation de grand malaise, de la dyspnée, des spasmes douloureux dans la région du 
cœur. Puis apparurent des secousses couvulsives des muscles de la face et des membres, 
avec perte incomplète de la connaissance pendant cinq minutes. Ces manifestations 
s’étaient dissipées au bout de quinze heures. 
Action cardio-vasculaire. Parmi les symptômes observés à la suite de l’injec¬ 
tion d’érythrophléine les modifications cardiaques ont été surtont étudiées; c’est en effet 
par arrêt du cœur que se produit la mort dans cet empoisonnement. N. Gallois et E. 
Hardy ont fait les premiers l’étude de cette action cardiaque : ils ont montré que, chez la 
grenouille une solution de 2 milligrammes d’érythrophléine en injection sous-cutanée 
arrête le cœur en systole après six minutes. Une goutte d’eau distillée, tenant en disso¬ 
lution un demi-milligramme d’érythrophléine, placée directement sur le cœur de la 
grenouille, mis à nu, donne lieu a la même observation; après deux minutes de contact 
de la solution le cœur ralentit ses battements de 44 à 36 par minute, après dix minutes 
on ne compte plus que 16 contractions du ventricule, et, après douze minutes, il y a arrêt 
en systole. A ce moment, l’application de la pince électrique ne réveille plus les con¬ 
tractions cardiaques. 
Une solution de chlorure double d’érythrophléine et de platine appliquée directe¬ 
ment sur le cœur de la grenouille a une action aussi marquée : en quatre minutes le 
nombre des pulsations tombe de 42-44 à 28 par minute, et en neuf minutes on obtient 
l’arrêt en systole.
        

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