Bauhaus-Universität Weimar

ÉRYTHROPHLÉINE. 
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throphlœum guineense, appelée vulgairement écorce de Mançône des Portugais, Tali ou 
Téli ou Bourane des Floups. C’est l'usage de cette écorce par certaines peuplades de 
l’Afrique occidentale pour empoisonner leurs flèches et pour préparer des liqueurs 
d’épreuves destinées aux criminels qui ont amené ces savants à en rechercher les pro¬ 
priétés chimiques et physiologiques. 
Préparation. — Le principe actif a été isolé par la méthode de Stas modifiée par 
l’emploi de l’éther acétique. L’écorce est pulvérisée etjmise à macérer pendant trois jours 
avec un centième de son poids d’acide tartrique dans de l’alcool à 90°. On passe avec 
expression, on filtre et on répète trois fois la meme operation. Les teintures alcoo¬ 
liques sont distillées en grande partie au bain-marie; le reste est évaporé sur l’eau 
chaude également, à une basse température, et jusqu’à consistance d’extrait. On reprend 
cet extrait par l’eau distillée tiède, jusqu’à ce qu’il soit épuisé; ou réunit les liqueurs, 
on les laisse refroidir, on les filtre et on les concentre à une basse température. Cette 
dernière solution est neutralisée par un excès de bicarbonate de soude, et on 1 agite 
immédiatement avec cinq fois son volume d’éther acétique pur. On prolonge le contact 
pendant plusieurs ^heures, on sépare l’éther au moyen de l’entonnoir à robinet, et on 
répète la même manipulation sur une nouvelle quantité d éther acétique. Cet éther est 
évaporé à l’air libre à une basse température; on reprend le résidu par l’eau distillée 
froide, on filtre et on laisse évaporer dans le vide. Pour purifier le résidu obtenu, on le 
redissout dans l’éther acétique, on filtre, on évapore, on reprend par l’eau distillée et 
cette dernière solution est abandonnée à l’évaporation spontanée sous une cloche en 
présence de l’acide sulfurique. L’érythrophléine obtenue par ce procédé est un corps 
blanc jaunâtre, transparent, et présentant un aspect cristallin, facile à constater au 
microscope. 
Gallois et Hardy ont recherché si l’érythrophléine préexistait dans l’écorce de l’éry- 
throphlceum, à l’état d’alcaloïde, où si elle n’était pas le produit du dédoublement d un 
glycoside naturel, sous l’influence des acides employés dans le procédé d extraction. 
Si“ elle existait dans la plante à l’état de glycoside, on devrait l’obtenir directement 
par décoction dans l’eau distillée. Or, quand on fait bouillir la poudre d’ecorce 
d’érythrophloeum avec l’eau, on obtient, après concentration et filtration, un liquide 
qui précipite faiblement en blanc par l’iodure de mercure ioduré, et en blanc 
jaunâtre, par l’iodure de potassium ioduré. Ces réactions caractérisent les alcaloïdes 
et non les glycosides ; c’est donc bien un alcaloïde, que l’eau distillée a enlevé à 
écorce. 
La petite quantité d’écorce dont disposaient Gallois et Hardy ne leur a pas permis 
de faire l’analyse de leur produit; ils en ont donné seulement les caractères chimiques 
suivants. 
Propriétés chimiques. — L’érythrophléine est soluble dans l’eau, dans 1 alcool 
amylique et dans l’éther acétique. Elle est peu ou pas soluble dans l’éther sulfurique, le 
chloroforme et la benzine. Elle se combine avec les acides pour former des sels. Elle 
précipite par la solution concentrée de chlorure de platine. Si l’on dissout dans 1 eau 
froide le précipité ainsi formé, et qu’on laisse la solution s’évaporer sous une cloche, en 
présence de l’acide sulfurique, on obtient un résidu cristallin de chlorure double d éry- 
tbrophléine et de platine, qu’on peut purifier par plusieurs cristallisations successives. 
La solution d’érythrophléine, mise [en contact avec l’acide sulfurique, ne produit rien 
à froid; mais si l’on chauffe, on fait apparaître une couleur brun sale, qui passe au violet 
parle refroidissement. Point de coloration, ni à froid ni à chaud, avec les acides nitrique 
et chlorhydrique. Avec l’acide phospho-molybdique, précipité grenat, jaune-verdâtre, qui 
passe au vert le lendemain. Avec l’acide picrique, précipité jaune-vert. Avec l’iodure 
de potassium ioduré, précipité jaune rougeâtre. Avec l’iodure de mercure et de potas¬ 
sium, précipité blanc. Avec l’iodure de bismuth et de cadmium, précipité jaune. Avec 
l’iodure de cadmium et de potassium, précipité blanc floconneux. Avec le bichromate 
de potasse, précipité jaunâtre. Avec le bichlorure de mercure, précipité blanc. Avec 
le chlorure d’or, précipité blanchâtre. Avec le chlorure de platine, précipité blanc jau¬ 
nâtre, cristallin. Avec le chlorure de palladium, précipité blanc. Mis en contact avec le 
permanganate de potasse et l’acide sulfurique, l’érythrophléine prend une couleur vio¬ 
lette, moins intense que celle que fournit la strychnine dans les mêmes conditions, et
        

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